II, p. A
3. Ilamann, à qui Kant a\ait adresse un exemplaire de son livre, lui faisait remarquer peu après qu'il y a contradiction à admettre une Providence dont les elTels ne se révèlent que dans le Tout, non dans les plus petites des parties qui servent à composer ce Tout. « Quand on allègue comme Rousseau un monde qui est le meilleur des mondes, et que l'on nie une Providence individuelle, atomistique, momentanée, on se contredit soi-même. » Brief\\echsel, 1, p. 38. Ailleurs, dans une lettre à Lindner du 12 octobre 1759, il jugeait ainsi la doctrine que Kant avait exposée : « Je ne comprends pas ses raisons... S'il valait la peine de le réfuter, j'aurais pu sans doute me donner la peine de le comprendre. Il se fonde sur le Tout pour juger du monde... Conclure du Tout aux parties, c'est conclure de l'inconnu au connu. Un philosophe qui me commande de regarder au Tout me crée une exigence tout aussi lourde que celui qui me commande de regarder au cœur dont il écrit : le Tout m'est aussi caché que ton cœur. » Ilaïudinis Wei-hc, Ed. Rolh, I, p. A91. — Lindner, au contraire, dans une lettre à Kant du 10/26 décembre lySg, adhère aux Considérations .sur l'optiniisnic. BrirfwechKel, I, p. 22.
!\. liorowski raconte que, quelques années avant la mort deKant, il lui avait demandé pour les communiquer à un ami les Considérations sur l'optimisme, que Kant, avec un sérieux solennel, lui répondit de ne jamais faire mention de cet écrit, de n'en donner à personne les exemplaires qu'il pourrait trouver, de les faire disparaître de la circulation. Darstellung des l.ebens und Cltaraklcrs Imn.anuel Kants, p. 5S-5(j note. Kant, du reste, s'était applique