‹ La philosophie pratique de KantChapitre 178 sur 361 · I. IV · texte numérisé non relu

I. IV

a. « Tous les cas qui se prcsciilciil |)(iiir des actions [lossiblos sont soulcineiit empiriques. » Kritik d . pr. Veriutnft, \ , p. 72.

FONDEMENTS DE L\ MET APIIYSIQl E DES MOICHS o5f)

quement rationnelle, s'y opérait le plus souvent au nom des relations d'utilité exhibées ou confirmées par l'expérience; à un certain formalisme, en ce que la connaissance de l'ordre de la nature, impossible à réaliser par les intelligences pour le détail du monde et de la vie, faisait place à la simple idée d'un ordre général des choses, servant de principe ou de modèle à la détermination de la volonté.

Or, si Kant est peu disposé à accepter ce syncrétisme de concepts divers, surtout avec les expressions dogmatiques (|u"il revêt, il n'en a pas moins retenu la conviction de certains rapports entre l'idée de la législation pratique, celle d'un accord de la volonté avec elle-même, celle d'un ordre imiversel de la nature, et celle même d'une utilité finale des actes conformes à cet ordre. Et bien qu'il ait distingué entre les usages à faire de ces diverses idées, et qu'il en ait usé autrement, il en a suivi d'une certaine façon le courant, quand il a voulu montrer comment de l'impératif unique précédemment énoncé on peut « déduire comme de leur principe tous les impératifs du devoir ».

11 est possible, en effet, dès que l'on conçoit une loi universelle, de concevoir en même temps une nature, puis- (pi'une nature, au sens formel de ce mot, exprime l'exislence des objets, en tant qu'elle est déterminée par des lois. Comme nous savons qu'alors l'existence des objets e>t garantie par les lois mêmes, nous pourrons rechercher, pour ce qui est de nos actions, si la maxime dont elles procèdent peut, convertie en loi, leur conférer une existence en quelque sorte objective, et constituer avec elles comme un ordre de la nature. Au cas où il apparaîtrait que les maximes de la volonté ne peuvent, universalisées, constituer un tel ordre, c'est qu'elles seraient mauvaises. D'où cette nouvelle façon de traduire l'impératif: Agis comme si la maxime de ton action devait par ta volonté être érigée en loi universelle de la naturel

36o LA PHILOSOPHIE PRATIQUE DE RANT

KanI cherche a vérifier sa formule par quatre exemples, ordonnés, selon la division, admise de son temps, des devoirs en devoirs envers soi-même et devoirs envers les autres hommes, devoirs parfaits et devoirs imparfaits. Il est loin d'avoir développé ces exemples avec une entière clarté, et il les a exposés ainsi a. des méprises assez excusables comme à des objections assez spécieuses.

Voici, dit-il d'abord, un homme qui réduit au désespoir par une série de malheurs a pris la vie en dégoût : lui est-il permis d'y mettre fin par le suicide .►^ Sa maxime serait dans ce cas la suivante : par amour de moi-même, je pose en principe d'abréger ma vie, si en la prolongeant j'ai beaucoup plus de maux à en craindre que de satisfactions à en espérer. Ainsi entendu, l'amour de soi peut- il devenir une loi universelle de la nature .i^ A coup sûr, non. Car « une nature dont ce serait la loi de détruire la vie même juste par le sentiment dont la fonction spéciale est de pousser au développement de la vie. se contredirait elle-même, et, par suite, ne subsisterait pas comme nature' ». En d'autres termes, il est impossible de concevoir un ordre de la nature, dont la loi serait la maxime d'une volonté qui, selon les circonstances contingentes et les impressions subjectives, tournerait contre la vie la disposition fondamentale à

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