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lOO LA PIlILOSOPinE PRATIQUE DE KANT
posée comme absolue, hors de toute relation définie avec le sujet agissant \ l'idée de perfection ne peut constituer qu'un principe formel à la façon du principe d'identité. Elle est une autre façon d'exprimer qu'il y a en général une obligation morale, mais elle ne peut spécifier les obligations réelles. De même que des principes formels de nos jugements en matière de connaissance tliéorique rien ne sort, quand les principes matériels ne sont pas donnés, de même de la règle énoncée ne découlera aucune nécessité d'agir j)articulière, s'il ne s'y ajoute des principes matériels indémontrables de la connaissance pratique'.
Mais d'oii découleront alors ces derniers principes ^ Grâce à l'apparente détermination que l'on prêtait dans tous les sens possibles à des concepts indéterminés, il a paru naturel d'identifier sous le nom de raison la faculté de connaître le vrai et la faculté de discerner le bien. Mais du moment
I. On voit déjà, dans V Unique fondement possible d'une démonslralion de l'exisleitce de Dieu, comment Ivant, à l'cnconlre de l'école leibnizienne, incline à dépouiller le concept de perfection de son caractère ontologi(]ue et absolu pour lui attribuer avant tout un caractère pratique et relatif, u Dans toute la suite des raisons que j ai rapportées jusqu'à présent et qui sont requises par ma démonstration, je n'ai jamais mentionné le terme de perfection. Ce n'est pas qu'à mon sens toute réalité soit par cela seul l'équivalent de toute perfection, ou même que la plus grande harmonie en vue de l'unité la constitue. J'ai de sérieux motifs de m'écarter beaucouj) de ce jugement, qui est celui de bien d'autres. Ayant depuis longtemps institué d'attentives recherches sur le concept de perfection en général ou en particulier, je me suis aperçu que dans une connaissance plus exacte de ce concept, il se trouve cnvclopjié une infinité de choses, qui peuvent éciaircir la nature de notre esprit, notre propre sentiment, et même les concepts premiers de la pliilosophie pratique. — J'ai reconnu que le terme de perfection a sans doute dans quekjues cas, en raison de l'incertitude de toute langue, à souffrir des corruptions de son sens propre, assez grandement éloignées de ce qu'il exprime, mais que dans la signification que chacun considère principalement, même avec ces déviations, il suppose toujours un rapport à un être qui connaît et qui désire. » H, p. i33-i3^. — Dans VEssai sur le concept des quantités négntis-cs, Kant combat également la tendance à identifier perfection et réalité : « C'est toujours une grande méprise, quand on considère la somme de réalité comme identique à la grandeur de perfection. Nousavons vu plus hautque la douleur est tout aussi positive que le [)laisir ; mais qui donc l'appellerait une perfection ? » II, p. loo. — Précédemment, dans ses Considérations sur l'optimisme, Kant avait admis, coriforniémont à la doctrine ieibnizionno, l'équivalence des concepts de perfection ("I (le r.alilé. II. p. 38-3q.
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