CHAPITRE If
LES PROLÉGOMÈNES A TOUTE MÉTAPHYSIQUE FUTURE. — LES LEÇONS SUR LA DOCTRLNE PHILOSOPHIQUE DE LA RELIGION
La Critique de la Raison pure n'était pour Kant qu'une propcdcutique à un système, qui devait dans sa partie la plus générale comprendre une métaphysique de la nature et une métaphysique des mœurs ; la première devait traiter des principes rationnels, par purs concepts, de la connaissance théorique des choses : la seconde, des principes rationnels qui déterminent et obligent a priori la conduite, sans faire appel à aucune condition empirique, à aucune donnée anthropologique'. Nul doute que Kant n'eût poursuivi sous cette forme régulière le développement de son œuvre- en exposant tout d'abord peut-être les solutions des problèmes moraux ^ s'il eût vu la Critique accueillie selon sa valeur et sa signification par le public savant, et si lui-même en eût été pleinement satisfait. Mais IsiCritique avait paru obscure ; elle avait été aussi inexactement que diversement interprétée ; d'autre part, la déduction subjective des catégories, qui en était un organe essentiel, n'avait pas affecté aux yeux même de Kant la rigueur démonstrative qu'elle eût dû avoir. Aussi Kant méditait-il un