TABLEAU DES GROUPES DE DEUX PHONÈMES CONSONANTIQUES A LA FINALE
2* élément B: Besp biss « évêque », skarp scar « aigu », Hjælp ‘jæls «aide », Damp ‘dame « vapeur ».
2° élément D: Agf ac « attention », Gift gifn « poison », Hest hæsp « cheval », Slojd ’släjn « travail manuel », Lægd ‘læqp « circonscription de recrutement », Vært værn « hôte », Filé ln « feutre », Amé ‘amp « département », Ælint ‘flenr «silex », Punkt’ponn «point». Les formes skabt scarn «créé », tabt tan « perdu », raabt rägp « crié » qui présentent le groupe
-BD (en italique sur le tableau) sont composées de deux morphèmes scas-p, tag-b, räs-b, mais comme les morphèmes sGag-, taB- et râB- n'existent pas indépendamment des formes citées, on a cru bon de signaler le groupe -BD parmi les combinaisons finales danoises.
2* élément G: rask ras& «en bonne santé », Sheïk ’sjaja (mot d'emprunt), Ark arc « feuille (de papier) », Folk '’fäle « peuple », Hank ’hang « anse ».
2° élément f: Skærf scærf ou sjærf « écharpe », Af ’alf Celfe », Trumf ‘’tromf « atout », Genf ’gænf, à côté de Genève. Ces combinaisons étymologiquement étrangères, et parfois encore senties comme telles, sont rares. Dans certains impératifs on trouve la finale -jf: s/o7f ’släjf « rase », strejf 'sprajf « effleure ».
2° élément v: Arv’arv « héritage », Ulo ’ulv « loup ».
2° élément s: Æ16s res « groseille (en grappe) », Skyts saops « l'artillerie », As ags « épi », Snavs ’snavs « saleté », Mas ’majs « maïs », Vers værs « strophe », als ’hals « cou », vims ’vems «sémillant », Dans ‘dans « danse », gængs ’gærns « général, fréquent ». Le phonème s servant de désinence de génitif, on rencontre naturellement -fs, -ds et -qs, mais toujours à la suture morphologique.
2° élément d: le groupe -jd se rencontre uniquement dans l'impératif arbejd ar’bajd « travaille » (également ar’bajp).
2° élément j: le groupe -sj qui se réalise généralement sous la forme d’un son unique faiblement chuintant, se trouve à la finale de certains mots étrangers qui sont de ce fait sentis comme tels. Exemple : Douche dus).
2* élément q: Sorg ’sàrq « souci », Fælg ’fælq « jante ».
2e élément r: l'orthographe qui distingue la finale de snæver «étroit» de celle de Seyr « victoire » pourrait faire croire que, tandis que le groupe final -vr est irréalisable en danois, la combinaison -jr n’est pas inconnue. En fait, l’r consonne final est si exceptionnel en danois ailleurs qu'après voyelle brève (un mot comme Mor où le o est long, se prononce normalement avec un r voyelle), qu’une prononciation avec un r consonne dans Sejr ou Tojr « longe » est sentie comme artificielle, et que normalement Lejr « camp » est, au Stod près, un homonyme de Lejer « locataire ». Phonologiquement ces mots sont respectivement ’sajor, ’täjor et ’lajor.
2e élément 1: Aw/ ’avl «élevage », Segl’sajl « sceau », Hagl
haql « grêle », Jarl'jarl ou ’jarl. Dans les rares mots en -rl, la quantité de la voyelle précédente est variable (ef. la neutralisation devant les groupes -rm et -rn).
9e élément m: Orm ‘Orm «ver », Aalm ‘halm « paille ». Une forme comme l'impératif radm ‘rodm « rougis » est sans contredit en marge du système phonologique danois, tout comme Ælapr et snubl cités ci-dessus, $ 6-8. Devant le groupe -rm, se neutralise l'opposition de longueur de certaines voyelles ; les réalisations sont longues ou brèves indifféremment, d'où la transcription ’Orm.
2 élément n: Æavn ‘havn «port », Degn ‘dajn « sacristain », Agn ‘aqn «amorce », Barn ‘barn « enfant ». Ce qui vient d’être dit de la forme rodm vaut pour les impératifs qui présentent les groupes finals -sn, -dn et -In. Devant le groupe -rn, se neutralise l'opposition de longueur de certaines voyelles dans les mêmes conditions que devant le groupe -rm, d’où la transcription ’barn.
6-17. Ailleurs qu’à la suture morphologique, le danois présente relativement peu de groupes finals de plus de deux consonnes.
Groupes à finale -sp, -asp, -vsp, -jsp, -rsp, -Isp, -msp, -nsp, -rsp, dans les mots T'akst taasp «taxe », Provst ’prävsr « doyen », T'ejst ’tajsn « urie » (espèce d'oiseau), ferst fürsp « d’abord », Svoulst ’svulsp « enflure », Blomst'blämsp « fleur », Kunst ’konsp çart », Hingst hernsp «étalon ».
Groupes à finale -s@ : il s’agit, dans la plupart des cas, de finales d’adjectifs formés à l’aide du suffixe -sk (cf. all. -2sc4, ang. -2sh). Ce suffixe reste très productif (ex. /eningradsk, de Leningrad). Là même où 1l ne s'ajoute pas à une forme existante, dans dansk « danois », fransk «français », #ysk « allemand », par ex., on ne peut pas dire que les sujets parlants aient perdu conscience de sa valeur suffixale. En se limitant à ce dernier cas, on peut citer comme finale en -s@: -rs@, -Is&, -msG, -ns@, dans les mots fersk færsa « frais », falsk ‘false « faux », lumsk ’loms& « sournois », dansk ”dans& « danois », etc.
Groupes à $ final : -res dans le mot Korps « corporation », -rns dans Ærts ærns « minerai », -vns dans le nom propre Stevns ’spævns « Etienne », -rjas dans Sfinks ’sfenas (à côté du plus fréquent ’svens) « sphinx ». Bien d’autres combinaisons finales qui ne paraissent possibles aujourd’hui que lorsque leur dernier élément est l’s du génitif, pourraient demain, par le hasard d’un emprunt, devenir parfaitement normales dans un seul et même morphème,
Groupes à D final: -Ien dans Mulkt ‘mule ou mul Camende », -n@n dans Punkt ’ponGn ou ’ponp, -rfo dans Værft værfp « chantier de constructions navales », -Ifn (ou -lvn ?) dans le rare Jælot « moitié » et le terme technique Tylvt « douzaine » (en parlant de planches), prononcé aussi ’tylp. La désinence neutre des adjectifs étant -D, il existe un très grand nombre de combinaisons de consonnes à finale D, qui n’apparaissent qu’à la suture morphologique.
Groupes à finale -sj : -psj et -rsj dans des mots étrangers comme Bridge bripsj ou March marsj « marche ».
Il est intéressant de remarquer que, si l’on écarte les mots en -sk dont le caractère monomorphématique est encore douteux, il n'y a, parmi tous ceux que l’on vient de citer, que trois termes qui soient étymologiquement danois ; les autres sont des emprunts faits à date plus ou moins récente au norvégien (Test) et surtout aux grandes langues de civilisation. Il est fréquent que ces mots soient les seuls à présenter les combinaisons en question; beaucoup d’entre eux sont rarement employés. Du point de vue de la conscience linguistique actuelle, la finale de plusieurs de ces mots rappelle encore plus ou moins leur origine étrangère.
En résumé, à l'exception des combinaisons en -sp et -s& dans des mots où le premier élément n’a plus d'existence indépendante, combinaisons dont la fixation dans la langue a été favorisée par l'existence des suflixes -s{ du superlatif et -sk de formation des adjectifs (cf. par ex. yngst superlatif de ung « jeune », mindst superlatif de /élle « petit», falsk, fersk, etc.), les groupes de plus de deux phonèmes consonantiques sont exceptionnels à la finale danoise. Ces groupes tendent à être éliminés (cf. ci-dessus les deux prononciations des mots Sfinks, Mulkt, Punkt, Tylvt) et cela, même à la suture morphologique, dans le cas des combinaisons à dernier élément D : le neutre des adjectifs god et flad est en -» et non en -dp comme il serait normal; les adjectifs qui se terminent par -sk ne prennent généralement pas la désinence neutre en -{ (et tysk Mærke « une marque allemande » ; cf. suéd. eét éyskt märke); cf. Jespersen, 16-7-4, où l’on trouve citées des formes théoriques et humoristiques comme aspshts, morphologiquement asp-slh-ts.
6-18. On a vu ci-dessus ($S 2-16 et 30 note, 4-1 et 10) que les” phonèmes j et n ne se combinent pas avec n'importe quelle voyelle
à LA PHONOLOGIE DU MOT EN DANOIS
précédente. Les autres phonèmes consonantiques finals sont tous susceptibles de se réaliser précédés de n'importe quelle voyelle, longue ou brève, même si l’on ne trouve pas actuellement dans la langue de mots qui les présentent. C’est le cas par ex. des finales en -if, -ôf, -àf, qui peuvent demain exister dans la langue, comme existe aujourd'hui -äf dans l'élément -graf des mots d'emprunt Typograf où Biograf « cinéma ». De même, la plupart des combinaisons voyelle longue + consonne finale ne se réalisent que dans des syllabes qu’atteint le Stod, sans pour cela que l’on doive considérer comme irréalisables ces combinaisons dans des syllabes sans Stod.
La plupart des combinaisons consonantiques finales énumérées ci-dessus ne se réalisent qu'après voyelle brève. Cependant, devant les groupes -rl, -rm et -rn, les voyelles À ou 0 sont indifféremment longues ou brèves selon les individus. On peut d'autre part trouver des phonèmes vocaliques longs devant les combinaisons finales suivantes : -rp dans fart’färp « vitesse », -rs dans frs ’firs « quatrevingt», -ps dans Disputats dissu’täns « thèse », -sp dans deux superlatifs qui n’ont pas de morphème positif de base : Jlest ’flesn Qla plupart » et mest ’mesp « la plus grande partie ». Il va sans dire que le nombre de ces combinaisons serait largement augmenté si on leur adjoignait celles qui naissent de la rencontre de plusieurs morphèmes (ex, -æln dans fæ/t, neutre de /æ£ « laid ».