FINALE
6-14. Tous les phonèmes vocaliques danois sont susceptibles de se trouver à la finale, accentuée ou non, # ne se rencontrant naturellement que dans des syllabes tout à fait atones. Toutefois il est certains d’entre eux pour lesquels on ne trouve pas de réalisation en cette position. Il faut ici, parmi les voyelles longues, distinguer entre celles qui sont interrompues par le Stod (cf. ci-des-
sous $ 7-8 et suiv.), et celles qui ne connaissent pas cette interruption. Les premières, très fréquentes à la finale, sont toutes représentées : Bt «abeille », Le « faux », Læ «abri», af [a], adverbe indiquant l'éloignement, y « gloire », He « foin », ru « rêche », Ro « repos », Aaa « chevreuil ».
Les secondes ne le sont, au contraire, que fort imparfaitement : lagde [la:] « posa », jo j0, à côté de "6, « si » (all. doch), les exclamations b@, aa, fy, ete. Ces mots, à l’exception du premier d’entre eux, appartiennent à des catégories lexicales où les aberrances phonologiques sont fréquentes, et il est dangereux de tirer argument de leur forme lorsqu'on établit le système phonologique d'une langue. Dans ces conditions, on doit sans doute interpréter phonologiquement lagde et la forme parallèle sagde « disait », respectivement comme lao et sao (cf. les prononciations fréquentes et parfaitement correctes [bru:}, [si:| au lieu de [bruo] et [si] pour bruge «employer » et sige « dire! », et énoncer que le danois ne connait normalement à la finale comme voyelles longues que celles qui recoivent le Stod.
Les phonèmes vocaliques brefs sont mieux représentés, sans être toutefois vraiment fréquents et tous réalisés. Exemples : ve «nous », det de « cela », med mæ « avec », da « alors », fy fy, ou fy, « fi donc », du «tu, toi », saa « ainsi » ; cf. encore le dissyllabe endnu e'nu « encore » (cf. ci-dessus $ 2-34).
Tous les mots examinés jusqu'ici présentent une voyeile finale accentuée. Dans les syllabes qui ne portent pas l’accent principal du mot, il en va à peu près de même : les longues à Stod sont bien représentées, surtout comme voyelle d’un second élément de composition : Æumlebi « bourdon », indse « reconnaitre », Pæretræ, « poirier », antag an ta « admets » (impératif), Rogsky « nuage de fumée », /ndso « lac », Omlhu « sollicitude », utro « infidèle », Tobakskraa « chique ».
Les longues sans Stod des mots #ndlagde enlä « inséra » et opsagde ässä « résilia », sont sans doute à interpréter phonologiquement comme à 9.
Pour les brèves, on a la plupart des mots déjà cités ci-dessus qui peuvent s’employer avec et sans accent. À noter encore des mots
1. Le nom Brahe se prononce également bien [bra:] et [bra:] (cf. Jespersen 6-5-1, note). Dans la phrase Noglen er af « la clef a été retirée », le dernier mot se prononce [a:]. Pour ce mot, M. Jespersen propose la graphie ae qui se trouve être à la fois élymologique et phonologique (cf. 8-5-2, Anm.).
comme Lordag lorda « samedi », ædru ædru « à jeun », ft fini « diligent », Otto, nom propre, Toddy täpi et la prononciation orthographique concurrente tädy « grog », ete. Il est à noter que, dans les polysyllabes, on ne rencontre pas e, æ, 6, ü, et à à la finale inaccentuée. En position atone ces voyelles centrales semblent avoir abouti à 9 (ogsaa àso « aussi », stor paa det ‘sporpàro « cräneur », etc.); 1l n’est pas facile de déterminer jusqu’à quel point ces changements appartiennent déjà à la phonétique historique.
6-15. Le danois connaît à la finale les consonnes B, D, G, f,s, v, d,}, q, r, 1, m, n, n. En cette position, les sons [p}, [t] et [k] sont des réalisations particulières de B, D et G.
Les phonèmes finals v, j, r, 1, m,n, 1, peuvent, après voyelle brève, être interrompus par le Stod (cf. ci-dessous, $ 7-8 et suivant) ; q ne reçoit jamais le Stod lorsqu'il est final ; d ne le connait dans ce cas que dans certains impératifs et dans quelques rares formes où la voyelle, longue d'ordinaire, peut s’'abréger et devenir de ce fait inapte à conserver Le Stod ; ex. : led, « mou », ‘blüd ou ’blod; cf. toutefois, Sted, ’spod ou snrod, où l’étranglement glottal disparaît lorsque s’abrège la voyelle. Toutes les combinaisons de phonèmes qui se présentent avec le Stod « dans » une consonne, sont toujours réalisables sans Stod. C’est pourquoi nous nous contentons, ici comme ci-dessous, d'indiquer pour chaque position quelles sont les consonnes que le Stod peut atteindre.
Exemples de consonne finale pour chacun des phonèmes en cause : Top làs « sommet », Æat han « chapeau », Suk soc « soupir », Straf spraf « punition », Æs æs « as », Lov läv «permission », Skov ’séäv [sgou’| « bois », Blad blad « feuille », Jeg jaj «je, moi », Ve ’vaj [var] « chemin », dog däq « cependant », Æar kar « récipient », Var ’nar [nar | « imbécile », Skel scæl « limite », véld ‘vil [vil] « sauvage », om àm « si » (all. ob), Lam ‘lam [lan] « agneau », man man «on », Mand”man [man] « homme », Salon sa'län « salon », Ælang ’klan [klar’] «son ».
Dans les exemples qui précèdent, la voyelle qui se trouve devant le phonème consonantique final est brève. Ceux qui suivent présentent dans cette même position une voyelle longue: Æob ’hôs « tas », Æ4 ’æp « extraction », Æg ‘’æc « œuf », Chef ’sjæf «patron », Los ‘ros « louange », Brev ’brev « lettre », Hud”hud « peau », Flag ‘faq « drapeau », Æor ’kôr « chœur », Haal "mal
«but », Atom a'tôm « atome», aan ‘hàän « mépris ». Les combinaisons phonème vocalique long +] ou n sont impossibles en toute position.
GROUPES CONSONANTIQUES FINALS.
6-16. On retrouvera dans le tableau ci-dessous les différentes combinaisons de deux phonèmes consonantiques qui se rencontrent à la finale. Il s’agit bien entendu de groupes finals de mots, contenus dans le même morphème. Des exemples de ces finales sont énumérés ci-après et rangés en tenant compte du second élément de la combinaison.