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Delbos, u5
sième section de la Grundlegung se propose d'être un essai réduit de cette Critique.
Elle part du concept de la liberté, seul capable d'opérer la liaison entre l'idée d'une volonté absolument bonne et l'idée d'une volonté dont la maxime est une loi universelle. Qu'est-ce donc que la liberté ?
La liberté peut d'abord être définie négativement. La volonté étant une espèce de causalité qui appartient aux êtres vivants en tant qu'ils sont raisonnables, la liberté est la propriété qu'a cette causalité d'agir indépendamment de causes étrangères ; tandis que la nécessité naturelle a pour caractère d'imposer aux êtres dépourvus de raison des façons d'agir déterminées par l'influence de causes extérieures.
Mais la liberté peut aussi être définie positivement et en son essence même. Qui dit causalité dit loi. Ou bien la liberté est une fiction absurde, ou bien, étant cause, elle doit agir d'après une loi ; et étant une cause indépendante de toute influence étrangère, elle doit agir d'après une loi qui soit sa loi, d'après une loi quelle ait elle-même posée. Qu'est-ce à dire, sinon qu'une volonté libre est une volonté autonome ? Mais la proposition d'après laquelle la volonté est à elle-même sa loi est une autre façon d'exprimer le principe selon lequel la volonté, doit agir uniquement par des maximes susceptibles de se convertir en lois universelles ; or c'est là précisément la formule même de l'impératif catégorique, de telle sorte qu'une volonté libre et une volonté souinise à des lois morales, c'est tout un. Si donc nous pouvions saisir en elle-même la liberté de la volonté, il nous serait possible d'en faire sortir par simple analyse toute la moralité avec son principe. Mais nous ne le pouvons pas ; et voilà pourquoi, en son sens positif, elle doit se borner à nous fournir le terme, grâce auquel se lient les deux notions du jugement syntliétique a priori plus liant énoncé. Nous savons en effet que pour unir deux concepts syntliétiqucment il faut un troisième terme : dans l'ordre de la connaissance ibéorique, c'est pai- rinlultioii sensible que
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s'opère la liaison d'une chose comme cause avec une autre chose comme elFet. Mais la liherté par définition échappe à l'intuition sensible, et l'intuition intellectuelle qu'il faudrait pour l'apercevoir en elle-même nous manque : ce qui fait qu'elle a besoin d'être démontrée et qu'elle ne peut 1 être cependant pour soi, mais uniquement pour la fonction synthétique qu'elle doit remplir ' ; ce qui fait aussi qu'elle remplira cette fonction d'une façon originale et sans produire une connaissance, puisque c'est sans intuition possible qu'elle aura à unir un sujet et un prédicat distincts. Pourquoi donc et en quel sens la liberté peut-elle être attribuée à notre volonté? Est-ce au nom de l'expérience faite sur la nature humaine ? Mais cette prétendue expérience ne saurait fournir ce qui par son essence ne peut être justifié qu'a priori : de plus le concept de liberté persiste toujours, même quand l'expérience nous montre le contraire de ce qui, la liberté supposée, en est nécessairement représenté comme la conséquence ^ Kaiit n'admet donc plus, comme il l'admettait encore dans la Critique de la raison pare^, que la liberté pratique soit démontrable par l'expérience. Est-ce alors parce que la moralité implique la liberté? Soit : mais comme la moralité ne s'impose à nous que parce que nous sommes des êtres raisonnables, il reste à prouver que la liberté appartient en général aux êtres raisonnables comme tels. Cependant cette preuve qui serait extrêmement compliquée s'il fallait poser le fondement théorique de la liberté, et qui serait même impossible s'il fallait démontrer théoriquement la liberté comme réelle, peut être simplifiée en même temps que plus étroitement adaptée à notre dessein. Il suffit d'exphquer qu'un être raisonnable doué de volonté ne peut agir que sous l'idée de la liberté et doit faire de cette idée la condition de ses actes. Or telle est bien en effet la vérité. Car le concept de cet être implique