‹ La philosophie pratique de KantChapitre 108 sur 361 · III, p · texte numérisé non relu

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3. B. Seligkowitz, Causa sut, causa prima ot causa essendi, Arcliiv fiir Geschichte der Philosphie, V, p. Sag. — Wundl, Kants Jiosmolo^ische Aiitinomien, Philosophische Stndien. II, p. 5 17.

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der cette différence, Kant en développe complaisamment le sens. Le propre de la causalité libre, c'est de n'être soumise à aucune détermination de temps, car le temps est la condition des phénomènes, non des choses en soi, c'est par suite d'être immuable, de n'avoir rien en elle qui naisse ou meure, de pouvoir commencer d'elle-même ses effets dans le monde sensible, sans que l'action commence en elle ; tandis que le propre de la causaUté naturelle, c'est de ne rien comporter qui commence absolument et de soi-même une série, c'est, en disposant tous les événements dans le temps, d'exiger pour chacun d'eux une condition nécessaire antécédente, qui exclut toute action vraiment première.

Or toute cause agissante doit avoir ce que Kant appelle un caractère, c'est-à-dire une loi de sa causalité sans laquelle elle ne serait pas cause ; en tant que doué de causalité libre, un sujet a un caractère intelligible, tandis qu'il a, en tant que phénomène, un caractère empirique; par son caractère empirique, un sujet est une partie du monde sensible, et ses actions sont des effets qui découlent inévitablement de la nature : par son caractère intelligible, il est indopendant de toute iniluence de la sensibilité et de toute détermination phénoménale. Cette conception d'un double caractère paraît être primordialemejit chez Kant toute spéculative : le caractère intelligible rappelle d'assez près les essences réelles de la métaphysique rationaliste, et le caractère empirique se rapporte à lui exactement comme le phénomène théoriquement explicable se rapporte à la chose en soi '. Mais Kant, surtout quand il cherclie 5 illustier pratiquement cette conception des deux caractères, tend à déterminer dans un autre sens le rapport qui les lie : tout en posant pour la raison la nécessité de se manifester par un caractère empirique, il lait de ce caractère empirique, non pas l'expression des lois naturelles, mais le

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