‹ La photographie animéeChapitre 12 sur 19 · NÉGATIFS · texte numérisé non relu

NÉGATIFS

Il est bien difficile de donner des règles pour le choix du sujet, il s'impose de lui-même. Cependant on sait par expérience que les très grandes scènes sont difficiles à rendre convenablement, et d'une manière générale le cadre de la vue doit être assez peu étendu, et surtout très nettement limité.

La mise au point se fait en général une fois pour toutes, la brièveté du foyer des objectifs employés permet ce réglage préalable, et comme il est assez long et difficile, on serait souvent embarrassé s'il fallait l'exécuter sur le terrain.

Il en est tout autrement, bien entendu, si l'on a à reproduire une scène d'intérieur; là, au contraire, on met en œuvre un objectif à plus long foyer, et il faut de toute nécessité ne faire la mise au point que sur le sujet lui-même.

Une des conditions essentielles est de bien assurer tout d'abord la rigidité absolue de l'appareil, et le pied doit être choisi parmi les plus robustes.

IJO CHAPITBK III.

L'ancien pied à Iriangle {Jig. 118) est saos conlredîlle meilleur système, à la condition de le prendre en chêne suffisamment épais.

M. Gaumont a combiné un pied spécial {^fig- 119) qui remplit bien toutes tes conditions voulues.

Tout étant disposé convenablement, il ne reste plus qu'à faire passer la pellicule en tournant la manivelle.

A quelle vitesse convient-il de tourner? C'est là une chose assez difficile à déterminer pour tous les cas qui peuvent se présenter, et qui [feut varier dans des limites assez étendues, suivant le sujet et l'éclairage.

Dans aucun cas il ne faut descendre au-dessous de quinze

MANIPULATIONS DIVERSES ET MANOEUVRE DES APPAREILS. l4l

épreuves par seconde, et l'on ne devra jamais dépasser trente. En général, un nombre de vingt à vingt-cinq épreuves par seconde est largement suffisant pour donner plus tard à la projection une bonne reconstitution du mouvement.

Il est ordinairement facile d'appliquer à chaque modèle d'appareil ces indications générales, cependant nous croyons utile d'entrer dans quelques détails spéciaux à certains d'entre eux; il sera toujours possible, par analogie, d'appliquer ces mêmes règles

Fig. 119.

à ceux qui se rapprochent de tel ou tel modèle, c'est-à-dire aux appareils à griffes et aux appareils à tambour.

L'appareil Demeny nous servira d'exemple pour les appareils à tambour, et nous insisterons sur le chargement et la mise en place de cet instrument, car il sera souvent employé dans les recherches de laboratoire, et du reste les précautions que nous aurons à prendre dans ce cas s'appliquent à tous les autres modèles du même

îjenre.

Avec les mêmes précautions que l'on prend pour charger de plaques sensibles les châssis d'un appareil photographique ordinaire, c'est-à-dire dans une chambre noire éclairée seulement par une lanterne à verres rouge-rubis foncé, on charge les bobines destinées à porter les bandes de pellicules.

l42 CHAPITRE III.

On colle tout d^abord au bout libre de la pellicule, sur une longueur de i*™ environ, l'une des extrémités d'une bande de papier noir, dont l'autre, taillée en pointe, est enfoncée de 4^° ou 5*^'" dans la fente de la bobine. On enroule le tout, le papier d'abord, la pellicule ensuite, dans le sens inverse des aiguilles d'une montre (c'est-à-dire de droite à gauche), la face émulsionnée en dehors, présentant vers le haut le trou de la bobine qui porte une goupille, et l'on serre fortement la pellicule.

Quand on est au bout de la pellicule, qui peut avoir à volonté 3™ ou 5", on colle à son extrémité, toujours sur i*^"* environ, une autre bande de papier noir et l'on continue l'enroulement. Dès qu'il est achevé, on maintient la bande serrée sur la bobine à l'aide d'un anneau de caoutchouc.

La pellicule, ainsi enroulée entre deux bandes de papier noir, se trouve à l'abri de la lumière et peut être portée au jour, et toutes les bobines chargées peuvent être mises dans le coffre de l'appareil.

Lorsque l'appareil est au complet, c'est-à-dire lorsque la monture de l'objectif est adaptée à la caisse de bois rectangulaire contenant le mécanisme chronophotographique, on le dresse sur le pied et l'on procède à la mise au point du sujet.

Pour cela on ouvre la partie supérieure de la boîte rectangulaire {fig* i2o), en tirant sur le côté la réglette métallique à œillets X, puis on remplace le guichet opaque H, qui correspond au fond de la chambre noire, par un cadre G supportant une pellicule dépolie qui se trouve dans le coin à droite de la boîte rectangulaire. La mise au point se fait sur cette pellicule dépolie par les procédés ordinaires et sous le voile noir.

Pour être sûr que la fenêtre du disque se trouve derrière l'objectif, un cran d'arrêt B permet d'arrêter le disque obturateur dans une position convenable. 11 suffit pour cela de tourner vers le haut le bouton qui se trouve à l'angle gauche inférieur de la boîte (côté de l'objectif) et de faire tourner lentement la manivelle jusqu'à ce que l'on entende un ressort tomber dans le cran d'arrêt. Gela fait, on appuie sur le bouton d'ouverture des volets du disque A, après avoir tourné la bague G au maximum d'ouverture de ceux-ci.

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