ÉDITEUR DE LA BIBLFOTHÈQUE PHOTOGRAPHIQUE
Quai des Grands-Augustins 55. , ,
fûvoLA^
LA
PHOTOCOLLOGRAPHIE
Aujourd'hui, on peut dire que la PhotocoUographiç industrielle se fait généralement sur glace, ou, pour mieux dire sur dalle. On appelle dalle, une glace de Saint-Gobain d'environ i5™™ à 20°»™ d'épaisseur, ayant un côté poli et l'autre douci à l'acide. C'est celui-ci qui est destiné à recevoir la couche sensible. Les bords de ces dalles sont rabattus en biseaux pour faciliter leur passage sous le cylindre de 1» presse.
Ces dalles se trouvent dans le commerce prêtes à servir. Il suffît de les laver à l'eau et de les essuyer avec un chiffon propre. Quand elles sont neuves, elles n'ont pas besoin de subir un autre lavage.
Une dalle qui a déjà servi à une impression collographique peut servir de nouveau. C'est alors qu'elle doit subir un vigoureux nettoyage. Dans une cuve à rainures dont toutes les parois sont recouvertes d'une feuille de plomb, je verse lo^'^ d'eau et j'y dissous S'^k de potasse d'Amérique. Je mets la glace dans cette solution et je l'y laisse un temps indéterminé, huit jours, quinze jours, suivant les besoins du laboratoire. Quand j'enlève cette glace de la cuve, la couche de gélatine ne tient absolument plus et cède de suite à la friction d'une brosse de chiendent. Je termine le nettoyage en mettant ma dalle à plat; puis, projetant à sa surface une forte pincée de ponce à la soie, je la frotte du côté douci, le seul dont je me serve, avec une pierre ponce que j'ai sciée d'avance par le milieu pour avoir une partie bien dressée. La ponce à la soie s'étale et glisse entre la dalle et la pierre, et l'on obtient ainsi un nettoyage parfait. On rince à l'eau claire et l'on essuie avec un chiffon propre exempt, bien entendu, de tout corps gras. 11 faut éviter de mettre les doigts sur la dalle ainsi nettoyée.
Couche préliminaire. — Quand on a six dalles ainsi préparées, qu'elles soient neuves, ou qu'elles aient servi, peu importe, on peut procéder à l'extension de la première couche.
Pourquoi une première couche? La couche défmitive, celle qui deviendra la surface imprimante n'est donc pas sufti-
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santé? Non, parce que l'effet de Tinsoiation sur cette couche aurait pour conséquence de diminuer l'adhérence au verre et de causer des soulèvements pendant l'impression. Il faui donc, entre la couche définitive et le verre, une couche intercalaire qui a pour but de mamtenir bien attachée la couche définitive.
Pour arriver à ce but on a indiqué plusieurs corps, notamment l'albumine qui donne une grande solidité. Mais dans ces dernières années on a eu recours avec grand succès à un moyen beaucoup plus simple, qui supprime la préparation toujours délicate de l'albumine.
On prend de la bière de bonne qualité et on l'additionne de silicate de soude (ou de potasse) sirupeux du commerce dans les proportions suivantes :
Bière 200**
Silicate 10**
Bien filtrer.
On étend alors la solution sur la dalle en s'aidant des doigts si cela est nécessaire, puis on laisse tomber l'excédent. On retourne la dalle de manière à avoir en bas la partie qui était en haut et on applique une deuxième couche de bière silicatée. Ici l'excédent servira pour la première couche de la plaque suivante.
On laisse alors égoutter en mettant la dalle silicatée sur un support vertical.
On prépare ainsi six dalles par exemple, et on laisse bien sécher dans un endroit plutôt sec et légèrement chauffé. Si la couche de silicate n'était pas absolument sèche on risquerait fort d'avoir des soulèvements au moment de l'impression.
La solution de bière silicatée doit être préparée au moment de s'en servir. Ce qui n'aura pas servi ne peut être conservé et doit être jeté.
Préparation et extension de la couche sensirle. -— Comme nous ravons dit, la couche préliminaire doit être absolument B. I.
lO BALAGNT.
sèche avant que l'on ne puisse procéder à Textension de la couche qui devra servir de couche imprimante.
Avant d'aller plus loin dans ces explications il est nécessaire de dire que, pour qu'une couche de gélatine bichromatée, comme celle dont nous allons nous servir, puisse fournir une bonne planche, il faut que cette couche ait été rapidement séchée et d'une façon bien égale. C'est là une condition sine quâ non, et qui exige une certaine installation. Or, le local ne se prête pas toujours à une bonne préparation; souvent l'atelier est au rez-de-chaussée, et les inconvénients que l'on rencontre dans la préparation du papier charbon se présentent ici. Du reste l'analogie entre les deux procédés est complète, puisque dans les deux cas, c'est l'insolubilisation de la gélatine bichromatée par l'action de la lumière qui fournit l'image. Pour le charbon on a imaginé certains systèmes de courants d'air, de volets, etc. qui rendent les plus grands services.
Pour la Photocollographie sur dalles ou sur métal on a construit des étuves qui assurent une dessiccation bien faite, et bien égale dans un temps relativement court. Beaucoup de modèles ont été construits. Nous citerons les étuves de M. Voirin et de M. Alauzet. On peut même faire une étuve soi-même en faisant passer une rampe à gaz dans une boîte en bois blanc, munie de tasseaux pour recevoir les règles à caler.
Du reste qu'est une étuve? C'est tout espace clos, dit M. Davanne, dont on peut élever la température sans y laisser pénétrer les gaz provenant du chauffage. Donc un cabinet noir, chauffé par exemple à l'eau chaude, pourrait fournir une excellente étuve. Que l'on ne croie pas qu'il est indispensable, pour avoir de bonnes épreuves, que la couche de gélatine ait été cuiiey pour employer le terme dont se servent les ateliers. La cuisson n'est qu'un moyen d'obtenir des glaces bichromatées régulièrement séchées. Tout système de dessiccation est bon du moment qu'elle se fait sans arrêt et sans former ces zones qui font quelquefois le désespoir des inexpérimentés.
Nous avons donc nos dalles prêtes, recouvertes dé leur
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couche préliminaire et bien sèches, et nous voulons les recouvrir de la dernière couche.
Il nous faudra d'abord préparer la solution de gélatine :
Gélatine dure loo?''
Eau ordinaire i"*
On fait fondre au bain-marie. 11 y a des gélatines tellement dures qu'il faut quelquefois jusqu'à une heure et même une heure de bain-marie pour qu'elles soient complètement fondues : ce sont certainement ces gélatines-là que nous préférons. Quelle que soit la gélatine employée, pourvu qu'elle puisse convenir à la Photocollographie, comme, par exemple, la gélatine Coignet mêlée avec 25 pour loo de Nelson n'^ i, on la fera bien fondre, puis alors seulement on ajoutera à la dissolution i4s^ de bichromate de potasse et ôe*^ de bichromate d'ammoniaque. Quand le dernier cristal aura disparu et que la solution sera bien complète on retirera du bain-marie, et on laissera le liquide descendre tout doucement à 35° environ de température.
J'utilise ce temps à chauffer mon étuve. C'est l'étuve Voirin dont je me sers habituellement. Je prépare huit dalles l^ à la fois. Je commence par les disposer sur les réglettes à caler qui sont dans l'intérieur de l'étuve et je les mets rigoureusement de niveau, puis je ferme l'étuve et je suis l'élévation de la température jusqu'à ce qu'elle marque 3o« au thermomètre. Alors je filtre ma liqueur gélatineuse sur une mousseline en quatre. Elle doit, elle aussi, à ce moment-là, se trouvera la même température. J'en prends environ 75'='^ dans un verre à bec et, ouvrant mon étuve, je les verse de très bas sur la première dalle à droite. Avec une carte ou bien un triangle en verre j'étale le liquide de manière à avoir une couche bien unie. Il y a toujours un excédent de liquide qui tombe : j'ai disposé d'avance, au fond de mon étuve une couche de sable fin pour le recevoir.
Pour bien régulariser la couche, il est bon de faire basculer la glace et de l'incliner, sans excès, d'abord par un angle, puis par l'angle opposé en ramenant ensuite le liquide vers le centre, puis on repose la dalle dans l'étuve à la même
place qu'elle occupait, où elle reprend la position parfaitement horizontale.
Quand la sixième glace est ainsi préparée, je ferme mon étuve et je maintiens la température sans dépasser 4o° à 45**.
En deux heures la dessiccation doit être complète.
Les glaces ainsi préparées doivent être employées le plus tôt possible, toujours comme pour le charbon.
Mise en lumière. — Nous parlerons ici du cliché à employer. Il doit être pelliculaire, quel que soit le procédé employé. Pour notre compte, ne nous servant que de papiers pelliculaires pour exécuter nos phototypes, nous sommes toujours dans les meilleures conditions voulues pour la photocollographie. La couche de nos clichés est en contact direct avec la planche bichromatée, tandis que dans les pellicules généralement employées c'est le support qui est en contact avec la surface comprimante. Cela est un défaut, un grand défaut qui occasionne un manque de netteté absolu dans le tirage de répreuve.
Si Ton n'emploie pas de clichés pelliculaires il faut au moins un cliché sur glace, et non sur verre comme celui dont se servent les fabricants de glace au gélatinobromure; car, le poids de la dalle, d'une part, et celui du châssis, d'autre part, amèneront forcément le bris du phototype.
Le cliché est mis au fond du châssis-presse : on protège les bords par une cache absolument comme pour le charbon, puis par-dessus on met la dalle bichromatée, en ayant soin de la disposer bien au milieu du sujet à reproduire.
On termine par un matelas en papier ou en feutre et l'on ferme le châssis au moyen des vis dont sont armées ses barres de pression. Il s'agit ici d'être prudent et de s'arranger pour donner une pression égale sur toute la surface de la glace du châssis. L'avantage du cliché pelliculaire est que, dans cette opération, il n'a absolument rien à craindre; s'il y a un malheur ce sera réparable, car on n'aura brisé que la glace du châssis ou la dalle bichromatée.
Le châssis une fois fermé, on le porte en lumière dans un endroit bien et également éclairé. De temps en temps on lo
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rapporte au laboratoire pour consulter la venue de rimage à la lumière du gaz, ou d'une lampe. Quoique la gélatine bichromatée puisse supporter un instant la lumière diffuse, mieux vaut l'éviter; et pourtant nous avons entendu dire que certains opérateurs voilaient légèrement leur plaque avant de charger leur châssis. C'est là une pratique absolument inutile et qui ne peut être que nuisible.
L'image peut être considérée comme venue à point quand elle est bien visible partout, se détachant en une teinte marron sur le fond jaune d'or de la gélatine bichromatée.
A ce moment, on décharge le châssis puis on prend la dalle impressionnée et on la dépose couche en dessous sur une planchette recouverte de drap noir; on V insole alors par le dos, en l'exposant à la lumière diffuse. Il faut pousser cette insolation suffisamment pour que la partie du dos insolée vienne faire la chaîne avec le dessin, c'est-à-dire vienne rencontrer les noirs de l'image qui constituent les parties qui ont été les plus impressionnées. Cette insolation par le dos, comme le dit si bien M. Despaquis, n'a été comprise que par bien peu de personnes, et pourtant c'est elle qui joue le plus grand rôle dans le résultat photocoUographique.
Une planche bien insolée par le dos donne une bonne image, s'encrant facilement et se tirant également, résultats impossibles à obtenir avec une couche mal insolée ou insuffisamment insolée.
Que se passe-t-il en effet dans les deux insolations d'une planche bichromatée? D'une part, sous le cliché, et dans ses parties transparentes, qui correspondent aux noirs futurs de l'image, la gélatine est devenue insoluble plus ou moins suivant en cela les demi-teintes. Son étal hygrométrique s'est modifié; elle a perdu son eau, c'est le mot, et diminuant par là d'épaisseur elle s'est creusée d'autant plus que la lumière a été plus active. Si l'on figure cet état nouveau par le petit schéma que voici;, on voit que l'image a donné à la couche de gélatine vue dans sa coupe verticale une configuration comme celle de AB, présentant à l'œil des creux et des saillies.
Mais en revanche le dessous de la couche qui est en A'B'
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ne s'est pas sensiblenienl modifié pendant Tinsolation dans le cliché, et, pendant que la partie de dessus devenait de
moins en moins hygrométrique, celle de dessous conservait toute son eau, si nous pouvons nous exprimer ainsi.
Mais, dès que nous insolons par le dos, A'B' se rapproche de AB et Tétat hygrométrique de la planche diminue de plus en plus pour ne plus exister que dans les grands blancs, là où rinsolation par le dos a eu le plus de difficulté à rencontrer la partie de la couche impressionnée sous le cliché. Il faut bien comprendre cela, car de là dépend tout le secret de la PhotocoUographie. Dans les parties transparentes du cliché nous avons fortement insolé la couche, nous l'avons creusée profondément et par Tinsolation par le dos nous rencontrerons rapidement ces parties. Sous les parties noires du cliché, au contraire, nous avons peu agi sur la couche, elle est restée hygrométrique et gonflée : en insolant par le dos nous diminuerons sans doute celte hygrométrie sous ces parties mais il restera toujours une portion non attaquée qui, demeurant encore hygrométrique, sera prête à se gonfler et formera les blancs.
En un mot, il faut, par les deux insolations, joindre comme par une chaine]es surfaces AB et A'B', ne laissant entre elles deux qu'une couche presque idéale de gélatine non insolée, encore hygrométrique, et destinée celle-là seulement à fournir les blancs et les demi-teintes de l'image.
Et alors on comprend combien facilement s'encrera une planche qui sera dans cet état. Sans insolation par le dos vous imprimez pour ainsi dire sur une nappe d'eau, car la planche a gardé toute son hygrométrie. On tire quelques images sans doute, mais bientôt les noirs s'empâtent et l'on ne peut plus continuer.
Il faudra donc pousser l'insolation par le dos jusqu'au moment où la dalle bichromatée prendra une teinte générale marron, et où l'image, qui était bien visible à travers l'épais-
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seur de la glace, commencera à se voiler; cela peut être quelquefois très long.
Quand ce résultat a été obtenu vous transportez votre dalle dans le laboratoire : vous la mettez dans la cuve à rainures et vous laissez Teau arriver librement pour faire un lavage complet. 11 faut d'abord que tout le bichromate disparaisse; il faut en outre que ce qui nous reste dans la couche de gélatine demeurée hygrométrique se gonfle autant que possible d'eau pour former les blancs de l'image. Or, cela aussi peut être long avec une planche que nous supposons insolée par le dos convenablement. Il faut au moins vingt-quatre heures, quelquefois trente-six et quarante-huit heures. Mais aussi quand on a opéré de cette façon on se trouve avoir une planche très facile à conduire et pouvant de suite, et sans séchage préalable, être présentée à la machine.
Donc il y a là une différence entre le système que nous préconisons et le procédé généralement employé. Dans beaucoup de maisons on laisse sécher complètement la planche au sortir de la cuve à laver, puis on la couvre d'un bain mouilleur à la glycérine, et elle est alors prête pour l'impression. Nous supprimons cela et, de suite après avoir nettoyé simplement l'envers de la dalle et enlevé très soigneusement les gouttes de gélatine bichromatée qui ont formé autant d'épaisseurs sous la dalle, et très dangereuses puisque sous la pression de la machine elles pourraient occasionner le bris de la planche, nous calons celle-ci sur le marbre de la machine.
Nous employons la presse à bras de M. Voirin tout en reconnaissant d'excellentes qualités à la presse de M. Alauzet. Au moyen de la règle nous nous mettons bien de niveau et nous commençons de suite la mise en train.
Mise en train. — J)ans une terrine nous avons de l'eau à laquelle nous ajoutons environ î2o pour loo de glycérine. Nous passons plusieurs fois l'éponge imbibée de ce liquide à la surface de notre planche. Puis nous essuyons, en tamponnant, avec deux chiffons successifs de mousseline douce, de la toile à beurre, comme on dit.
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D'un autre côté, nous avons préparé notre encre sur le marbre à encrer. Les maisons Lorilleux et Lefranc fournissent des encres excellentes en boîte. Nous en prenons gros comme trois fois un dé à coudre; nous y ajoutons quelques gouttes d'huile claire, peu, très peu, puis un peu de vernis faible et nous mélangeons bien le tout avec la raclette de manière à avoir une masse filante et facile à écraser avec le rouleau.
Avec un rouleau de peau, ne servant qu'à cet usage, nous étendons sur le marbre une partie très unie de ce noir; et nous en prenons alors une petite quantité avec le rouleau de gélatine que nous étendons encore sur une autre partie de notre marbre à encrer; il ne reste alors sur notre rouleau que la quantité nécessaire à commencer Tencrage.
Il y a, pour l'impression photocoUographique, plusieurs espèces de rouleaux : le rouleau de velours, le rouleau de caoutchouc, le rouleau de cuir, puis les rouleaux de gélatine dont on se sert généralement pour l'impression sur dalles. Il faut soigner ces rouleaux, ne pas les laisser à l'humidité afin qu'ils prennent toujours l'encre facilement. Il ne faut jamais les laisser sur une table longtemps. Au repos, et quand on ne travaille pas, le rouleau de pâte doit être tenu verticalement.
La dalle étant bien calée et essuyée, on commence l'encrage avec un rouleau peu chargé d'encre. On voit de suite si les noirs et les blancs se séparent bien les uns des autres. On tire une épreuve. Elle est généralement chargée de noir même dans les blancs; mais cela n'est pas un mauvais signe. Tout au contraire; en lavant de nouveau à l'éponge et de suite en essuyant bien la dalle, mais en prenant garde de ne pas la rayer avec le chiffon, on nettoie ces blancs; puis on encre à nouveau, un peu plus fort cette fois-ci. On tire encore une épreuve, et généralement dès la deuxième épreuve une planche bien insolée donne déjà un bon résultat. On continue ainsi jusqu'à ce que l'image obtenue soit tout à fait satisfaisante. Un tirage de huit ou dix épreuves est suffisant pour ce travail préparatoire.
Si pendant ce tirage préliminaire la planche donne des
blancs accentués et une image dure, cela est un signe que la pose sous le cliché n'a pas été assez longue; il faut recommencer.
Que si la pose, au contraire, a été trop prolongée, on s'en aperçoit au commencement de Tencrage, car la planche fait table noire. Il faut alors relever les blancs, en lavant à Téponge avec l'eau glycérinée à laquelle on aura eu soin d'ajouter quelques gouttes d'ammoniaque. Il est à remarquer qu'un lavage alcalin accentue les blancs et renforce les noirs. L'encre paraît plus belle, mais aussi l'image peut devenir dure. Il n'y a pas trop à se préoccuper de cela. On tire deux ou trois épreuves qui, certainement, manqueront d'harmonie; mais ensuite le tirage deviendra doux et régulier.
De ce moment la planche est en train : il ne reste plus qu'à faire la hausse. On appelle ainsi une pièce de carton que Ton passe sur le cylindre entre celui-ci et le blanchet et qui a pour but de ne donner la touche que sur l'endroit même où se trouve l'image sur la dalle. Cette pièce est nécessaire pour exécuter un beau tirage et ne pas salir les marges du papier.
Nous nous bornons à ces explications qui se rapportent toutes au tirage photocollographique sur dalles et sur machines à bras. Les autres machines étant du domaine de l'Industrie, nous n'avons pas à nous en occuper; du reste, avec une planche bien préparée et bien insolée, les résultats sont excellents sur toute espèce de machines; et de ce côté-là nous croyons avoir donné tous les renseignements désirables.
PHOTOCOLLOGRAPHIE SUR AUTRES SUPPORTS QUE SUR VERRE ET NOTAMMENT SUR PELLICULES SPÉCIALES AU RROMURE d'aRUENT.
Dès le début de la découverte qui nous occupe, on s'est demandé s'il ne serait pas préférable d'employer pour la couche sensible d'autre support que le verre qui est fragile,
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lourd à manier, etc. En effet, MM. Tessîé du Molay el Maréchal, de Metz, ont employé les plaques de cuivre. Puis ce métal fut abandonné. Cependant, M. L. Vidal le recommanda vivement dans son excellent livre sur la Phototypie. Et M. Quinsac, Thabile opérateur de Toulouse, les adopta définitivement vers la fin de sa carrière. Aujourd'hui le cuivre est complètement abandonné; le principal reproche que Ton a à lui adresser c'est qu'il est impossible de se rendre compte de la venue de Timage pendant l'insolation. Pour nous, qui nous sommes fait certaines idées spéciales sur la nature que doit avoir une planche photocoUographique, pour constituer ce que Ton appelle une couche imprimantey nous ne croyons pas à remploi possible des supports opaques comme le cuivre. C'est malheureux, car la gélatine s'attache très vigoureusement au cuivre et fournirait en combinaison avec ce métal des couches très adhésives et très résistantes. Mais ce grand avantage ne nous paraît pas compenser sérieusement le préjudice qu'il y aurait à se priver de Vinsolation par le dos.
Ici se termine pour la Phôtocollographie la série des supports rigides. Mais on peut faire aussi de très bonnes impressions sur les supports souples. Nous mentionnons principalement le procédé Tournois, le procédé Raymond, et le procédé sur pellicules au collodion et au bromure d'argent, que nous avons présenté il y a quelques années à la Société française de Photographie, et que nous n'avons cessé de travailler et de perfectionner depuis cette époque.
Parlons d'abord du procédé Tournois, ou Phôtocollographie pour rien. M. Tournois emploie la gélatine en feuilles de la nature de celles dont se servent les graveurs.
Il la bichromate et la fait sécher à l'obscurité; puis après exposition sous le cliché, et lavage suffisant, il la tend sur une feuille de zinc et, au moyen d'une lame de couteau qu'il a amenée à une température d'environ 60° à 70^ il fait adhérer les bords de sa feuille de gélatine, qui se ramollissent, à la feuille de métal.
Ce système peut sans doule réussir pour tirer quelques épreuves, mais il ne donnera jamais une grande solidité per-
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mettant un tirage sérieux, car la couche de gélatine n'est pas défendue contre elle-même par un support imperméable. Elle aura toujours tendance à une certaine déformation. Mais, en tous cas, ce n'est pas un procédé à mettre de côté : il faut le perfectionner, car il est presque du devoir de tous ceux qui veulent que la Photographie devienne un art sérieux, et non pas seulement passager, d'encourager les procédés qui tendent à fjonner des photocopies inaltérables.
Et puis, et que l'on veuille bien nous pardonner ici cette digression, nous trouvons vraiment bien malheureux que les photographes se trouvent assujettis soit à coller leurs épreuves, soit à les conserver sans marges; et pourtant c'est ce 'qui se passe avec les papiers albuminés, aux citrates, Artigue, charbon, etc. Sans doute, nous faisons une exception pour ces deux procédés qui donnent des épreuves inaltérables. Mais, franchement, y a-t-il un seul des autres arts graphiques qui en soit réduit à pareille nécessité? Si encore les épreuves ainsi collées étaient plates 1 Mais elles roulent d'une façon désespérante, à tel point que ce n'est plus le bristol ordinaire que l'on emploie pour coller les photocopies mais bien des cartons de 3°*°* d'épaisseur. Et la conservation de pareils documents? Que de place il faut pour seulement une centaine d'épreuves 1 Sans ajouter que souvent la colle de mauvaise qualité vient se joindre à Taltérabilité existant déjà de l'épreuve pour en activer la destruction.
Au lieu de cela, regardez les procédés mécaniques qui nous donnent de belles épreuves tirées immédiatement sur grandes marges! Que c'est beau et séduisant à l'œil I Nous voulons nous rapprocher de l'art, partout nous le disons, partout nous récrivons : commençons par donner, puisque nous en avons le moyen, à nos travaux un aspect qui les rapproche autant que possible de ces résultats magnifiques que l'on obtient avec la gravure, l'aquatinte, enfin tout le groupe des arts graphiques auquel nous voulons nous mêler.
Nous allons parler en deuxième lieu du procédé dit de V Autocopiste qui, bien mené, peut et doit donner de très bons résultats.
Dans ce système, la planche est formée d'une feuille de
papier parcheminé recouverte de gélatine sensible; celle-ci insolée et lavée est tendue dans un stirator de construction particulière, encrée au rouleau de gélatine et tirée à la presse verticale (presse à copier).
Le fabricant livre tout préparé le papier parcheminé, mais il faut le bichromater. On emploie un bain à 2 pour 100. On immerge complètement dans ce bain la feuille coupée de grandeur voulue, et avec un blaireau on enlève les bulles qui, sans cette précaution, formeraient plus tard autant de taches. On reconnaît que l'immersion a été suffisante dans le bain de bichromate quand le parchemin s'est ramolli et est devenu assez souple pour pouvoir être appliqué sur une glace.
Cette glace doit être talquée et Ton place à sa surface le parchemin, couche en dessous. On donne un coup de raclette et l'on met à sécher dans une pièce assez chaude pour que la dessiccation puisse être faite rapidement.
La feuille de parchemin étant sèche, on Tinsole au châssis positif en posant le négatif sur une feuille de papier noir.
On expose à la lumière diffuse et non au soleil. Les résultats sont bien meilleurs quand l'image vient très doucement. C'est là un échec du procédé. Pour un cliché un peu dur, il faut poser jusqu'à six et sept heures. L'exposition, en tous cas, doit être poussée jusqu'à ce que l'image se détache en brun foncé sur la teinte jaune clair de bichromate. L'instruction donnée par la maison n'indique pas d'insolation par le dos.
Quand on a enlevé le parchemin du châssis-presse, on le place dans une cuvette que l'on remplit d'eau.
Après un lavage bien complet, on retire le parchemin de la cuvette et on le place dans un buvard propre, et l'on essuie soigneusement le dos avec un linge. Après cela on fait sécher le parchemin à l'air en le suspendant librement, piqué par des punaises aux angles extérieurs.
Après ce séchage on remet le parchemin tremper dix minutes dans une cuvette d'eau puis on le retire, on le place sur un buvard, on essuie encore une fois le dos avec un linge, et on le fixe sur le stirator, ou châssis tendeur, sur lequel se fera l'impression.
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Ici se place une mise en train toute spéciale aux appareils de l'Autocopiste et nous croyons devoir renvoyer à l'instruction qui a été publiée sur celte matière.