‹ La philosophie pratique de KantChapitre 127 sur 361 · III, p · texte numérisé non relu

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2. Le 17 novembre 1781, Hartknoch, l'éditeur de la Critique, demandait à Kant de lui réserver la publication de sa Métaphysique des mœurs et de sa Métaphysique de la nature. Brief^vecJisel, I, p. 261.

3. Nous savons par Ilamann qu'au commencement de 1782, Kant s'occupait activement d'établir les principes de la Métaphvsique des mœurs. — Ed. Roth, VI, p. 236.

2\S LA Pinr.osoruTE phvtioie de kant

exposé plus simple et plus clair de sa pensée. Dès le mois d'août 1781, il songeait à un résumé populaire de la Crilirjue. On sait combien il fut ému, lorsque le compte rendu des a Gôttinger gelehrte Anzeigen, » écrit par Garve, raccourci et modifié par Feder, A'int en janvier 1782, entre autres objections, lui reproclier son idéalisme. Au besoin de se faire comprendre s'ajoutait pour lui le besoin de se justifier. De là sortirent les Prolégomènes. Etait-ce le résumé auquel il avait songé, uniquement corrigé et complété jîour répondre à l'article en question ' .^ Toujours est-il que l'ouvrage nouveau, plus élégant et plus lucide, s'appliquait à présenter sous une forme analytique ce que la Critique de la Raison pare avait présenté sous une forme syntlié tique .

Sur les problèmes moi-aux et religieux, les Prolégomènes n'ajoutent sans doute strictement rien de nouveau à ce que contenait la Critique ; mais par ce qu'ils omettent ou ce qu'ils font ressortir, ils indiquent en quel sens Kant poursuivait la détermination de sa pensée. Remarquons d'abord que les conceptions auxquelles ils se réfèrent ne sont pas celles qui se trouvent dans le Canon de la Raison pure, mais celles qui sont comprises dans la Dialectique ; ils rattachent la moralité au système des idées : ils ne définissent pas la liberté pratique en dehors de la liberté transcendantale". Le souci plus direct ou plus technique que Kant avait à ce moment des questions morales a pu, de concert avec le désir qu'il avait de défendre son œuvre contre les méprises des critiques, le pousser à traduire en formules plus réalistes la notion des limites de l'expérience et à établir plus catégoriquement, à l'intérieur de sa doctrine,

I. Bonno Erdmann, Proie goinena, Einleitung, p. iv, p. xvi, note; hants Kviticismus, p. 85. — Contre la thèse de Benno Erdmann, v. Arnoldt, Kniits Prolegoineua nicht doppelt redigirt, 1879, ^^ ®"'" 1 ensemble do la question, Vaihinger, Die Erdnuinn-Ainoldtsche Controverse, Philosopliischc Monatslieflp, 1880. p. Vl-71.

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LES PROLÉGOMÈNES s/lQ

la nécessité d'affirmer les choses en soi' ; l'usage pratique (le la raison est lié aux choses en soi comme à des principes déterminants ^ Mais comme d'un autre côté Kant soutient aussi énergiquement que de ces choses en soi nous ne pouvons rien connaître, il s'applique à montrer qu'il y a une façon légitime de concevoir le rapport des choses en soi aux phénomènes. Les concepts de l'entendement n'ont d'usage légitime défini que dans l'expérience et ne comportent pas d'usage transcendant hors de l'expérience ; mais ils peuvent cependant être employés avec des déterminations tirées de l'expérience pour représenter ce rapport des choses en soi aux phénomènes, à la condition de ne pas perdre de vue dans ce cas leur sens exclusivement analogique ou symholique. L'idée delà liberté, l'idée même de Dieu ne sont intelligibles pleinement pour nous que si elles sont saisies dans ce rapport et ne prétendent pas s'en affranchir.

Assurément, selon la solution de la troisième antinomie, la Uberté ne peut être admise que dans le monde des choses en soi, hors du monde des phénomènes régi par la nécessité naturelle : pourtant une action libre en nous n'est concevable que tout autant qu'elle produit un effet dans la série du temps et que par elle quelque chose commence dans la série des phénomènes. C'est pour cela que nous n'avons pas de concept de la liberté qui convienne à Dieu absolument, en tant que l'action de Dieu, résultant de sa nature uniquement raisonnable, est comme enfermée en elle-même ^ La liberté, telle que nous la concevons, comporte une influence des êtres intelligibles sur les phénomènes ; elle consiste essentiellement dans le rapport de ces êtres, comme causes, aux phénomènes, comme effets. Elle est donc le pouvoir de déterminer un commencement qui n'a d'autre principe quelle-même. Or l'idée d'un premier commence-

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