‹ La philosophie pratique de Kant [microform]Chapitre 66 sur 345 · JOicI · texte numérisé non relu

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corps une unité personnelle, elle ne sent clairement que le monde matériel; au contraire, comme membre du monde des esprits, elle reçoit et elle propage les pures influences des natures immatérielles, de telle sorte qu'aussitôt que la première liaison a cessé, la communauté dans laquelle elle est de tout temps avec les natures spirituelles subsiste seule et devrait se découvrir à sa conscience dans une claire intuition ». ^ « 11 serait beau, ajoute plus loin Kant, si une constitution systématique du monde des esprits, telle que nous la représentons, pouvait être conclue ou même simplement présumée avec vraisemblance, en partant non pas seulement du concept de la nature spirituelle en général, qui est bien trop bypotbétlque, mais de quelque observation réelle et universellement reconnue vraie '. ))

Or il apparaît à Kant que certains faits pourraient servir de base à l'afllrmatlon de ce monde des esprits, et ce sont précisément des faits de caractère moral. On pourrait d'abord signaler cette disposition qui nous pousse à former avec nos semblables, par la constante comparaison de notre jugement avec le jugement d'autrui, une sorte d'unité 'rationnelle. Mais il est plus important de constater ces puissances secrètes qui nous obligent, souvent en dépit de nous-mêmes, à régler nos vues sur l'intérêt d'autrui, ou sur une sorte de volonté générale. (( De là naissent les impulsions morales qui nous entraînent souvent à rencontre de notre intérêt personnel, la forte loi de l'obligation stricte, la loi plus faible delà bienveillance, cliacune d'elles nous contraignant à maint sacrifice, et quoique toutes deux soient de temps à autre dominées par des inclinations égoïstes, elles ne manquent cependant jamais d'exprimer leur réalité dans la nature bumaine. Par là nous nous voyons, dans les plus secrets mobiles de notre conduite, sous la dépendance de la rèylede la volonté universelle, et il

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