‹ La philosophie pratique de KantChapitre 297 sur 361 · I. VU, p · texte numérisé non relu

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suivant laquelle une possession particulière peut être affectée à chaque personne sur le fonds commun. Mais avant que cette règle soit reconnue et surtout sanctionnée par la société civile, il faut qu'il y ait une prise de possession par les individus, et c'est cette prise de possession qui constitue l'acquisition originaire. Elle comporte trois moments : i" l'appréhension d'un objet; mais il faut que l'objet soit sans maître, autrement l'acquisition serait illégitime; 2° la déclaration que l'objet est en ma possession, et que par suite l'usage en est interdit à tout autre ; 3" l'appropriation considérée comme l'acte d'une volonté instituant en idée une législation extérieure universelle, par laquelle chacun est obligé de s'accorder avec ma libre volonté. L'acquisition originaire, c'est donc l'action du premier occupant, mais sous des conditions qui la régularisent et qui en font une propriété provisoire, destinée à se convertir par la société civile en propriété péremptoire. On ne saurait, comme le veulent certains, en chercher la justification dans le travail, puisque le travail suppose une occupation préalable. En tout cas ra.cquisition primitive, strictement définie, ne laisse en dehors d'elle d'autre mode d'acquisition légitime des choses que 1 acquisition par contrat ; et Kant dénonce à ce propos le « jésuitisme » de ces procédés de colonisation qui, sous prétexte d'apporter à des populations sauvages ou inférieures les bienfaits d'une civilisation plus haute, consistent à s'emparer des terres par la force ou par des achats fictifs'.

Le droit personnel ne comporte point d'acquisition originaire : je ne peux acquérir le droit d'aulrui quavec son consentement propre. Pour que l'objet qui est la propriété d'aulrui devienne ma propriété, il faut qu'autrui s'en dessaisisse et me le transfère. La forme régulière de ce mode d'acquisition est le contrat. Dans tout contrat il y a deux actes préparatoires, qui sont l'ofire et ragrément, et deux

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