LE STD
7-8. On définit couramment le Stod comme une occlusive glottale, ce qui ne correspond qu’exceptionnellement à la réalité. En fait, il s’agit, dans la plupart des cas, d’une fermeture fort imparfaite des cordes vocales qui aboutit à ce que M. Uldall appelle « a
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glottal roll » (Reader, p. 1x). Ce n’est que dans les mots prononcés avec une vigueur particulière, et surtout à la finale absolue, qu'on à véritablement aflaire à une occlusion (cf. Jespersen, 6-2-2 note). Si, de ces deux variantes à la fois combinatoires et stylistiques, on retient surtout la réalisation occlusive, on pourrait être tenté de voir dans le Stod un phonème. C’est évidemment ce que suggèrent les transcriptions phonétiques du danois, où le signe qui désigne le Stod apparaît dans les mêmes conditions que ceux qui désignent les phonèmes ! : le mot transcrit al’ semble présenter trois phonèmes, a, L et”. Si ces habitudes typographiques ne sauraient guère induire un Danois en erreur, elles risquent d’obscurcir aux yeux de l'étranger la nature véritable du Stod.
Si, au contraire, on considère le Stod comme un mode particulier des vibrations de la glotte, on a plus de chances de s'approcher de sa réalité phonologique. Le Stod est proprement une affection particulière qui atteint la partie finale de certains supports syllabiques (Silbenträger). Il convient tout d’abord de déterminer si le Stod à ou non une valeur phonologique. Une fois sa valeur phonologique reconnue, on passera en revue les raisons qui font qu'il n’est pas possible de le considérer comme un phonème du danois ?.
1-9. Rappelons d’abord que le Stod a une valeur différenciative, ce qui n’est pas le cas du fester Vokaleinsatz allemand avec qui on le compare fréquemment : le fester Vokaleinsatz apparaît dans le parler du même sujet toutes les fois que se trouvent réalisées certaines conditions phoniques ; l'apparition du Stod au contraire, si elle suppose des conditions phoniques particulières, ne résulte pas nécessairement de la réunion de ces conditions. En d’autres termes, le Stod peut être le seul élément qui distingue deux mots par ailleurs homonymes : par ex. Aanden [änon] « l’haleine »/Aanden [än’on] «esprit», ex Æun [hun] «une femelle »/en Hund |hun'] «un chien », Staden [sda:don] « l'emplacement »/Staden [sda.”don| « la ville », Skallen [sgalon] « le rotengle » (un poisson)/Skallen [sgal’on] « la pelure, la coquille », etc. *.
4. À noter que M. Uldall, qui, de toute évidence, n’est pas dupe de sa classification, range le Stod parmi les consonnes (ibid.).
2. Les arguments qui suivent ont déjà été exposés par l’auteur dans un article du BSL (104, p. 53 et suiv.) qui résumait une communication faite à la Société de linguistique de Paris. |
3. On pourrait, en cherchant un peu, étendre considérablement cette liste,
7-10. A l’appui de l'opinion déjà exprimée, selon laquelle le Stod ne saurait être rangé parmi les phonèmes consonantiques, 1l faut citer le fait que les sujets parlants ont rarement conscience de son existence. Ceci peut tenir certes à ce que l'orthographe ignore complètement le Stod et il n’est pas dit que ceci ne cesserait pas si, un jour, on s’avisait de noter régulièrement le Stod dans la graphie. Il est vrai qu'on n'a jamais considéré que ce fût nécessaire, et on pourrait voir là une indication du fait que le Stod n’est pas un phonème. Mais, pour qui connait les tendances nettement conservatrices de l'orthographe danoise, il n’est pas difficile d’expliquer l’absence de notation du Stod comme un héritage de Pépoque où il n'existait pas encore (cf. BSL 104, p. 56).
17-11. Le sujet parlant qui a pris conscience de lexistence du Stod, parce qu'on lui a fait remarquer, par exemple, que « lhaleine » ne se disait pas tout à fait de la mème façon que « l’esprit », emploiera volontiers deux expressions assez caractéristiques : 1] appellera ce phénomène Stodtone, c’est-à-dire « ton heurté », ce qui montre bien qu'il ne le conçoit pas comme un phonème consonantique ; lorsque, par une observation dont peu de gens sont capables, il a déterminé dans quelle partie de la syllabe se trouvait le Stod, il ne dit pas, comme le phonéticien', qu’il se trouve après ou avant un son donné, mais dans ce son, ou dans le son précédent. Le Stod est done senti comme faisant partie d’un phonème, et ceci ne devra pas être perdu de vue lorsqu'il nous faudra établir sa vraie nature phonologique.
7-12. On peut encore tirer argument du manque de résistance du Stod : il disparaît
1° lorsque la syllabe qui le contient se trouve en position faiblement accentuée : ainsi le mot kan présente le Stod dans la phrase Jeg kan « je sais faire », mais le perd dans eg kan svemme « je sais nager », sfaar a un Stod dans je staar « je me tiens debout »,
Aussi, notre affirmalion (BSL 104, p. 53) au sujet du faible rendement fonctionnel de l’opposilion Stod/non-Stod, demanderait sans doute à être nuancée comme suil : étant donnée la grande fréquence du Stod en danois, on pourrait ou à une plus large opposition fonctionnelle de l’opposition Stod/non-
{od.
4. Cf. toutefois Arnbholiz-Reinhold, p. 21 et suiv. Ces deux auteurs considèrent que le Stod est effectivement dans la voyelle ou ja consonne ; cf. ci-dessous $ 7-22.
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mais n’en à pas dans /eg staar op «je me lève » ; on explique de même façon la prononciation différente des deux mots Mand man’ « homme » et man man « on », aujourd’hui indépendants. Toutefois, on pourra faire remarquer que, par ex. dans le mot kan, le Stod n’est pas le seul élément qui disparaît lorsque le mot est faiblement accentué, puisque ce mot prend alors généralement la forme ka, et que, puisque le phonème n peut disparaitre, la disparition du Stod ne saurait prouver qu'il n’est pas un phonème ; 2° dans le chant, où il n’y a pas d'exemple qu’un phonème consonantique disparaisse de façon constante, mais où un certain nombre de phénomènes qualifiés de prosodiques, comme l'accent, le ton, ou la coupe syllabique, ont tendance à s’oblitérer. Or, il n’est pas certain qu’il soit, pour un chanteur, beaucoup plus difficile de prononcer une occlusive ou une spirante glottale que n’importe quel autre son consonantique : beaucoup d’Allemands conservent lorsqu'ils chantent le fester Vokaleinsatz qui n’a pourtant aucune valeur phonologique. Les Danois eux-mêmes conservent les Stod dans la chanson bien connue « Den Gang jey droq af Sted... » qui se chante sur un rythme vif et décidé. Ce qui est vraisemblable c’est que, dans ce cas particulier, on se permet de rompre avec une tradition qui remonte à l’époque où le Stod n'avait pas encore remplacé les tons primitifs (cf. BSZL, ibid.).
17-13. L’argument décisif, parce qu’il est proprement phonologique est que, dans une syllabe donnée, le Stod ne peut se trouver qu'à un seul endroit et que, par conséquent, à l’intérieur de la syllabe, la place du Stod n’a aucune valeur phonologique. En effet le Stod se rencontre dans les conditions suivantes : après voyelle phonologiquement longue ou après les groupes voyelle brève + consonne continue sonore. La place du Stod dans la syllabe sera donc toujours déterminée par la quantité phonologique de la voyelle.
Il est vrai que sur la quantité des voyelles qui sont suivies directement du Stod, tout le monde n’est pas d'accord : phonétiquement la durée de ces voyelles semble être nettement moindre que celle de la voyelle longue correspondante ; phonologiquement, la question peut paraître ne pas se poser en termes de quantité, puisque le Stod distingue à lui seul la voyelle qu’il suit des longues et des brèves ordinaires.
7-14. Pour M. Uldall, Proceedings, p. 55, il y aurait dans ce
cas neutralisation (M. Uldall dit « implication ») de la quantité ; toutefois, lorsqu'en certaines circonstances, en composition par ex., le Stod disparait, il serait possible d'attribuer à la voyelle en question une quantité « phonématique » longue ou brève: ainsi, la voyelle de Ben « os » [be.'n| serait « phonématiquement » longue, parce qu’elle est longue dans Benhnap « bouton en os » [be:nknap|, tandis que celle de 6/y « plomb » [bly.’] serait brève parce qu’elle est brève dans Zlyhnap «bouton de plomb » [blyknap|].
Dans ce cas, il faudrait voir dans le w de Aus « maison » [hu.s] une voyelle brève, puisque la première voyelle de Æusdyr « animal domestique » est brève (cf. ci-dessus $ 2-27), ceci en dépit du pluriel Æuse où la voyelle est longue. Mais quelle longueur attribuer au e de Ske « cuiller » qui est bref dans Skefuld « cuillerée », mais long dans Skeskaft « manche de cuiller », ou encore au u de gul « jaune » [gu.’1| qui est bref dans Gulsot « jaunisse », mais long dans Gulhed « qualité de ce qui est jaune » ?
7-15. En fait, comme nous l’avons vu ci-dessus, $ 2-27, on a réellement, dans tous ces mots, affaire à un abrègement de la voyelle en composition, exactement comme dans Farbroder « oncle » (frère du père) le a de Far « père » a été abrégé. Si la tendance à l’abrègement n’a pas abouti dans tous les cas c’est, sans doute au moins en partie, pour éviter certaines confusions (Ben-, en s’abrégeant, se confondait avec Bind-; cf. également ci-dessus f'od- et Foged-, Raa- « chevreuil » et ARaa- « vergue »); d’autres facteurs, comme la nature plus ou moins intime des composés, où comme leur plus ou moins grande fréquence, ont dû également jouer un rôle. En tout cas, cette tendance à l’abrègement ne saurait modifier en rien notre opinion que les voyelles suivies du Stod appartiennent toutes au même type phonologique, et que, non seulement nous n’avons pas affaire à une neutralisation de la quantité, mais que les voyelles suivies du Stod sont un type parüculier de longues et ne s'opposent phonologiquement aux voyelles brèves qu'en conjonction avec les longues ordinaires.
17-16. A l’appui de cette thèse, on peut faire valoir tout d’abord que le timbre des voyelles suivies du Stod est le même que celui des voyelles longues, et, de ce fait, difière parfois très sensiblement de celui des brèves correspondantes : ainsi le timbre de aa dans Maal [mä1[ « mesure » est le même que dans maale [mä:lo|
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« mesurer », mais diffère nettement de celui de aa dans Maaltid [moltid| « repas » ; le a palatal de Sag [sa.’q] « chose » et de Saga [sa:ga] « saga » s'oppose à la voyelle moyenne de saglig [saqli] «objectif », ete.
1-17. Par ailleurs, comme on l’a déjà signalé ci-dessus, il se trouve que, lorsque le Stod suit une consonne, la voyelle qui précède est toujours brève. Or, il y a des positions où la quantité vocalique se neutralise de telle façon que les réalisations peuvent être aussi bien longues que brèves ; il s’agit de la position des voyelles devant les groupes r + nasale (cf. ci-dessus $ 6-18): ainsi hornet « cornu » se prononce également bien avec [o] ou [o:] ; lorsque la syllabe présente le Stod, on trouve également deux réalisations : une avec [ol] et l’autre avec [o.’]. Il est évident que [hor’ned] (— Æornet « la corne ») est la réalisation avec Stod de [horned] (— hornet « cornu ») et que [ho.’rned]| (— Æornel) est celle de [ho:rned]| (— Aorneë).
1-18. Il y a un troisième argument qui tend à prouver que voyelle + Stod est en danois normal (Hojdansk) une forme particulière de la longue correspondante : dans certains dialectes jutlandais, le Stod se rencontre aussi bien après voyelle brève qu'après voyelle longue (cf. Jespersen, 44-5), et bien des Jutlandais emploient, lorsqu'ils parlent la langue commune, un Stod après une voyelle brève suivie d’une voyelle autre que 9; exemples: af os [a’ às] « par nous », /ad os [la’ äs] (ang. «let us... »), etc. Outre que ce Stod n’a pas de valeur phonologique, et que la voyelle ainsi pourvue est simplement une variante combinatoire de la brève correspondante, cette prononciation garde encore un cachet dialectal trop net pour que nous puissions en tenir compte ici. Mais il est intéressant de noter, comme le fait M. Jespersen, que le [a] de af est, dans ce cas, nettement plus bref que celui du nom de la lettre & [a.’] par ex. Aussi M. Jespersen, dans sa transcription, fait-il toujours suivre le signe des voyelles pourvues du Stod en danois normal, non seulement de l’apostrophe qui désigne le Stod, mais également du signe de la longue. Dans la transcription phonétique adoptée ici, nous marquons les voyelles suivies immédiatement du Stod comme des réalisations mi-longues ([a.’] avec un seul point, à côté de [a:]). I semble bien en effet que ce qui est proprement [0] dans une forme [ho.’rn| est réalisé normalement moins long que le son correspondant dans [ho:rned], mais plus long que dans [hor’n].
7-19. Nous ne saurions donc accepter l'opinion de M. Uldall selon laquelle il y aurait, devant le Stod, neutralisation de la quantité vocalique, et nous résumerons ainsi nos conclusions: dans une syllabe donnée, le Stod, si les conditions phoniques nécessaires à son apparition se trouvent réunies, ne pourra se trouver qu’en une seule position, déterminée par la nature du vocalisme de cette syllabe : immédiatement après la voyelle, si celle-ci est longue; sinon, immédiatement après la consonne qui suit la voyelle. Si la quantité de la voyelle varie, la place du Stéd variera également: on à déjà vu [ho./rn] et [hor’n] ; on peut ajouter se/o « même », qui tantôt se prononce {st.1], tantôt [sæl |. Il est évident, dans ces conditions, que le Stod ne pourra, par la place qu’il occupe dans la syllabe, servir à distinguer entre des mots par ailleurs homonymes.
7-20. On a vu ci-dessus, $ 7-13, que le Styd ne se rencontre pas après n'importe quelle consonne, mais uniquement après des continues sonores. Les continues sonores du danois sont: v, d, j, q, r, 1, m, net. La plupart de ces phonèmes connaissent des réalisations sourdes (cf. Jespersen, 6-4), mais en général en des positions telles qu’elles ne peuvent nous intéresser ici. Le phonème r, cependant, qui est toujours sourd à la finale absolue après voyelle brève, et, dans le parler de bien des gens, devant f, s et les p, {, k de l’orthographe, est souvent, de ce fait, incapable de “recevoir le Stgd que certaines circonstances, comme le monosyllabisme ou le type de composition, pourraient laisser attendre : c’est ainsi qu’on trouve forkorle « abréger », sans Stgd après le second r, tandis que fortolke «expliquer » a un Stgd après le 1, comme il est normal dans le second élément d’un verbe composé de ce type. Il est à noter toutefois que le mot Var « fou » (de l’'all. Warr) se prononce avec le Stgd, mais que pour permettre son apparition, il y a, soit allongement de la yoyelle, soit sonorisation de la consonne, d'où les prononciations [na.’r] ou [nar’|, si bien que la règle, selon laquelle le Stgd n’apparaît qu'après sonore, garde sa valeur absolue.
Nous n'avons naturellement pas à envisager ici les règles de l'apparition du Std en danois; qui ressortissent à une étude diachronique ou morphologique de cette langue. Notons toutefois qu'à la finale absolue le Styd est rare après d et inconnu après q.
7-21. Le fait que le Stgd n’atteint que des sonores est très signi-
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ficatif : il suggère que les sonores que suit le Std font, en fait, partie du support syllabique (Silbenträger) ou noyau sonant de la syllabe, et que, prosodiquement parlant, on a en danois un nombre considérable de diphtongues à second élément, v, d, j, q, r,l, m, net 1, et à premier élément bref. Le danois est donc à considérer comme une langue à mores (Morensprache; cf. Trubetzkoy, Anleitung, p. 25) et l’on doit y distinguer entre des noyaux sonants à more unique, représentés par les phonèmes vocaliques brefs lorsqu'ils ne sont pas suivis d’une continue sonore, et des noyaux sonants à deux mores, tantôt toutes deux de même nature (exemples : les phonèmes vocaliques longs, 1, &, æ, etc., ou les diphtongues iv, id, ete., ev, ed, ete., dans des syllabes que n’atteint pas le Std), tantôt la première de nature vocale (voyelle ou voyelle + sonante) et la seconde de nature particulière (le Stgd) ; ces derniers sont représentés par les voyelles longues et les diphtongues dans les syllabes qu’atteint le Stgd. Il faut noter que les groupes voyelle brève continue sonore ne forment diphtongues qu’à la finale et devant consonne, », ou i bref final. Devant voyelle pleine, accentuée ou non, la succession syllabique se relâche (cf. ci-dessus, $ 2-33). Ces groupes deviennent hétérosyllabiques, et il ne saurait naturellement plus être question de diphtongues. Exemples: PBajads « bouffon » ba-'jas, Skavank Qinfirmité » sGa-"van, Æamel « chameau » ka-"mel, anal « canal » ka-°naäal, £7a (forme hypocoristique du prénom Æyvind) 'a-ja, les prénoms U{/a ‘u-la, Emma ‘æ-ma, Anna ‘a-na, etc.
7-22. MM. Arnholtz et Reinhold, ÆEeinführung, p. 21 et suiv., conçoivent différemment la complexité du noyau sonant atteint par le Stgd. L’étranglement glottal se produit normalement selon eux, non pas à la fin d’une sonante ou entre une sonante et la consonne suivante, mais à l’intérieur de cette sonante. Ils transcrivent en conséquence [#9] et [all] ce que, jusqu'à eux, on représentait au moyen de [9°] ([g.’]) et de [al]. Ils sont partis du fait que, dans le parler soigné (bei normal gepflegter Rede), il n’est pas rare de trouver après le Stgd un souffle qui, passant à travers des organes dont la position n’a pas encore été modifiée, apparaît naturellement comme un reflet du son qui précède. Il arrive parfois que cet appendice acquière une certaine sonorité, ce qui a suggéré aux deux auteurs la transcription indiquée ci-dessus. 5
Cette transcription, même dans les cas où l’on perçoit un appen-
dice sonore après le Stod, parait présenter de graves inconvénients : elle donne le même relief à deux éléments qui, phonétiquement, sont d’une durée et surtout d’une constance très diftérentes. Il n’arrive jamais, en effet, que toute la voyelle se trouve après le Stod, tandis qu'il est fréquent que l’étranglement du Styd coïncide avec la fin du noyau syllabique.
IL semble que ce sont des raisons phonologiques qui ont conduit MM. Arnholtz et Reinhold à recourir à cette transcription : c’est la conception phonologique (il s’agit déjà d’une interprétation des faits phonétiques, dans le cadre du système de la langue) des phonèmes, ou plus exactement des noyaux syllabiques, atteints par le Stéd, comme des complexes à deux mores (zweigipflig) qui conduit à une transcription comme [am'm} (cf. Æinführung, p. 24). Comme il semble que, pour MM. Arnholtz et Reinhold, une more ou sommet (Gipfel) ne saurait être représentée que par un son vocalique, ils sont conduits, pour soutenir leur conception, à faire, d’un appendice fugace et inconstant, une caractéristique essentielle du noyau sonant atteint par le Stgd. Une conséquence de cette interprétation est que le Stgd proprement dit est réduit au rôle de frontière, c’est-à-dire en quelque sorte de ligne idéale, entre les deux mores du support syllabique, ceci bien que, dans tous les cas, le Stgd soit objectivement d’une intensité et d’une durée bien supérieure à ce qui parfois peut le suivre.
1-23. Il semble beaucoup plus conforme à la réalité observable d'admettre que, dans les noyaux sonants atteints par le Stgd, tandis que la première partie (ou more) se développe sans encombre, la seconde partie, ou seconde more, prend un caractère particulier du fait d’une augmentation du resserrement des cordes vocales. Peu importe phonologiquement le degré de la compression de la glotte et le bruit étranglé ou l’absence de bruit qui en résulte, car la première more indique suffisamment la nature du timbre, ou des timbres successifs du noyau sonant de la syllabe. Il est bien évident que, là où Pocclusion glottale n’est pas atteinte, le « glottal roll » sera teinté différemment, selon le son qui précède, que le Stgd de [a] n’est acoustiquement pas le même que celui de [o.’], et qu'un appendice, sonore ou non, ne saurait, là où il existe, ajouter quoi que ce soit à la valeur phonologique du support syllabique.