Cf. Kritik der praldischen Vernuiift,^. 8i
2. Cf. Kritik der praktisclien Veriutnfl, \>. 77, p. 80. — Kritik der Urtheilskraft, V, p. 226.
3. IV, p. 2/18-249. — Schleiermachcr, pour combattre l'opposition établie entre la loi de la nature et la loi morale, comme entre ce qui est et ce qui doit être, tâcbe de montrer contre Kant que la loi morale, prise en elle-même, n'est qu'une formule théorique, qu'elle n'est pratique que par cette première réalisation d'elle-même dans notre conscience, qui est le respect. « Ce respect de la loi, dit-il, constitue donc proprement en premier lieu la loi, il est la réalité de la loi. » Uebev den Unterschied zwischeii Nnturgesetz und Sitteiiîfesetz, Werke, ziir Philosophie, II, p. l^o8-!^o^■ — Kant défend d'avance le plus qu'il peut sa pensée contre cette interprétation ; la puissance pratique de la loi est toute en elle : elle ne saurait dériver à aucun degré du mobile produit par elle ; le respect ne peut être premier dans l'ordre de la moralité. — Cf. Krilik der praklischen Verinmft, V, p. 80.
/(. IV, p. 2^9, note.
5. Dans la Grundlegung il apparaît plutôt comme un sentiment spécial, et dans les œuvres ultérieures il est souvent aussi présenté comme tel. Or comme un sentiment concret enveloppe une conscience de soi ou un rapport à soi, Kant, en divers passages de la Critique de la raison pratique, rapproche plus ou moins le respect d'un amour de soi raisonnable (\ . p. 78), d'une approbation
FONDEMEINTS DE LA MÉTAPHYSIQUE DES MœURS S/j I
de la pensée kanlienne est ici A'érilablement nouveau, c'est l'idée qu'un sentiment ou qu'un état du sentiment, indispensable pour la réalisation de la raison par le sujet, peut être déterminé n priori. C'est par là que la philosophie transcendantale peut maintenant comprendre la morale qui, selon la Critique de la Raison pure, en était encore exclue, « parce que tous les concepts pratiques se rapportent à des
de soi {Selbstbilligung, p. 85), d'un contentement de soi (^Selbstzufrieden- Iieit,p. 123), d'une faculté de se sufUreÇSelbsfgenugsaDikeit, p. I25); c'est le respect de soi-même (p. 167) qui rend l'homme plus accessible à la loi morale. Il semble que par cette façon d'entendre le respect Kant donne à sa pensée une forme plus saisissable, plus populaire, plus voisine en tout cas des définitions wolfiennes qui admettaient dans la volonté pure quelque chose des tendances du moi. C'est ainsi que certains de ses contemporains ont interprété le rôle attribué au respect dans sa doctrine. V. Brastberger, Untersuchangeii iiher Kants Kritik der praktischen Vernunfl, 1792, p. iSg. — Au contraire, en d'autres passages, Kant présente le respect, non comme un sentiment, mais comme un effet de la loi sur le sentiment {Kritik der praktiscJipn Vernunft, \, p. 83, p. 84)- « C'est quelque chose, dit-il, de tout à fait sublime, dans la nature humaine, que cette propriété qu'elle a d'être immédiatement déterminée à des actions par une loi pure de la raison, et même de tenir, par suite d'une illusion, l'aspect subjectif do cette déterminabilité intellectuelle pour quelque chose d'esthétique, et pour l'effet d'un sentiment sensible particulier (car un sentiment intellectuel serait une contradiction). » Ibid., p. i23. — Le respect n'est donc pas d'après cela un sentiment parmi les autres, fût-ce un sentiment privilégié II marque plutôt en premier lieu la limite imposée aux inclinations sensibles par un jugement de la raison qui prononce la suprématie de la loi morale, et ainsi il n'affecte l'apparence d'une impulsion que parce qu'il combat par une influence au fond purement rationnelle les impulsions de la sensibilité. Ibid., p. 79-80. Il marque en second lieu comme une disposition de la sensibilité à reconnaître, même quand elle en souffre, l'autorité de la loi ; il est donc, à ces deux points de vue, moins un sentiment particulier qu'un genre spécial de rapport entre la représentation de la loi et notre sensibilité en général. Seulement on ne doit pas oublier que notre sensibilité n'est que la condition de l'apparition du respect, tandis que la cause véritable en est dans la raison pure pratique. Ibid., p. 80. Par là aussi, le respect, loin d'être une conséquence de la détermination de la volonté par la loi, est sans doute plus justement la forme subjective de cette détermination. <f Le respect pour la loi n'est pas un mobile pour la moralité : mais il est la moralité même, considérée subjectivement comme mobile. » Ibid., p. 80. On évite ainsi l'illusion qui nous porte à croire qu'antérieurement à la loi morale il peut y avoir quelque sentiment qui nous dispose à la moralité, ou qui permette de juger des actions, ou qui soit capable de fonder la loi. Ibid., p. 80-81, p. 96, p. I22-I23.
Cependant n'y a-t-il pas contradiction entre cette dernière thèse et le chapitre de V Introduction a la Doctrine de la vertu qui a pour titre .Esthetische Vorbegriffe der Enipfànglichkeit des Gemiiths fur Pfliclithegriffe ûberhaupl. Parmi les prédispositions naturelles de l'âme à être affectée par le concept du devoir, Kant range le respect (Achtung): c'est, dit-il, un sentiment d'un genre particulier, non un jugement sur un devoir à remplir. Car si c'était
objets de notre sentiment' »: c'est par là qu'en vertu d'une extension naturelle elle pourra comprendre dans la suite tous les sentiments qui, comme les sentiments esthétiques, sont liés a priori à des représentations'. De la sorte encore, elle couviira de sa forme et de sa juridiction propre l'affinité qu'autrefois Kant avait signalée, mais par analyse simplement psychologique, entre la vertu et les sentiments esthétiques, surtout le sentiment du sublime \
un jugement, comme il faudrait un état subjectif pour nous le représenter, un respect comme sentiment serait indispensable pour nous donner la conscience du respect comme jugement. En tout cas, c'est sur la loi morale que le respect est fondé, et le devoir, improprement énoncé, de s'estimer soi-même se ramène, en ce qu'il a d'essentiel, au respect de la loi, VII, p. 202, p. 206. Il n'y a donc pas lieu finalement d'opposer le respect, tel qu'il est présenté ici, comme disposition antérieure à la moralité eflective, non du reste à la loi morale, et le respect, tel qu'il est présenté dans la Critique de la raison pratique, comme conséquence ou expression subjective de la moralité. — Dorner, qui relève une différence de sens entre les deux concepts (Ueher die Principien der Kantischen Ethik, 1875, p. 28), l'explique par une interprétation forcée et même inexacte de la pensée kantienne: le respect, comme prédisposition naturelle à la moralité, serait le respect dont l'homme est capable dans l'état de chute, quand les inclinations sensibles le dominent; ce serait un sentiment faible; le respect, comme conséquence ou expresion subjective de la moralité, ce serait le respect s'imposant aux inclinations sensibles ; ce serait un sentiment fort: la différence serait de degré entre les deux. Mais Dorner a le tort d identifier, là ou Kant ne le fait pas, s'orsittlich et unsittlich, et d'admettre une sorte de respect inférieur destiné à opérer, contrairement au kantisme, un passage gradué de l'étatdemal à l'état de bien. — Dans la Métaphysique des mœurs, aussi bien que dans la Critique de la raison pratique, le respect est considéré comme l'effet de la loi morale sur l'âme ; seulement la Critique insiste plus sur ce qui est le fondement transcendantal du respect, tandis que la Doctrine de la vertu le considère surtout dans la disposition originaire qu'a la sensibilité à recevoir l'influence de la raison. V. Hegler, Die Psychologie in Kants Ethik, p. 2i2-2i5.
I V, plus haut, p 234- — V. aussi Kritik d. reinen Vernunft, III, p. 892. — « Nous avons maintenant ici le premier, et peut-être aussi l'unique cas, où nous puissions déterminer par des concepts a priori le rapport d'une connaissance (c'est ici une coimaissancc d'une raison pure pratique) au sentiment du plaisir ou do la peine... Donc le respect pour la loi morale est un sentiment qui est produit par un principe intellectuel, et ce sentiment est le seul que nous connaissions parfaitement a priori, et dont nous puissions apercevoir la nécessité. » Kritik der praktischen Vernunft, V, p. 77-78.
2. Kritik der Urtheilskraft, V, p. 22G-.227. — V. II. Cohen, Kants Begriindung der /Eslhetik, p. 1 4 2-1 48.
3. V. plus haut, première partie, ch. a, p. 107-110. — Dans la Critique de la faculté de juger le sentiment du sublime et le sentiment du respect pour la loi sont intimement rapprochés. « Le sentiment de notre incapacité à atteindre une idée, (fui est pour nous une loi, est le respect. Or l'idée de la
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Le respect doit donc être considéré comme reflet original de la loi sur le sujet ; un autre sentiment, même plus élevé d'apparence, qui prétendrait se substituer à lui, ne pourrait que fausser en nous la notion de notre devoir ^ En résumé, puisque la volonté doit s'abstraire et de la considération des fins et de l'intluence des inclinations, il ne peut rester pour la déterminer, objectivement, que la loi, subjectivemoiit, que le respect pour cette loi ^ Voilà oi^i nous conduit l'analyse de la conscience commune : pour savoir maintenant quels sont les caractères, quel est le contenu, quel est le principe rationnel de la loi, il faut nous engager plus avant dans la « Métaphysique des mœurs » .
Une présupposition indispensable de la Métaphysique des mœurs, c'est que la loi morale est a priori. Ivant, à vrai
compréhension de tout phénomène, qui peut nous être donné, dans l'intuition d'un tout, est une idée qui nous est imposée par la raison, laquelle ne connaît d'autre mesure valable pour tout le monde et immuable que le tout absolu. Or notre imagination, même dans son plus grand effort, témoigne de ses limites et de son inaptitude à l'égard de ce qu'on attend d'elle, de cette compréhension d'un objet dotmé en un tout de l'intuition (par conséquent à l'égard de l'exhibition de l'idée de la raison); mais en même temps aussi elle montre que sa destination est de chercher à s'approprier à cette idée comme à une loi. Ainsi le sentiment du sublime dans la nature est un sentiment de respect pour notre propre destination ; mais par une sorte de substitution (en convertissant en respect pour l'objet le respect que nous éprouvons pour l'idée d'humanité dans le sujet que nous sommes) nous rapportons ce sentiment à un objet de la nature qui nous rend comme visible la supériorité de la destination rationnelle de nos facultés de connaître sur le plus grand pouvoir de la sensibilité. » V, p. 2(34-265. — V. p. 252, p. 279-280. — Sur I indépendance du respect à l'égard de toute jouissance, môme de la jouissance occasionnée par des concepts qui éveillent les idées esthétiques, V, p. 3'|t).
i. Kant admet du reste que l'idéal est l'amour de la loi, mais il ajoute que cet idéal est irréalisable pour des créatures finies et peut être aisément dénaturé par elles : d'oîi la nécessité de s'en tenir au respect. Kritik der praktischen Vernunft, V, p. 87-90. — Die Religion, VI, p. 244. — Ha cherché à définir par la conception du souverain bien les rapports normaux, qui doivent exister entre l'amour et le respect : dans le souverain bien, conçu comme fin proposée par la raison, l'homme cherche quelque chose qu'il puisse aimer, tandis que la loi, en dehors de la considération du souverain bien, lui inspire simplement le respect. Die Religion, Yl, p. loi, note. — V. également: Das Ende aller Dinge, VI, p. 369-370.