Cf. Adickes, Kants Syslematik als syslembildeuder Factor
3. Il y a une part de vérité dans l'interprétation que Paulsen a donnée du kantisme (V. Kant, surtout p. 237-282. — V. aussi l'article justificatif des Kantstudien, Kanls Verhultniss ziir Metaphysik, IV, p. 4i3-447). malgré les critifpies plus que vives qu'elle a soulevées (V. notamment l'article de Goldsclimidt,
Ainsi la notion d'un monde intelligible, c'est essentiellement la notion d'un monde de choses en soi qui, tout en restant inconnaissables, n'en imposent pas moins à l'usage de la raison certaines de leurs déterminations ; le monde des idées, dans l'acception que Kant donne à ce dernier mot, demeure au-dessous du monde des choses en soi, et, au lieu de le réduire, doit 1 exprimer analogiquement : c'est donc par delà clle-môme que l'idée de la liberté, expression suprême de la raison dans son application immanente, cherchera le fondement de sa réalité, et tournée vers la chose en soi, elle laissera subsister entre elle et la liljcrté pratique un dualisme encore irrésolu. On comprend par là que la pensée de Kant ait dû se porter dans la suite avec insistance sur le point où s'établit, avec la limitation, la communication possible du monde des phénomènes et du monde des choses en soi, au point où les idées de la raison s exercent activement : les choses en soi ont été plus positivement intégrées dans le système, mais en se laissant déterminer davantage par la fonction des idées au lieu de la déterminer davantage. Enfin la loi morale, dans la Crilique de la Raison pure, apparaît assez imparfaitement définie entre la liberté transcendantale qu'elle justifie pour ainsi dire en dessous et la liberté pratique qu'elle règle en dessus ; elle est encore caractérisée par des attributs trop formels pour établir entre les deux sortes de liberté la relation interne ou l'identité par laquelle se constituera le principe suprême de la philosophie pratique de Kant, et indirectement de la spéculative : la Critique de la Raison pure ne contient pas encore le mot, ni explicitement l'idée d'autonomie.
Knnls Voraiisselzun^en and Professor Dr. Fr. Paulsen dans l'Archiv fiir sjs,temalische Philosoplùc, Y, p. 280-323.) La pensée de Kant s'est certainement développée sur un fonds de concepts métaphysiques qu'elle a retenus ; mais Paulsen a tort de croire que la méthode kantienne en justifiant autrement ces concepts n'en a pour ainsi dire pas modifié le sens ; il est ainsi amené à représenter comme des pensées après la Critique des pensées certainement antérieures, dont les principes posés par la CrUit/iie devaient réduire pou à peu la signification traditionnelle.