‹ La philosophie pratique de KantChapitre 241 sur 361 · Ibid., I, p. 5o · texte numérisé non relu

Ibid., I, p. 5o

o. Ibid., II, p. 3(j. — Il ne me parait pas établi par Benno Erdmann que Kant ait eu l'intention de faire précéder la Critique du goût d'une Grundlegung, comme il l'avait fait pour la Critiijue de la raison pratique (p. xix de V Introduction de Benno Erdmann à son édition). Ni l'expression dont Kant s'est servi dans la lettre à Schûtz plus haut citée, ni l'indication tirée du catalogue pour la foire de Leipzig de 1787 (V. la lettre de Bering à Kant du 28 mai 1787, Briefweclisel, I, p. 465) ne sont des preuves décisives. V., par contre, la lettre de Kant à Jacob de la fin de 1787 (Briefa'ecli.sel, I, p. 471) et la lettre du libraire Harlknoch à Kant du 6 janvier 1788 (Ibid., I, p. 491)- — Cf. Michaelis, op. cit., p. 6.

publication de l'ouvrage subit encore un retard, causé sans doute celui-ci par la préparation de l'écrit contre Eberhard ; elle n'eut lieu que vers les Pâques de 1790'. Quant aux retards successifs qu'elle avait précédemment subis, ils ne tenaient pas seulement au surcroît d'occupations que donnèrent alors à Kant le rectorat de l'Université et le décanat de la Faculté de philosophie", ou à la plus grande difficulté de travailler que lui faisaient subir les premières atteintes de la vieillesse \ mais surtout à un effort nouveau de méditation et d'organisation systématique, dont le changement de titre fut l'indice, — et dont il faut tâcher de découvrir le sens.

Sans doute le premier et important acquis, dans l'essai de constitution d'une Critique du goût, avait été pour Kant la solution clairement pressentie du problème qui l'avait si longtemps fait hésiter : la beauté est-elle simplement subjective, ou bien a-t-elle quelque chose d'objectif.^ Déjà les Observations sur le sentiment du beau et du sublime, qui séparaient le goût de la connaissance pour le ramener à un sentiment de plaisir ou de peine, oscillaient, selon la juste remarque de Hamann ', entre la conception d'une beauté subjective et celle d'une beauté objective. Ivant ne manque certes plus de dire que le goût ne dépend point de lois démontrables a priori, que l'esthétique n'est pas une doctrine, mais une critique ; par endroits il pousse même cette tendance au point de soutenir que les règles du goût sont d'origine purement empirique, qu'elles sont inconstantes et

1. V. sur celte publication la correspondance de kant avec son libraire De XdiGaiTàe {Briefwechsel, II, pp 88, gS, 119, I22-123, 12G, 129-133, i^io- \!\i, i/j2-i45) et avec son disciple Kicseweter qui s'était chargé do la correction des épreuves (//^jW., pp. 106, 121, 12'i, i36, i5i, iô5).

2. V. la lettre à Reinhold, déjà citée, du 7 mars 1788 {liricfwcclisel, I, p. 5o5).

8. V. la lettre à Reinhold du 19 mai 1789 (^Briefwechsel, II, p. 47), la lettre à Marcus Ilcrz du 2^ mai 1789 (Ibid., p. /tg), la Préface delà Critique de la faculté de juger (V, p. 176).

/i. Dans son compte rendu de l'ouvrage (Koenigsberger gel. und pol. Zeilungen, 1764, p. loi).

variables selon les hommes'. Cependant il incline d'ordinaire et de plus en plus à admettre que le goût, quelle qu'en soit l'origine, a une certaine fixité et une certaine généralité ; il explique volontiers ces caractères en remarquant que le goût ne peut se développer que dans la société, qu'il est essentiellement communicable, qu'il lie les hommes par une sympathie spéciale" : et comme il ne croit pouvoir encore réclamer pour le goût qu'une universalité comparative et non une universalité stricte^, il insiste d'autant plus sur les conditions sociales qui font que, malgré sa relation directe à l'expérience, le goût peut légitimement prétendre faire accepter de tous ses décisions ; il montre le rôle de ce (( sens commun », de ce (( sens universel », de ce « sens social » qui dans le goût franchit les limites du sens propre, du sens exclusivement individuel '. Ce qui l'empêche encore d'admettre qu'il y ait des principes a priori du goût, c'est que d'une part il ne conçoit pas que de pareils principes ne

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