‹ La photographie appliquée a l'archéologieChapitre 24 sur 57 · MANUSCRITS · texte numérisé non relu

MANUSCRITS

Il ne me reste plus qu’à parler d’une des applications les plus précieuses de la Photographie : de la reproduction des manuscrits. J’ai déjà rappelé que des procédés faciles et très-réguliers dans leurs manipulations permettaient non-seulement de copier avec une exactitude mathématique les vieux manuscrits, mais encore rendaient visibles des caractères effacés par le temps.

Cette application de la Photographie vient de prendre tout récemment une grande importance, depuis que, grâce aux soins éclairés de M. le baron de Watteville, il est possible de reproduire photographiquement les manuscrits conservés dans les musées; j’ai déjà transcrit l’arrêté ministériel qui réglemente cette question, car il est de toute importance que l’archéologue et le photographe connaissent exactement leur droit et leurs obligations (^).

Dans ce cas, il y a un intérêt de premier ordre

(‘) Voir page 9.

à Jjlcn connaîlrc les inétliocles à employer et je m’efforcerai de donner tous les détails qu’elles comportent.

Presque toujours il sera nécessaire de reproduire les manuscrits dans les dimensions exactes du modèle; cependant la finesse et la précision des clicliés photographiques permettront de réduire certaines pièces par trop grandes. Dans le cas où cette réduction ne pourrait pas avoir lieu , il faudrait opérer en plusieurs fragments, qui pourront être réunis après coup.

Ce genre de travail demande quelques instruments spéeiaux qu’il est bon de faire connaître.

Le premier de tous est le chevalet sur lequel sera ])lacé le manuscrit à photographier; le meilleur modèle est le chevalet droit des peintres, auquel on aura fixé solidement une épaisse planchette à dessin.

Tantôt on aura à photographier des feuilles volantes, tantôt, au contraire, la pièce à reproduire fera partie d’un volume relié : delà deux méthodes pour maintenir en position le parchemin ou le papier.

Dans le premier cas, il est rare que le papier et surtout le parchemin soient d’une planimétrie parfaite; ils porteront toujours quelques plis; il est nécessaire de parer le plus possible à cet inconvénient, qui altérerait la netteté de l’épreuve; il faut donc placer la pièce à rendre plane dans un châssis à reproduction et la comprimer assez fortement contre la glace.

Cette glaee sera choisie avec soin; cHc devra être blanche et non verte, et ne porter aucune érailliire. Les coussins de feutre seront suffisamment épais pour obtenir une forte pression.

Quelquefois les plis du parchemin ont pris une telle raideur que la pression des ressorts est impuissante à les ramener; il faut, dans ce cas, envelopper pendant quelque temps le parchemin dans un linge humide, puis le mettre en presse dans le cliâssis ; les plis s’écrasent peu à peu, et au bout de quelques heures la planimétrie est suffisante.

Le châssis contenant la feuille ainsi préparée et bien tendue sera fixé verticalement sur le chevalet, où on l’attachera solidement. Mais, lorsqu’on veut reproduire une page d’un volume relié , les dispositions doivent changer, et l’on peut opérer de deux façons différentes. La première consiste à employer une glace libre d’une longueur supérieure à celle du volume; cette glace se pose sur la page pendant qu’on met sous le livre une planchette de même grandeur; planchette et glace sont reliées fortement l’une à l’autre par une corde disposée de façon à ne pas cacher les caractères ; le plus souvent la page vient s’appliquer exactement contre la glace et s’étend sans faire de plis ; dans le cas contraire , il faut faire disparaître ces plis en posant sous la page un morceau de molleton qui régularise la pression.

Il suffit alors de mettre en place tout cet ensemble et de le relier au chevalet par des ficelles.

qui non-seulement atlaehent le livre, mais qui encore doivent maintenir les feuilles restées libres, pour qu’elles ne viennent pas se replier sur la glace.

J’ai également employé avec succès un châssis construit tout spécialement dans ce but par ]M. Geymet. Ce châssis n’a que deux cotés en bois, et la glace, fortement enchâssée dans deux rainures que portent ces côtés, les relie l’un à l’autre, de façon à laisser libres les deux grands côtés de la glace. Sur cette glaee se place une planchette brisée et des barres à ressort, fixées sur les deux montants, maintiennent en place cette planchette, dont les deux grands bords libres sont terminés en biseau allongé. Pour employer cet appareil, on ouvre les barres de serrage et l’on enlève la planchette. Le volume est ouvert au point voulu, et la page à reproduire est posée sur la glace, que l’on fait pénétrer le plus avant possible vers le centre du volume; derrière cette page on place la planchette, ])uis les barres de serrage, de façon â prendre entre la glace et la plancbette la page â maintenir, puis le châssis est fixé au chevalet et la partie libre du volume maintenue par un système d’attaches quelconque.

Par ces moyens on obtient une planimétrie suffisante, en meme temps qu’on se met dans les conditions exigées par l’article 9 de l’arrêté du juin 1877, dans lequel il est dit qu’il pourra être exigé que les manuscrits « soient protégés par une glace pendant la durée de l’exposition ».

MANUSCRIT DU Xir SIÈCLE

(Archives de'< la ville de Toulouse).

Photolithogr . de A. Quinsac.

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