LE PHÉNOMÉNISME
Comme la critique de la connaissance se meut dans un cercle inévitable, comme toute explication suppose des mots, des idées, des choses que Ton n^explique point, « il faut tomber droit au milieu de la raison et s'y livrer » *. Or le fait indéniable que le pyrrhonisme le plus radical accepte, le fait qui est l'évidence et la certitude, c'est que je pense.
Penser comporte une double opération. D'un côté la pensée distingue, sépare, considère à part ; d'un autre côté la pensée réunit, généralise, considère ensemble. La pensée opère l'analyse et la synthèse.
L'analyse et la synthèse de quoi ? Des sensations, des volitions, des affections, des corps, des minéraux, des végétaux, des animaux, des peuples, des astres, des mondes... en un mot, des choses. Un même caractère
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est propre à toutes les choses possibles, possibles pour nous, pour notre connaissance. Ces choses peuvent être représentées, elles peuvent apparaître. Si, en eflFet, nous ne nous représentions pas les choses, comment en parlerions-nous ? « La représentation est cela qui se rapporte aux choses séparées ou composées d'une manière quelconque, et par le moyen de quoi nous les considérons » *. Représentées, les choses sont des faits, des phénomènes.