‹ La photographie animéeChapitre 11 sur 19 · S\\\VV\N\\\\\\\\\\\\\V\\\\\\\\\V · texte numérisé non relu

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ressort la maintient plane devant l'objectif, puis sur un autre guide D et arrive au cylindre entraîneur E, où elle est prise par huit chevilles à la fois, ce qui empêche toute éraillure des trous percés dans la pellicule. A la sortie du cylindre E, une fourche la détache des chevilles et elle passe sur le guide F pour arriver au cylindre G. sur lequel elle s'enroule automatiquement au moyen d'un mouvement d'horlogerie indépendant et se remontant de l'extérieur de la boîte.

La pellicule mesure 5o™™ de large ; l'image n'ayant que 3o™™ de

hauteur, il reste de chaque côté une bande de i^™ de large, et cette partie supporte seule tous les frottements, de telle sorte que rimage, ne frottant sur aucun organe, est à l'abri de toute détérioration.

Les images sont prises à raison de vingt par seconde, vitesse suffisante pour la bonne reproduction des mouvements les plus habituels.

L'appareil par son poids, et celui-ci est assez considérable, offre une stabilité indispensable si l'on veut éviter les trépidations. Construites en acier, cuivre et aluminium, toutes les pièces mécaniques sont fixées sur une plaque de zinc de 5o™™ d'épaisseur, de façon à obtenir une rigidité absolue de toutes les parties.

L'obturateur diffère de tous ceux employés dans les autres cinématographes; il est à mouvements alternatifs, et n'est en somme qu'une simple guillotine à double mouvement.

Cinématorama de H. Baron. — Le nom de cinématorama a été donné à un système d'appareil permettant d'obtenir la photographie et la projection circulaire de vues animées, au moyen du groupement d'appareils cinématographiques entraînés simultanément d'un mouvement isochrone, soit à la main, soit par un moteur mécanique : ces appareils concourant à la formation d'une image panoramique pouvant être projetée sur un écran circulaire.

Cet appareil se compose de deux parties distinctes, mais se complétant l'une par l'autre, afin d'obtenir le résultat que nous venons d'énoncer.

La première de ces parties consiste en huit appareils cinématographiques disposés sur une plate-forme circulaire, et servant à prendre chacun une série de poses d'une portion de l'horizon à des intervalles très rapprochés. La seconde partie comporte le même nombre d'appareils cinématographiques, et sert à la reproduction, par projection, des mêmes portions d'horizon prises par le premier groupe d'appareils, sur un écran circulaire en toile blanche de diamètre variable suivant les circonstances.

Chaque groupe d'appareils marche à une vitesse uniforme, el, pendant la reproduction par projection, les vues animées se trouvent reproduites de grandeur naturelle, de sorte que les specta-

124 CHAPITRE ir.

leurs assistent à la reproduction intégrale d'un panorama, avec toute l'animation existant au moment de la prise des négatifs.

Cinématographe à plaques de HH. W. Schmidt et A. Christophe. — L'emploi des pellicules de celluloïd couvertes de gélatine sensible dans les appareils enregistreurs et projecteurs présente plusieurs inconvénients, et parmi ceux-ci l'un des plus sérieux est celui qui résulte du prix élevé de ces sortes de préparations; aussi peut-on classer jusqu'à présent la Photographie animée parmi les procédés de grand luxe ou de curiosités scientifiques. . Afin de porter remède dans une certaine mesure à tous les inconvénients qui résultent de l'emploi des pellicules, MM. Schmidt et Christophe ont combiné un appareil qui permet de substituer les glaces aux films.

La série des clichés constituant l'ensemble de la vue à prendre ou à projeter est fractionnée sur plusieurs plaques, de dimensions égales et pouvant se substituer les unes aux autres.

Un mouvement de rotation continu, imprimé au mécanisme de l'appareil combiné à cet effet, extrait successivement les plaques d'un magasin où elles sont disposées ; il les fait passer devant un objectif en déterminant les arrêts nécessaires à la pose de chacun des clichés qu'une plaque peut comporter, ouvre et ferme en temps utile l'obturateur, continue l'entraînement des plaques et finalement les conduit au fur et à mesure dans un magasin récepteur d'où elles seront retirées une fois l'opération terminée.

Les figures qui accompagnent cette description feront comprendre facilement le mode de construction de l'appareil et son fonctionnement.

\udifig, io5 est une élévation sectionnelle en projection de la

fig' 104.

ludifig. 106 est une vue de face du dispositif à échappement produisant l'entraînement des plaques.

La fig, 107 représente en élévation et en coupe une plaque photographique avec rebords métalliques en U dans lesquels sont pratiquées des entailles.

Vers la partie supérieure de la boîte Z {fig* io4 et 106) se trouve le magasin 1 dans lequel sont introduites, par une ouver-

APPLICATIONS PHOTOGRAPHIQDBS. 12;

ture I, les plaques photographiques X, qui se trouvent ainsi pla- Fg o4

cées les unes devant les autres. Ces plaques sont disposées dans des

Fig. io5.

châssis métalliques, dont les rebords portent des entailles ser-

vaat de repères pour l'espacemeDl régulier des images et les arrêts d'entraînement correspondant aux périodes d'esposition, lorsque l'ouverture de l'obturateur M passe devant l'objectif.

Les plaques X sont guidées dans le magasin I par des cornières entre lesquelles coulisse également le fond mobile. Deux câbles

Fi g. id6.

élastiques en caoutchouc d, faisant fonction de ressorts, tendent à rapprocher le fond vera lavant du magasin I. Les câbles élastiques sont d'abord fixés par leurs deux extrémités au fond du magasin I, puis ils passent sur les galets d disposés à l'avant; ils sont ensuite reliés au fond mobile par d'autres galets. La tension des câbles tend à rapprocher le fond de l'avanl du magasin, ce qui fait avancer les -plaques X et les amène au-dessus de l'ouverture I, qu'elles traversent les unes après les autres pour sortir du magasin lorsque la griSe d'entraînement les fait s'abaisser

devant l'objectif et de là entrer dans le magasin récepteur I' dont la disposition et la forme intérieure sont similaires à celles du magasin T.

Toutes les plaques du magasin I ayant passé dans le magasin récepteur F, après avoir été impressionnées, le magasin I pourra servir à son tour de récepteur en le disposant alors à la place qu'occupait le précédent. Pour continuer à opérer, on remettra à la partie supérieure de l'appareil un nouveau magasin I muni de

Fig. 107.

plaques non impressionnées par la lumière; après avoir pris la précaution de baisser le volet qui peut fermer la fenêtre derrière laquelle passent tous les plaques.

L'extraction des plaques photographiques du magasin et leur entraînement s'opèrent au moyen du mécanisme suivant :

Dans une rainure ménagée sur le bâti, coulisse la lige d'un échappement 1, qui reçoit un mouvement de va-et-vient rectiligne au moyen d'une manivelle 2 ; un bouton 3 frotte contre les bases de cet échappement, soit à l'intérieur, soit à l'extérieur, selon que la tige monte ou descend ; pendant le mouvement circulaire de cette manivelle 2, lorsque le bouton 3 n'est plus en contact avec l'échappement, celui-ci reste immobile. Sur la tige de l'échappement 1 sont fixés deux ressorts 4 et 5 qui s'appuient contre les rebords métalliques X' {fig. 107) sur lesquels sont disposées les encoches ou

crans X". En outre, sur cet échappement est fixé un étrierô dont le petit côté, en forme de rampe, vient agir sur le tenon 7 d'un ressort d'arrêt 8 fixé en un point du bâti 9, en écartant latéralement ce ressort lorsque l'échappement descend. Lorsque le ressort 8 est libéré vers la fin de la course descendante de l'échappement, son extrémité rectangulaire s'engage dans les encoches de même forme des rebords métalliques X' et immobilise absolument la plaque photographique correspondante pendant le temps nécessaire à la prise ou à la projection d'un cliché. Les magasins I et F présentent chacun une ouverture pour l'introduction de la partie rainurée du bâti 9 dans laquelle coulisse la tige de l'échappement 1. En introduisant le magasin I dans le bâti Z, la griffe supérieure à ressort 4 viendra s'engager dans la première entaille inférieure X" du rebord métallique de la première plaque photographique.

La mise en action de tout le mécanisme est donnée par le mouvement rotatif continu qu'on imprime à l'arbre 10 sur lequel est montée la manivelle d'entraînement 2. Cet arbre 10 est actionné soit au moyen d'une manivelle à main calée sur un axe et d'une chaîne sans fin 15, engrenant avec la roue dentée 13 et le pignon 14, soit par un moyen mécanique ou électrique quelconque.

La manivelle 2 recevant de la sorte un mouvement circulaire continu, son bouton 3 agit sur l'échappement, le fait descendre et s'élever à intervalles réguliers afin d'accomplir les fonctions d'entraînement, d'arrêt et d'introduction dans le magasin I des plaques photographiques passant successivement devant l'objectif. La griffe 5 s'engage également dans les entailles X''; elle concourt à ces opérations successives et opère la rentrée de chaque plaque dans le magasin récepteur T.

Pendant la période ascendante de l'échappement 1 les griffes 4 et 5 sont comprimées contre les rebords X'; aussitôt au sommet de la course, elles pénètrent dans les entailles X" de ces rebords et entraînent ainsi périodique ment, lors de là période descendante, ces plaques X sur une longueur correspondant à chacune des images prises successivement.

Pour permettre l'introduction des plaques X dans le magasin récepteur r, le constructeur a disposé sur l'axe 10 une vis sans fin 16, qui entraîne une roue dentée 17; sur l'une des faces de la

roue dentée il existe une ou plusieurs saillies 18 qui agissent sur le talon supérieur 19 d'un levier à deux branches 20 monté sur l'axe principal et portant à sa partie inférieure un rouleau 22. Par le fait de l'oscillation périodique du levier 20 causée par les saillies 18, le rouleau 22 fait légèrement reculer en arrière la dernière plaque introduite dans le magasin I, au moment où la suivante doit commencer à pénétrer dans l'oriflce i de ce magasin.

On comprend que toutes les plaques sortent du magasin en se juxtaposant les unes sur les autres et qu'elles entrent dans le récepteur V dans l'ordre même de leur entraînement; il suffira donc de numéroter les plaques au sortir du magasin pour conserver les clichés dans l'ordre des mouvements qu'a fixés l'appareil.

L'arbre 10 de l'appareil porte encore, calé près de la vis sans fin 16, un pignon conique central qui transmet un mouvement rotatif continu à l'obturateur M par l'intermédiaire d'un deuxième pignon. L'ouverture de cet obturateur vient démasquer l'objectif au moment où la plaque s'arrête dans sa descente. La chambre noire est formée par le bâti lui-même.

On peut observer que la succession rapide des passages brusques de la pleine lumière à l'obscurité, dans les appareils reproducteurs du. mouvement, produisent sur l'écran récepteur des images projetées un tremblement particulier fatigant pour la vue. Pour éviter cet inconvénient, l'obturateur est modifié, et se trouve composé d'une matière permettant d'obtenir, suivant la génératrice de cet obturateur, d'abord une zone de légère transparence, puis de lucidité suffisante pour masquer sur l'écran le mouvement de translation des images, tout en laissant cet écran toujours frappé par une lumière diminuant graduellement après chaque image et augmentant progressivement d'intensité à Tapproche de la suivante. Comme la translation de la plaque X ne commence pas immédiatement après que l'ouverture a cessé de coïncider avec l'objectif, il s'ensuit que par ce dispositif on aura atténué et, dans des cas de vitesse de rotation suffisante, supprimé le tremblement si désagréable à l'œil.

En outre, pour la projection, on remplace le couvercle d'arrière par une lentille condensatrice derrière laquelle on dispose la source lumineuse.

Ciadmatographe nniversel de M. Gantbier. — Cet appareil {fig- io8 et iog)diirère en quelques points des modèles similaires: il appartient à la catégorie des cinématographes à entrainemeDl direct par cylindre à chevilles. Un axe principal porte à son extrémité une manivelle entratoée à la main, et dans son milieu une roue dentée de grand diamètre ; celle-ci commande un pignon qui porte :

i" deui roues d'angles qui actionnent l'obturateur; 2' une roue à cames qui donne le mouvement d'intermittence nécessaire au barillet à chevilles chaîné d'entratner le frein.

Cette roue à cames se compose d'un disque d'acier portant six écbancrures dans lesquelles vient s'engager l'extrémité de l'axe du barillet ; on obtient ainsi un mouvement intermittent sans à-coups et sans bruit, ce qui est un double avantage, car le film ne se fatigue pas et l'instrument ne produit pas ce bruit de crécelle si désagréable dans certains appareils.

L'axe secondaire porte une gorge dans laquelle s'engage une cordelette qui actionne une bobine sur laquelle vient s'enrouler le film après être passé devant l'objectif. Celui-ci est d'abord contenu dans une boîte placée à la partie supérieure de l'appareil et glisse dans une coulisse garnie de velours et d'une plaque à ressort sem-

APPI.1CATI0M8 PHOTOGaAPHIQDES. l3l

blable à celle que l'oa rencontre dans tous les ciaérnatographes.

Les objectifs, pour prendre les vues ou pour faire la projection, se montent sur une planchette mobile reliée à l'appareil par tin soufQet, et mue par une crémaillère pour opérer la mise au point.

Ce qui caractérise cet instrument, c'est son obturateur; celui-ci est double et composé de deux disques à ouvertures variables, et

Fig. 100.

qui tournent en sens inverse; cette disposition donne à la fois un éclairage plus égal et une intermittence plus régulière à ouverture et fermelure plus rapide.

Les films qu'emploie M. Gauthier portent une perforation par image : pas de Lumière, mais le barillet peut être changé très facilement et remplacé par un aulre au pas d'Edison.

Pour la projection, l'appareil se place devant une lanterne qu'il suffit de centrer et de mettre à la distance voulue.

Cbronosoope Hanan-Gauthier. — Cet appareil {fig. no) est certainement le plus simple qui ait été construit, mais il ne peut servir qu'à la projection des films perforés au pas d'Edison; enfin il possède une qualité 1res appréciée parfois, son prix est des plus

Il se compose de trois parties :

1° Le chroDOSCOpe proprement dit : sur une plaque métalliqae est Ëné un axe Gxe sur lequel roule une roue à gorge porUnt une manivelle ; celle-ci entraine, soit par une cordelette, soit par pignon d'angle, un disque à chevilles qui lui-même commande le barillet â chevilles et l'obturateur.

Le mouvement ainsi obtenu est très doux par suite d'une disposition particulière; l'hélice qui donne le mouvement intermittent

au barillet porte-film agit sur des billes roulantes, qui peuvent librement tourner autour d'un axe fixe. On évite également par là tout bruit désagréable. Dans un modèle plus récent, l'entraînement se fait par engrenage et non par cordelette. Dans les deux modèles la marche est presque silencieuse, et toujours beaucoup moins bruyante que dans tous ceux que nous avons eu l'occasion de ma-

Tout cet ensemble est fixé sur une planchette, comme le montre la^^. 110.

2' En avant de ce dispositif, est fixé l'objectif à projection, de foyer plus ou moins long suivant le recul dont on dispose.

3° En arrière et à la distance voulue est placée la source lumineuse, la lanterne à projection; celle-ci porte à l'avant un conden-

sateur, une forte lampe à pétrole et un réflecteur; le tout glisse dans une coulisse pour la mise en place.

Mais avec cet éclairage on ne peut obtenir que des images peu étendues, et il y a lieu de remplacer la lampe à pétrole par un foyer lumineux plus puissant : on peut alors substituer au pétrole l'acétylène. Dans ce cas le condensateur ordinaire est remplacé par un autre, d'un type spécial, dit condensateur à eau; celui-ci se compose d'un ballon de verre que l'on remplit d'eau, disposition déjà proposée par MM, Lumière. Si l'on veut faire usage de la lumière électrique, on remplacera la lanterne construite pour cet appareil par une grande lanterne disposée à cet eflet.

Aléthorama, nouvel appareil cinématographique (système P. Mortier). — Réduit à ce qu'il a d'essentiel, l'appareil se compose d'un tambour C tournant sur un bâti, au moyen d'un arbre horizontal xy {fig> 1 14)» Ce tambour présente sur tout son pourtour cylindrique extérieur une série de petites fenêtres, et c'est sur ce pourtour fenêtre que s'enroule la pellicule impressionnée, comme le ferait une courroie de transmission sur la jante de sa poulie.

Une série de miroirs angulaires S S, en nombre égal à celui des fenêtres, et formés chacun parla réunion de deux glaces, complète le système; ces miroirs angulaires, que nous inclinons à 90** l'un par rapport à l'autre, sont disposés en cercle, faisant corps avec la masse du tambour ou fixés à elle par des pattes d'une façon quelconque.

L'ensemble représente donc un tambour polygonal concentrique au tambour fenêtre et faisant corps avec lui. Chaque miroir angulaire comprend deux faces réfléchissantes, perpendiculaires au plan de la^^. m, qui est une section diamétrale passant par le centre d'une des fenêtres. Leur intersection est une droite traversant normalement le plan de la figure.

Dans ces conditions, tout cliché encadré par une fenêtre du tambour donnera naissance, en vertu du principe des miroirs angulaires, à une image virtuelle rectangulaire parallèle, retournée par rapport à l'image qui serait produite sur un miroir unique ordinaire, et dont l'axe de symétrie coïncide rigoureusement avec

l34 CHAPITRE II.

l'axe de rotation lui-même j?^ {.f^g* ^^Oî ^^ sorte que, pendant que le cliché, entraîné en cercle par le tambour, se meut rapidement, son image, au contraire, est immobile sur l'axe. Cette immobilité toutefois n'est que relative, car en réalité seul l'axe de symé-

Fig. III.

fcitzo.

trie de l'image qui se confond avec l'axe de rotation est immobile, les autres parties de l'image subissant un mouvement de bascule général autour de cet axe de symétrie immobile.

Néanmoins, quand l'amplitude angulaire du mouvement de rotation est suffisamment faible, quelques degrés par exemple, l'image, malgré son mouvement de bascule, peut être considérée comme devant être immobile par rapport à un point situé à une distance assez grande de cette image, et placé sur la perpendiculaire menée par le centre de cette image, normalement à son plan dans sa position moyenne.

. C'est pour cette raison qu'un objectif de projection, placé sur cette perpendiculaire, formera sur un écran une image vraie, pratiquement immobile et sans déformation de la figure qui donne naissance à l'image virtuelle.

Si plusieurs clichés successifs, correspondant à plusieurs fenêtres contiguës, sont éclairés en même temps par le condensateur de la lanterne, un certain nombre d'images virtuelles pourront coïncider sur l'arbre de rotation, et par conséquent être projetées sur le

APPLICATIONS PHOTOGRAPHIQUES. l35

tableau simultanément. On conçoit, dès lors, que la suite des clichés constituant une môme scène puisse être reproduite sur Fécran, non seulement sans aucune discontinuité, ni éclipse, mais même avec coexistence des vues les unes avec les autres. Une telle coexistence pourrait avoir pour conséquence une confusion de lignes et un manque général de netteté; mais il est aisé d'y remédier en limitant la zone éclairée de la surface du tambour à un rectangle correspondant à la dimension d'une fenêtre, plus le barreau de séparation entre les deux fenêtres.

Toutes les parties de la pellicule parcourront alors successivement la zone éclairée, et l'on a sur l'écran tantôt deux portions de deux vues successives, qui se complètent l'une l'autre, sans

Fis. ri 2.

aucune séparation visible (Jig, 112), tantôt une seule vue complète

L'image virtuelle a!ob {fig» 1 12) se compose de l'image partielle alo^ de la moitié supérieure éclairée du cliché A'B' et de l'image

Fig. ii3.

partielle 06, de la moitié inférieure éclairée du cliché A6. Les deux portions se complètent, et par l'objectif donnent sur l'écran une image réelle complète {fig* 117)-

Si le diaphragme est trop petit, on a une bande noire {fig* 1 15) ;

s'il est trop grand, on a cine bande double et confusion {fig. 1 16).

Dans ces conditions, si le faisceau éclairant est rigoureusement délimité par un diaphragme rectangulaire convenable, et si le diamètre utile de l'objectif lui permet de recevoir dans tous les cas les rayons émanant des portions simultanément éclairées de deux clichés voisins, aucune discontinuité, aucune variation d'éclat, aucun scintillement ne peuvent être perceptibles dans la projection.

Il faut donc régler convenablement l'admission de la lumière, pour qu'il n'y ait plus sur l'écran des parties plus éclairées qui donneraient une ligne plus claire, et des parties moins éclairée« qui donneraient une ligne plus sombre.

Il faut aussi avoir un repérage exact des vues par rapport aux fenêtres du tambour.

Il nous reste à dire pourquoi le miroir angulaire s'impose : un miroir unique, en effet, formerait bien l'image immobile voulue,

Fig. ii4.

mais l'objectif capable de projeter l'image ne saurait être en face de cette image qu'à la condition de se trouver précisément sur le parcours en retour des rayons lumineux incidents, ce qui est impossible à réaliser; de là l'emploi de deux miroirs angulaires qui reflètent l'image parallèlement aux rayons incidents, ainsi que le montre la fig, i ii .

ludijig, I i4niontre le tambour complet etl'ensemblederappareil.

On voit dans la^î^. ii4 les fenêtres et les miroirs angulaires SS, les tambours T et T' d'enroulement et de déroulement de la pellicule R, ainsi que les bâtis Z et TJ,

APPLICATIONS PHOTOGRAPHIQUES. l'iy

Sur le bâti Z' est placé l'objectif qui donne la projection lumineuse. Au moyen d'une manivelle qui s'adapte sur l'un ou sur l'autre des axes T ou T', on donne le mouvement à la pellicule dans un sens ou dans l'autre.

Le même appareil qui, par les propriétés optiques d'un objectif de projection, permet de reconstituer sur un écran des images réelles des clichés successifs, permet aussi, par le jeu du globe de l'œil, de produire l'impression sur la rétine, qui n'est en somme qu'un écran. L'œil, placé sur la même ligne normale où nous avons supposé placé l'objectif de tout à l'heure, voit distinctement

Fig. ii5. Fig. ii6. Fig. 117.

et en vraie grandeur l'image virtuelle de chaque cliché. Il peut aussi lavoir amplifiée par l'interposition d'une lentille grossissante.

Inutile d'ajouter que par le doublement de l'appareil, il peut devenir stéréoscopique et donner l'impression du relief.

Enfin le même système, grâce au principe de la réversibilité optique, peut servir à enregistrer photographiquement une scène animée quelconque. L'objectif devient alors un objectif photographique et une bande sensible se trouve substituée à la bande impressionnée. Par le jeu des mêmes miroirs qui donnaient sur Técran fixe des images vraies pratiquement immobiles et sans déformation, les points immobiles de la scène à reproduire impressionnent pendant un certain temps les mêmes points de la plaque sensible, l'image accompagnant la bande dans son mouvement circulaire sans aucun mouvement relatif par rapport à elle.

Il ne reste plus qu'à isoler par des cloisons noircies les différents couples de miroirs, à placer le tout dans une chambre noire étanche à la lumière, et à y adjoindre un système obturateur réduisant le temps de pose relatif à chaque cliché, et l'on aura réalisé un excellent appareil d'enregistrement cinématographique.

Au point de vue construction, l'appareil présente cet énorme

l38 CHAPITRE II. — APPLICATIONS PHOTOGRAPHIQUES.

avantage de se composer d'une seule et unique pièce tout à fait indéréglable.

Pas de ressorts, pas de rouleaux, aucun de ces organes qui rendent délicat le fonctionnement des appareils similaires et contribuent à la détérioration des pellicules.

Celles-ci, après un service de plusieurs mois, sont encore absolument exemptes de rayures.

Voilà, dans son ensemble, l'aléthorama qui constitue, soit par son principe entièrement nouveau, soit par sa construction, un progrès sérieux sur ce qui a été fait en Cinématographie jusqu'à ce jour.

MANIPULATIONS DIVERSES ET MANOEUVRE DES APPAREILS. iSg

Quel que soit le modèle d'appareil adopté, il est indispensable de se mettre dans des conditions déterminées pour en obtenir tous les eflets qu'ils sont susceptibles de donner. Nous allons donc examiner successivement ce qu'il convient de faire dans la prise des négatifs, dans le tirage des positives, et dans la projection des images agrandies.

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