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CniTlQUE DES CONCEPTS MORAUX 97
d'agir selon les principes de l'obligation : il sera bienfaisant de quatre degrés. Cependant l'action du premier a une valeur morale supérieure à celle du second. « Il est donc impossible aux hommes de conclure avec certitude le degré des intentions vertueuses des autres d'après leurs actions. Celui-là s'est réservé à lui seul le jugement, qui voit au plus profond des cœurs \ » Ainsi, dénonçant l'altération que fait subir à la moralité un rationalisme trop exclusivement logique, Kant restitue d'une part la réalité des oppositions morales et découvre d'autre part, comme le seul principe qui permette de qualifier la conduite humaine, Vinlention du sujet agissant.
Si Kant, dans son effort pour atteindre le réel à travers les déterminations de la pensée, oppose aux relations logiques un certain ordre de relations mathématiques, il n'oublie pas cependant que la perpétuelle tentation des métaphysiciens a été de modeler sur les mathématiques la connaissance philosophique, et il signale l'erreur qui vicie ces essais de rapprochement. Dans son Elude sur Vévuknce des principes de la théologie naturelle et de la morale^, il montre que les mathématiques possèdent leurs définitions à l'origine même de leurs démarches, parce quelles les établissent par voie de synthèse et de construction, tandis que la métaphysique ne peut posséder les siennes qu au terme de ses recherches, étant obligée pour les constituer de procéder à une analyse du donné. L'objet des mathématiques est donc aisé et simple par comparaison avec l'objet de la métaphysique. Par exemple, « le rapport d'un trillion à l'unité se comprendra très clairement, tandis que les philosophes n'ont pas encore pu jusqu'à aujourd'hui rendre in-