‹ La photographie appliquée a l'archéologieChapitre 25 sur 57 · CO'C{U''V · texte numérisé non relu

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Le modèle étant ainsi disposé, il laiit mettre en place l’appareil photographique, et là bien des préiaii lions sont à prendre, car il faut avoir un paralélisme complet entre le modèle et la plaque sendble, pour obtenir une netteté uniforme et éviter toute déformation.

Les pieds à trois branches peuvent être employés à la rigueur, mais il est long et difficile de les mettre en place ; aussi les pieds dits d'atelier sont de beaucoup préférables. Inutile de les décrire ici; ils doivent être connus de tous mes lecteurs [fig- 5).

Voici maintenant, d’après M. Huguenin, les

conditions que doit remplir la chambre obscure (^): (( La glaee dépolie et la planchette qui porte robjectif doivent être dans deux plans rigoureusement parallèles, ce dont on s’assure au moyen d’un fil à plomb; l’axe optique de l’objectif, c’est-à-dire la ligne qui passe par le centre des diverses lentilles qui le composent, doit tomber perpendiculairement sur le milieu de la glace dépolie; le point sur lequel vient tomber cet axe optique sera marqué au 'crayon par l’intersection de deux lignes formant la croix. Pour trouver exactement ce point et le marquer, on couvre les deux lentilles de l’objectif avec deux diaphragmes de papier opaque, dont les centres sont percés d’une très-petite ouverture; en visant alors un objet très-éclairé , on obtient sur la glace dépolie un cercle lumineux dont le centre est le point cherché; enfin, comme dans le tirage plus ou moins considérable de la chambre noire le parallélisme entre la glace dépolie et l’objectif pourrait être dérangé, il est bon que le cadre inférieur, ce qu’on appelle plus ordinairement la queue de la chambre obscure, soit exaetement divisée des deux côtés, afin de rectifier, s’il y a lieu, la déviation qui pourrait se produire.

» Inutile d’ajouter que pour les reproductions il faut d’excellents objectifs rectilinéaires , principalement à long foyer, les courts foyers amenant plus facilement les déformations.

(' ) Bull, de la Soc, franc, de Photogr.^ t. XXI, p. i3.

» La chambre obscure clant ainsi disposée par le l’ail seul d’une bonne construelion, il est néeessaire que la surl'aee plane à reproduire soit plaeée devant la chambre noire, de manière à présenter un plan parallèle aux deux autres , c’est-à-dire à ceux de l’objeetif et de la glaee dépolie, et le milieu de eette surfaee doit être le prolongement de l’axe optique sus-mentionné, de sorte que la ligne droite partant du point milieu de la glaee dépolie, passant par le centre des lentilles de l’objectif, doit tomber perpendiculairement sur le point marqué, comme devant être le milieu de la reproduction.

» On arrive très-rapidement à réaliser ces conditions par le moyen suivant :

» On prend un miroir carré ayant environ 20 centimètres de côté; au moyen de trois vis à tête fixées derrière le cadre , on s’assure qu’il portera d’aplomb ; on règle ces trois vis de telle sorte qu’en mettant le miroir sur un plan il y aura ^parallélisme entre ce plan et la surface étamée; une fois ce miroir réglé, il sert pour toutes les reproductions.

» Pour déterminer la position, on applique le miroir sur le milieu du sujet à reproduire^ et l’on regarde sur la glace dépolie. Si nous supposons les centres en ligne droite et le parallélisme exact, l’image de l’objectif viendra se refléter dans le miroir, et, comme les rayons qui forment cette image tombent perpendiculairement sur la surface étaniée, ils sont réfléchis rigoureusement sur eux-

memes et viennent donner l’image de l’objectif au milieu de la glace dépolie; si tous les centres sont sur la ligne de l’axe optique, le point marqué au crayon sur la glace dépolie, comme en étant le centre, sera aussi le centre de l’image de l’objectif.

» Si, au contraire, le parallélisme n’est pas exaet, les rayons, en tombant sur le miroir, sont réfléchis non plus perpendiculairement, mais suivant un angle plus ou moins considérable ; l’image de l’objectif est déviée à droite ou à gauelie, en haut ou en bas ; on rectifie en faisant varier la position du miroir et, par suite, celle du support, jusqu’à ce qu’on ait réalisé cette condition : mettre l’image de l’objectif au milieu de la glace dépolie, en lui donnant pour centre la croix tracée au crayon sur cette glace dépolie.

» Si, par suite des conditions dans lesquelles on opère, l’image de l’objeetif n’était pas assez visible, on peut l’entourer d’un cadre de carton blanc ou placer devant et vers le centre une lumière assez vive; c’est cette lumière que l’on doit amener au centre de la glace dépolie. »

On peut encore employer un appareil plus simple, c’est l’équerre photographique de M. Benecke. Voici en quoi consiste cet instrument :

U Une planelie carrée, bien dressée sur ses deux faces et d’environ i5 à 20 centimètres de côté, est peinte en noir ou d’une couleur très-sombre. Au point déterminé par l’entrecroisement des deux diagonales, c’est-à-dire au centre de figure de la

planche, esL fixé bien perpendiculairement une lige eylindricpie d’environ o"h lo de long, qui, elle, sera peinte en blane. C’est là tout l’instrument.

Voiei eomment on le met en usage. A l’aide d’un fil altacbé au milieu d’un de ses côtés, on le suspend de façon que son centre eoïneide avee eelui de l’objet à reproduire, eontre lequel s’appuie la partie plane de l’instrument. 11 est clair qu’alors la tige blanche est perpendiculaire à la surfaee dudit objet. Il n’y a plus qu’à manœuvrer la ebambre noire ou le support de l’objet à reproduire, de façon que le bâton n’apparaisse plus, sur la glaee dépolie, que eomme une tache ronde et blanebe se détachant sur fond noir. On sera sûr alors du parfait parallélisme entre le modèle et la glaee sensible (^). »

Tout étant ainsi disposé, il ne reste plus qu’à faire poser la plaque sensible, eollodion see ou humide, suivant les eireonstanees, et je rappellerai que le eollodion see est seul admis dans les salles de pose des établissements publies.

En général, le temps de pose ne doit pas être prolongé outre mesure ; il faut chereher à obtenir des eliehés durs, heurtés, pour donner toute leur valeur à ees reprodue lions.

Le développement de ces épreuves, qu’elles (*)

(*) Bulletin de la Société française de Photographie, t. XX, p. 28.

Tultaï. Phot. appL à VArch.

soient obtenues au eollodion see ou au eollodion humide, demande des soins partieuliers ; il faut de toute néeessité éviter les voiles et obtenir une eouelie'épaisse d’argent réduit; nous indiquerons, dans la seconde Partie, la marche à suivre pour y parvenir.

C’est au développement que l’on s’aperçoit des effets merveilleux que permettent d’obtenir les couches sensibles, car c’est alors que l’on voit apparaître les lignes effacées des manuscrits et revivre, pour ainsi dire, les caractères altérés par le temps. Mais cette exquise sensibilité peut devenir un défaut, et les lignes écrites sur la face opposée apparaissent quelquefois sur le cliché. Cependant, il est possil3le de parer à cet inconvénient, et une diminution du temps de pose suffit pour empêcher cet effet de se produire. Dans le cas contraire, c’està-dire lorsqu’on voudra faire revivre des caractères effacés, il conviendra d’exagérer le temps de pose.

Il sera possible quelquefois de faire subir un nettoyage, une revivification à des pièces jaunies, et par là les manipulations photographiques seront singulièrement facilitées. Voici deux méthodes très-simples et qui sont sans danger pour les pièces originales;

Les papiers jaunis se nettoient facilement par une immersion dans une solution très-étendue d’eau . de javelle, 5 pour i oo par exemple ( ^ ); Avant de faire

Il arrive souvent que les droguistes livrent aux ménagères

usage de ce bain, il est nécessaire de faire tremper la feuille à nettoyer quelque temps dans l’eau et de ne rimmerger dans le bain d’eau de javelle qu’après une imbibition complète dans l’eau pure. On laisse quelques minutes dans l’eau de javelle, en agitant continuellement, et peu à peu les taches et la teinte jaune diminuent; au bout de cinq minutes, on jette le mélange et on lave à grande eau. On répète cette opération plusieurs fois, jusqu’à ce que l’on ait obtenu le résultat voulu.

Les papiers jaunis reprennent, par ce procédé, toute leur blancheur, mais il faut avouer que cette opération leur fait perdre cette patine que le temps ))roduit toujours et qui est regardée par les collectionneurs comme le cachet de l’authenticité.

Il serait imprudent de tenter cette opération sur des parchemins ; mais ce qui peut être fait sans danger, c’est de chercher à aviver les encres par trop effacées, et voici, d’après M. Bibra, la meilleure marche à suivre :

« On traite les passages peu distincts avec du sulfhydrate d’ammoniaque fraîchement préparé, et au bout de quelques instants les caractères deviennent très-visibles. On enlève l’excès du réactif par un lavage à l’eau froide, puis on sèche, soit à

une solution de chlorure de chaux, en place d’eau de javelle (hypochlorite de potasse); les efïets de ces deux substances sont entièrement différents, le chlorure de chaux altérant toujours les gravures, tandis que l’eau de javelle employée avec soin ne produit aucun effet fâcheux.

une douce chaleur, soil* au moyen du papier buvard. Si, après ce traUement, les caractères s’affaiblissaient encore, on devrait les soumettre aune solution de tannin. Comme ce n’est que dans les temps les plus reculés qu’on faisait usage de l’encre au charbon, et que presque tous les manuscrits sont écrits avec de l’encre gallique, on peut dire que ce procédé s’applique à toutes les écritures. »

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