‹ La philosophie pratique de Kant [microform]Chapitre 83 sur 345 · BriefWechsely 1, p. 12O · texte numérisé non relu

BriefWechsely 1, p. 12O

l'opposition de la. nature et de la raison iSg

essai sur la philosophie morale. Je souhaiterais cependant que vous n'y fissiez pas valoir ce concept de réalité, si important dans la plus haute abstraction de la raison spéculative, si vide dans l'application à ce qui est pratique. Car ce concept est transcendantal, tandis que les éléments pratiques suprêmes sont le plaisir et la peine, qui sont empiriques, de quelque provenance que soit la connaissance de leur objet. Or il est impossible qu'un simple concept pur de l'entendement fournisse les lois et les préceptes de ce qui est uniquement sensible, parce qu'au regard de ce qui est sensible, il est entièrement indéterminé. Le principe suprême de la moralité ne doit pas seulement faire conclure au sentiment du plaisir ; il doit produire lui-même au plus haut degré ce sentiment ; c'est qu'il n'est pas une simple représentation spéculative ; il doit avoir une force déterminante : aussi, bien qu'il soit intellectuel, il n'en doit pas moins avoir un rapport direct aux mobiles primitifs de la volonté '. » Ainsi, ce cj^ui semble préoccuper Kant, c'est qu'ayant attribué au principe moral un caractère intellectuel et à la volonté qui s'en inspire un pouvoir direct d'action, il se demande comment la raison peut, au point de vue pratique, se rapporter à la sensibilité, comment la causalité du vouloir peut être efficace. Préoccupation très naturelle en soi et très considérable, puisqu'elle avait pour objet l'accord à établir entre l'idée pure et les moyens de réalisation de la vie morale, fortifiée peut-être encore par le souci qu'avait Kant de définir, dans un autre domaine, la relation exacte des concepts purs de l'entendement à l'expérience sensible.

Le grand ouvrage dont le plan avait été plusieurs fois exposé, et dont la pubhcation avait été plusieurs fois annon-

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