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CRITIQUE DE LAÎS'CIENNE MÉTAPHYSIQUE l3l
connaissances si lointaines, vainement la sage simplicité crie que de si grands efforts sont inutiles ^ » L'inévitable conclusion de la pensée philosophique, dès qu'elle juge ses procédés propres d'investigation, dès qu'elle s'efforce de connaître, non pas seulement les objets, mais leur rapport à l'entendement humain, c'est de marquer plus étroitement les limites dans lesquelles elle doit se mouvoir. Comment la raison pourrait-elle dépasser l'expérience, alors qu'incapable de rien définir autrement que par le principe d'identité ou de contradiction, elle ne peut expliquer, par exemple, comment une chose donnée peut être cause d'une autre"? Qu'elle ne se plaigne pas au reste de ces invincibles ignorances, sans dommage pour les intérêts moraux qui sont les plus nobles mobiles de sa curiosité. « De même que, d'une part, on apprend à voir, par une recherche un peu plus profonde, que la connaissance évidente et philosophique, dans le cas dont il s'agit, est impossible, de même aussi, d'autre part, on sera forcé d'avouer, avec une âme tranquille et libre de préjugés, qu'elle est inutile et sans nécessité. La vanité de la science excuse volontiers son genre d'occupation sous prétexte d'importance, et l'on prétend communément en ces matières que la connaissance rationnelle de la nature spirituelle de l'âme est tout à fait indispensable pour assurer la conviction de l'existence après la mort, que cette conviction l'est à son tour pour fournir le mobile d'une vie vertueuse. Mais la véritable sagesse est la compagne de la simplicité, et comme chez elle le cœur commande à l'entendement, elle rend d'ordinaire inutiles tous les appareils du savoir appris, et ses fins n'exigent pas de ces moyens qui ne peuvent être jamais à la portée de tous les hommes. Gomment ! N'est-il donc bon d'être vertueux que parce qu'il y a un autre monde .î* Ou n'est-il pas vrai plutôt que les actions