‹ La philosophie pratique de KantChapitre 288 sur 361 · LA THÉORIE ET LA PRATIQUE · texte numérisé non relu

LA THÉORIE ET LA PRATIQUE

liculièrcs des hommes la fin morale de l'humanité. « Car [ c'est précisément l'antagonisme de ces inclinations dont résulte le mal qui procure à la raison un libre jeu, grâce auquel elle les subjugue toutes, en même temps qu'à la place du mal, qui se détruit lui-même, elle fait triompher le bien, qui se soutient de lui-même à l'avenir dès qu'une fois il existe'. »

Ainsi, à aucun point de vue, on ne peut soutenir que t ce qui est bon en théorie ne vaut rien pour la pratique. D'une façon générale, quand une théorie n'est pas praticable, ce n'est point parce qu'elle est théorie, c'est parce quelle ne l'est pas assez, parce qu'elle ne fait pas entrer en ligne de compte tous les éléments du problème à résoudre ; c'est ce qu'on avoue du reste volontiers quand il s'agit des sciences proprement dites et de la technique qui leur correspond. Au contraire, quand il s'agit de la conception philosophique du devoir, on invoque contre elle toutes les sentences d'une prétendue sagesse qui ne veut connaître que l'expérience ; au nom d'observations empiriques, on vient faire la loi à la théorie qui a cependant en elle sa raison d'être et qui possède dans son concept fondamental sa garantie de réalisation ; car ce ne serait pas un devoir de se proposer un acte, si cet acte n'était pas possible à accomplir, entièrement ou par approximations graduelles".

Cette foi énergique dans l'efficacité pratique de la pure raison, dans la subordination obligatoire et même finalement inévitable des intérêts aux idées inspirait un peu plus tard à Kant, sur un thème qui lui était cher, son traité De la paix éternelle''. Cet « Essai philosophique » parut en lyqS

1. VI, p. 345, p. 34o-346. — Cf. Zum e^'igen Frieden, VI, p. ^27 sq.

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