Ueber eine Entdeckung, \I, p. 6 sq
5q8 I^ PHILOSOPHIE PRATIQUE DE K V>T
mies, l'impossibilité de connaître le supra-sensible ' : des noumènes, disait-il, il n'y a pas de science'. Si donc la Métaphysique reste à bon droit la prétention d'atteindre le supra-sensible au moyen de la raison, elle ne peut l'atteindre véritablement qu'au moyen de la raison pratique, non de la raison théorique : toutes les tentatives de Leibniz, de Wolff et de leurs disciples pour étendre la spéculation jusqu'à ces objets suprêmes de la Métaphysique, qui sont Dieu, la liberté et l'immortalité restent vaines en droit comme en fait : s'il y a place pour une détermination de ces objets, ce ne peut être que pour une détermination pratique, dont le dogmatisme spécial substitue la foi à la science '\ Voilà ce qu'il convient de répéter contre ceux qui prétendent qu'il faut juger de la vérité des choses d'après ce que Leibniz eii' a dit : comme s'il pouvait y avoir un auteur classique en philosophie \ Et même ces défenseurs aveugles du leibnizianisme n'en comprennent pas toujours et qui, pis est, en altèrent le sens. Ils ne voient pas qu'admettre, avec le principe de la raison suffisante, un autre principe que le principe de contradiction, c'est reconnaître la nécessité des jugements synthétiques a priori \ ils font au génie matliématique de Leibniz le plus grand tort qui se puisse en prenant les monades pour des éléments des corps, tandis qu'elles sont, en réalité, le fondement des phénomènes sensibles ; ils n'aperçoivent pas enfin que la Critique donne à l'idée de l'harmonie préétablie la seule acception légitime en montrant dans la constitution et les relations de nos facultés la source de cette harmonie sous ses diverses
1. Ueber die Fortschritte der Melaphysili, YIIl. p. 5:^9-554-
:i. VIII, |). 538, p. 555.