‹ La philosophie pratique de KantChapitre 228 sur 361 · V, p. 157-1G7. — Cf. Die Religion, M, p. i/42-i · texte numérisé non relu

V, p. 157-1G7. — Cf. Die Religion, M, p. i/42-i

5o6 LA PHILOSOPHIE PRATIQUE DE RA>T

petitesse d'êtres sensibles, nous provoque déjà aux sentiments que nous ne pouvons manquer d'éprouver en reconnaissant, grâce à la loi morale, notre grandeur d'êtres raisonnables. « Deux choses remplissent lame d'une admiration et d'un respect toujours nouveaux et qui s'accroissent à mesure que la réflexion s'en occupe plus souvent et avec plus d'insistance : le ciel étoile au-dessus de moi et la loi morale en moi '...))

Ainsi s'achève la Critique de la raison pratique : l'idée qui la domine, et par laquelle la pensée de Kant continue à se déterminer et à s'organiser, c'est l'idée que les deux sortes de raisons s'accordent et se complètent, et que leur accord est la preuve fondamentale de leur respective validité. L'irréductible diversité de leurs usages ne peut que rendre plus manifeste l'intimité des relations par lesquelles elles s'unissent. Sans doute elle s'oppose à ce que leur unité profonde se réalise pour nous en quelque type achevé de raison intuitive ou objectivement démonstrative, à ce qu'il y ait pour nous une espèce de raison en soi pourvue d'un contenu adéquat, dont la raison théorique et la raison pratique se borneraient à fournir des développements dictincts ; elle assure ainsi les limites de la science et de la moralité, et elle permet de caractériser par des termes dillérents, selon la façon dont elles se rapportent à leurs objets, l'exercice réguher de nos facultés. Cependant la Critique de la raison pratique, qui la justifie plus que jamais, montre aussi sous quelle forme légitime les deux raisons tendent l'une vers l'autre, la raison spéculative en posant par la production des idées des problèmes inévitables qu'elle ne peut cependant, sans risquer de s'égarer, résoudre par elle-même positivement, la raison pratique en ap-

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