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LA Pnn,OSOPH]E PRATIQIE DE KANT
en résulte clans le monde de toutes les natures pensantes une unité morale et une constitution systématique selon des lois exclusivement spirituelles. Si Ton veut appeler sentiment moral cette coutrainte de notre volonté que nous sentons en nous et qui la force à s'accorder avec la volonté universelle, on se borne à en parler comme d'une manifestation phénoménale de ce qui en nous a une antériorité réelle, et l'on n'en établit pas les causes. C'est ainsi que Newton nommait gravitation la loi certaine des forces par lesquelles toutes les parties matérielles tendent à se rapprocher les unes des autres, voulant par là éviter d'engager ses démonstrations mathémati(|ues dans une fâcheuse participation aux disputes philosophiques qui peuvent s'élever sur la cause du fait. Néanmoins, il n'hésita pas à traiter celte gravitation comme un véritable effet d'une activité universelle de la malière considérée dans les rapports de ses parties, et il lui donna aussi en conséquence le nom d\it traction. Ne serait-il pas possible de représenter de même l'apparence phénoménale des impulsions morales dans les natures pensantes, du moment que ces natures sont entre elles dans des rapports de réciprocité, comme la conséquence d'une force réellement active, de telle sorte que le sentiment moral fut celte dépendance sentie de la volonté particulière à l'égard de la volonté universelle, une suite de la réciprocité d'action naturelle et universelle par laquelle le monde immatériel conquiert son unité morale, en se constituant, d'après les lois de cet Ciichaînement qui lui est propre, en un système de perfection spirituelle^ .^ » Ainsi le sentiment moral vient déterminer selon une signification pratique l'idée d'un monde inlelligible et d'une comnmnaulé des esprits, et en même temps il trouve dans cette idée la raison supérieure de son inHuonce immédiate sur les consciences : la voie est indi(|uée par où une notion toute métaphysique peut se développer sans risque d'aberration.