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IIO LA PHILOSOPHIE PRATIQLE DE RAXT
lièrcs que nous pouvons faire un emploi juslemenl approprié de nos pcnclianls l)ienveillanls el achever de leur donner cette noble bienséance qui est la beauté de la vertu '. » Donc, pour Kant, le pur sentiment moral se reconnaît à ceci, qu'il est capable d'universalité dans sa foynule et dans son application, qu'il lie l'action humaine, même dans les cas particuliers, à des motifs généraux, qu'il tend à constituer un ordre général des volontés réciproquement unies. Cette aptitude active à l'universel est considérée ici comme une donnée irréductible de la conscience : Kant ne se demande pas encore si un sentiment par lui-même peut l'envelopper ou la produire, s'il ne la reçoit pas de quelque autre faculté plus intime ou plus haute.
En fait, peu d'hommes se déterminent par le sentiment moral universel, et c'est pour compenser cette faiblesse de la nature humaine que la Providence a implanté dans les cœurs ces penchants auxihaircs qui remplacent la disposition à la véritable vertu. Ce sont assurément de belles actions que les actions engendrées par la pitié et la complaisance ; et parce qu'elles sont le plus souvent exemptes de calcul, elles ont avec la vertu une parenté qui les autorise presque à en prendre le nom. Pourtant elles ne doivent être qualifiées de vertueuses que si Ion admet des vertus en quelque sorte adoptives, à côté delà vertu de filiation authentique. 11 y a môme, dès lors, des vertus plus extérieures et plus spécieuses ; ce sont celles qui résultent d'une simple déférence à l'opinion, et ([ui nous poussent à agir de façon à ne pas encourir le blâme ou même à mériter l'approbation d'autrui. Le sentiment qui les inspire est le sentiment de l'honneur : mobile puissant pour secouer notre paresse, nous inquiéter sur notre égoïsme, nous détacher des voluptés vulgaires, mais bien phis éloigné de la vertu proprement dite (pie la ])ilié et la coin])laisance : car ce qu'il exprime, ce n est pas la beauté des actions en elles-