‹ La philosophie pratique de Kant [microform]Chapitre 86 sur 345 · L UMTÉ DE 1/ ESPÈCE HUMAINE · texte numérisé non relu

L UMTÉ DE 1/ ESPÈCE HUMAINE

opinion, elle est du moins vraie en ce qu'elle met bien en lumière l'opposition des fins de la nature et des fins de la raison ; la nature ne vise qu'à la conservation de l'individu comme animal et de l'espèce : mais dans l'homme a été déposé le germe de la raison qui, en se développant, fait de lui un être pour la société : d'où, pour une plus libre et une plus parfaite communication avec ses semblables, l'avantage de la station et de la marche droites. C'est là pour lui un gain considérable sur les animaux; mais la rançon en est dans toutes ces incommodités qui lui sont venues (( pour avoir élevé si orgueilleusement la tête au-dessus de ses anciens camarades* ». Cette idée, que la raison se développe par une lutte persévérante contre la nature, servira plus tard à Kant pour la critique des doctrines qui admettent un passage continu du règne de la nature au règne de la raison et qui représententlacivihsation humaine comme le simple épanouissement de facultés originelles ".

Quant au problème de la différence des races, il a visiblement pour Kant une importance pratique autant que théorique. Kant ne veut pas admettre que la dilTérence des races résulte uniquement d'une différence dans les conditions physiques d'existence : il la fait dépendre de dispositions primitives. Mais d'autre part il invoque le critère de la fécondation pour soutenir qu'il n'y a pas plusieurs espèces d'hommes, qu'il n'y en a essentiellement qu'une. Dans ces considérations qui lui tiennent à cœur, puisqu'il en reprendra dix ans plus tard l'exposé', il s'elTorce sans doute d'apporter plus d'exactitude scientifique en ce qui touche les concepts d'espèce et de race : mais dans l'afTirmation de l'unité de l'espèce humaine '' ce qui l'intéresse à

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