‹ La philosophie pratique de KantChapitre 185 sur 361 · V. plus haut, p. i34 sq., p. 289 sq., p · texte numérisé non relu

V. plus haut, p. i34 sq., p. 289 sq., p

se proposent par leur raison ; mais tout en faisant abstraction des différences individuelles qu'il y a entre les êtres raisonnables et aussi du contenu de leurs fins particulières, il comprend aussi ces fins particulières, dans la mesure où elles ne portent pas atteinte à l'accord fondamental des volontés ' .

Ce règne des fins n'est à vrai dire qu'un idéal, mais qui peut être réalisé par la liberté. De droit tout être raisonnable en est membre, parle fait qu'il y institue la législation à laquelle il obéit. Pourtant les êtres raisonnables finis, même lorsque leurs maximes se mettent d'accord avec cette législation, ne possèdent pas, soit la pleine indépendance à l'égard des besoins qui les assure d'une constance absolue dans leurs maximes, soit la pleine puissance de réaliser tout ce qu'ils veulent : et de plus leurs maximes ne sont pas nécessairement d'accord avec cette législation. Aussi la nécessité d'agir selon la législation qui rend possible un règne des fins prend-elle pour eux la forme d'une obligation ou d'un devoir. Quand, au contraire, un être raisonnable a une volonté qui s'accorde nécessairement a^ ec cette législation, c'est-à-dire une volonté sainte, et une puissance adéquate à sa volonté, il n'est pas seulement un membre du règne des fins, il en est le chef ^

Un règne des fins se conçoit par analogie avec un règne de la nature. Mais la nature est-elle un règne .^ Non certes, si l'on ne considère en elle que les lois causales qui déterminent l'enchaînement de ses phénomènes. Oui cependant, si l'on remarque que seul son rapport à des êtres raisonnables regardés comme ses fins permet de la comprendre

1. IV, p. 281. — C'est donc avec quelque exagcralion que Simmcl attribue à Katil une sorte de radicalisme moral, qui ne voudrait admettre, en fait de valeurs, que des valeurs morales directement ou indirectement (Kant, p. 81, p. 113, p. ii4 sq). S'il est parl'aitement vrai que la loi morale est pour la hiérarchie des valeurs la mesure suprême, il est vrai également qu'elle laisse s'introduire dans le règne des fins des actions qui peuvent simplement s'accorder avec elle sans être déterminées par elle, des actions permises (v. encore IV, p. .87).

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