IV, p. 34o
2. Cf. Krikilider reiiien Vernunft, III, p. r)46. — V. E. Siinger, Kants Lehre vom Glauben, igoS, p. 5o.
3. III, p. 54i sq- — V. plus haut, p. 2^3-2'j5. — V. plus loin, p. 485 sq., p. ôgo sq.
!t. Ces hypothèses correspondent à ce que Kant nommait, dans le passage rappelé de la Critique de la raison pure, la foi doctrinale.
/jo4 LA PHILOSOPHIE PRATIQUE DE RANT
manifeste en matière pratique, la foi qui en dérive s'appelle un postulat de la raison ; et si elle ne satisfait pas à toutes les conditions logiques de la certitude, elle ne le cède en rien au plus sûr savoir: elle en diffère quant à l'espèce. Elle ne peut, en effet, comme l'opinion ou la foi historique, être ébranlée un jour par des arguments qui la surprendraient en quelque sorte du dehors ; la conscience qu'elle enveloppe de son invariabilité lui permet d'être absolument • ferme ' .
La foi de la raison, ainsi comprise, sert de fondement à toute autre foi, même à toute révélation : elle ne peut être remplacée, ni suscitée par aucune inspiration, comme par aucun enseignement extérieur, si grande qu'en soit l'autorité. Une révélation ne peut être acceptée de moi que si elle est jugée par moi divine, que si, par suite, elle présente des caractères qui ne peuvent être déterminés que par l'idée que préalablement ma raison possède de la divinité. Il n'y a donc pas de Religion qui puisse être révélée sans la raison et hors de la raison". Contester à la raison le droit qui lui appartient' de parler la première sur des objets suprasensibles, c'est ouvrir la porte toute grande aux divagations mystiques, mais aussi à l'athéisme: vouloir faire de la rai-
I. Ailleurs Kant insistera sur le caractère de sincérité avec soi-même que comporte la foi dans soii expression et son extension ; pour tout ce qui ne peut être exprime comme vérité théorique objective il faut cette condition formelle essentielle, la véracité. Dans la Critique de la raison pure Kant faisait appel au pari pour énoncer la formule de la croyance (V. plus haut, p. 2^3) : là il fait appel à une sorte de serment intérieur pour en mesurer la véracité (Ueher dus Misslingen aller philosophischen Versuche in der Theodicee, VI, p. 90-93).
■ 2. Kant, du reste, reconnaît que c'est du Christianisme qu'il tient la notion de la foi et de sa portée, ainsi qu'en témoigne une note de la Critique de la faculté de juger : « L'intervention de ce terme de foi et de cette idée particulière dans la philosophie morale peut paraître suspecte parce qu'ils ont été introduits tout d'abord avec le Christianismo, et il se pourrait que l'on ne vît dans l'emploi du mot qu'une imitation flatteuse de sa langue. Mais ce n'est pas Tunique cas où cette Religion admirable, dans l'extrême simplicité de son exposition, ait enrichi la philosophie de concepts moraux bien plus déterminés et plus purs que ceux que celle-ci avait pu fournir jusque-là, mais qui une fois venus au jour sont librement approuvés par la raison et acceptés comme des concepts qu'elle aurait pu et dû trouver d'ellemèmo et introduire en elle. » \ . p. 4S(J. — Cf. la lettre à Jacobi du 3U août 1789. liriej\vccliseL H, p. 74-