‹ La Phlebite BlennorrhagiqueChapitre 7 sur 20 · PATHOGÉNIE · texte numérisé non relu

PATHOGÉNIE

La pathogénie de la phlébite blennorrhagique est diée à celle du rhumatisme blennorrhagique. Pour ce dernier, on se souvient de la belle discussion que souleva sa nature, à la Société médicale des Hôpitaux, en 1867, à laquelle prirent part Peter, Lorain, Fournier, Féréol. — Pour Peter, la blennorrhagie élait une maladie locale de l'urèthre : «il n'y a done pas, disait il, il ne peut y avoir de diathèse blennorrhagique ; la facilité de développement de la blennorrhagie :hez certains sujets, sa répétition, sa coïncidence avec l’arthrite ou lophtalmie, tiennent à la diathèse rhumaüsmale ; il nv a donc pas de rhumatisme blennorrhagique, mais une blennorrhagie, une arthrite rhumatismales. » Ceci montre bien le rôle du rhumatisme dans les manifestations articulaires de Pinfection gonococcique, auxquelles sont liées intimement les manifestations veineuses, mais à celte époque, de nombreux auteurs (Hirv, Profeta), soutenaient qu'il n'y avait aucune relation de causalité entre le rhumatisme et la blennorrhagie, les deux maladies étaient simplement coïnéidentes. Au contraire, Féréol avançait qu'il « existe une diathèse blennorrhagique, spéciale, analogue à la diathèse syphilitique sans lui être identique ; elle est acquise par le fait de linfection d'un catarrhe spécial des voies urinaires et génitales, blennorrhagie spécifique et constitutionnelle; elle peut

déterminer des arthriles ». Cette opinion a été confirmée el assise sur de fortes bases par des travaux ré-

cents, En 1882, Bouchard a classé les complications

articulaires de la blennorrhagie parmi les pseudorhumatismes, à côté des arthrites, de la. pyohémie, eLCRS | 5 Ce sont des décharges de matière phlogogène qui s'operent sur la jointure, et ici la matière phlogogène est le gonocoque ; or, on a trouvé précisément ce microbe dans les arliculalions atteintes.

De même, le professeur Tédenat a constaté deux fois sa présence dans la veine atteinte de phlébite blennorrhagique : la phlébite prend done place parmi des manifestations extra-génitales de la blennorrhagie ; le gonocoque peul se propager des veines de la verge, du vagin et de Purèthre, aux veines hypogastrique, illaque externe, fémorale et saphène interne : il peut aussi venir de larticulation atteinte, ou enfin être lancé dans la circulation générale et s'arrêter sur un point favorable à son développement, dans une veine par exemple,

SYMPTOMATOLOGIE

ae ‘ Le 2

Les symptômes de la phlébite gonococeique sont

: généraux et locaux : les premiers sont plus où moins

marqués, et dépendent également de l'arthrile con-

comitante et de la blennorrhagie elle-même.

Tantôt la fièvre fait défaut, l'appétit est conservé, le malade ne maigrit pas, son élat général ne présente rien d’anormal, tantôt au contraire, la fièvre est vive. a Pa ya du malaise, de Finsomnie, de la céphalalgie, des troubles digestifs, anorexie, nausées, vomissements, symptômes qui'dénotent un état infectieux bien mar-

1 qué.

Les symptômes locaux sont généralement très nets :

Le premier est la douleur, d’abord vague, diffuse et plus ou moins accentuée ; elle est spontanée, mais est augmentée ‘par la pression ; puis elle se localise le

long du vaisseau affecté, Au palper, on sent le long du membre sur une longueur Variable, un cordon induré, arrondi plus où moins net, qui indique le {trajet de la veine, lequel du reste est souvent dénoncé par une lrainée rose-sur fa Rep peau

L'œdème est fréquent, sans êlre cependant cons-. tant ; il est tantôt mouû, tantôt dur et apparait soit au niveau du segment de membre affecté, soit à l'extrémité, aux malléoles. Les mouvements du membre sont

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