‹ La photographie appliquée à l'histoire naturelleChapitre 4 sur 19 · ANTHROPOLOGIE · texte numérisé non relu

ANTHROPOLOGIE

L'étude de Thomme a pris aujourd'hui une importance telle qu'il nous semble indispensable de lui consacrer un Chapitre spécial; et ceci nous paraît d'autant plus nécessaire que la Photographie est appelée à rendre les plus grands services aux anthropologistes .

Cependant une école prétend que la Photographie est inutile, sinon nuisible, et que les mesures effectuées sur place ont seules une valeur scien-

ANTHR

Phototyple de A. Quintar

tiiique. Pour ces savants, T Anthropologie semble se réduire en des tableaux de chiffres; nous ne pouvons, pour notre part, admettre pareille prétention, et il nous semble que l'étude des caractères distinctifs de Thomme, ainsi ramenée à une méthode purement mathématique, perd une partie de sa valeur pour le véritable naturaliste ; en dépit des affirmations contraires, nous persisterons à croire qu'une bonne photographie donnera très exactement les caractères d'une race, voire même d'une simple variété ; bien plus, nous prétendons que la plupaf:t des mesures, et principalement les mesures angulaires, pourront se faire avec toute la précision voulue sur une photographie ; mais alors il faut nécessairement que celle-ci ait été exécutée dans des conditions spéciales, que nous indiquerons d'une façon détaillée.

Il conviendra donc, pour ce motif, de diviser en deux parties cette étude et de voir en premier lieu ce que demande la représentation des caractères extérieurs, qui se rapportent à l'Anthropologie descriptive, et de traiter séparément l'étude du squelette et principalement celle du crâne.

Nous renverrons au Chapitre des Mammifères ce qui concerne l'étude anatomique pure de l'homme : myologie, splanchnologie, névrologie, etc., parce que les procédés sont les mêmes dans les deux cas.

GARAGTÉBES EZT£BIEURS.

La plupart des caractères distinctifs des diflérentes races humaines se trouvent principalement dans la tête : aussi Tanthropologiste photographe aura-t-il plus spécialement à faire des portraits.

Cependant il ne faudrait pas croire que la représentation du corps entier ne soit d'aucune utilité ; tout au contraire, il importe souvent de déterminer la proportion qui existe entre les membres supérieurs et inférieurs, et Ton sait que, sous ce rapport, les races inférieures diffèrent absolument en cela de toutes les autres.

Enfin il ne faut pas oublier que cette partie de la science de l'homme à laquelle on réserve le nom à^ Ethnographie, trouve des éléments du plus haut intérêt dans l'étude des costumes, des armes, des outils, des habitations ; toutes choses qui ont surtout de l'importance dans les races encore sauvages ou voisines de l'état primitif.

Portraits.

Quelles dimensions doit avoir un portrait utile? C'est là une question que l'on ne se pose pas assez souvent, et sur laquelle il serait bon cependant que tous les opérateurs fussent d'accord, ,afin de donner à tous les portraits une échelle iden-

tique, qui permît de comparer à première vue des spécimens recueillis dans des pays différents.

Trop petit, un portrait ne donnera pas toujours les indications désirables, en ce sens que certains détails perdront rimportance'qu'ils ont réellement^ trop grand, on tomberait dans le défaut opposé ; enfin l'obtention d'épreuves de grandes dimensions est toujours entourée de difficultés de manipulations, et en voyage celles-ci deviennent presque insurmontables.

Cette dernière considération va nous imposer une dimension en quelque sorte déterminée, et il ne faut guère songer à dépasser la grandeur dite plaque anglaise, o, 1 5 sur o, 2 1 , ou la demi-plaque^ 0,1 3 sur 0,18, ce qui permet d'obtenir des portraits de la dimension connue sous le nom de cartealbum.

Mais il ne suffit pas de fixer seulement la grandeur de l'image entière, il est important de déterminer par avance la dimension de la tête.

Nous proposerons de réduire exactement au quart les portraits soit de face, soit de profil; on obtiendra ainsi des images de grandeurs suffisantes pour donner une valeur exacte et facile à apprécier aux caractères de race.

Deux espèces de portraits sont nécessaires, et chaque sujet doit toujours être représenté sous deux aspects, de face et de profil.

Les portraits dits de trois-quarts n'ont qu'une valeur purement artistique, et, sans les proscrire

complètement, il est bon de ne chercher à les obtenir qu'accessoirement.

Dans les deux cas, de face ou de profil, l'appareil doit être exactement à la hauteur du centre de la figure, afin de ne produire aucun effet de raccourci, soit en haut, soit en bas.

Pour les portraits de face, il est important de placer très exactement le sujet, de telle sorte que les deux côtés de la face soient vus également; il suffit, pour arriver au résultat voulu, de voir également les deux oreilles ; j'avoue qu'alors on arrive souvent à des effets disgracieux, mais il importe avant tout d'obtenir des documents scientifiques, même aux dépens du mérite artistique.

Pour les vues de profil, on peut se considérer comme exactement placé lorsque la ligne du nez passe bien exactement par les points les plus saillants.

Lorsqu'il est possible d'opérer dans un atelier, je n'aurai pas grand'chose à dire sur la question de l'éclairage : il suffira de chercher à éviter les effets de lumière^ et l'on devra se contenter de donner seulement un peu plus de valeur à l'un des côtés de la figure.

Pour les profils, il faudra également éviter la trop grande obliquité de l'éclairage, afin de ne pas exagérer les parties saillantes, tout en donnant cependant un certain modelé, indispensable pour mettre en relief les caractères de la figure.

Les sujets donl on prendra les portraits de face ou

de profil pourront être photographiés avec ou sans vêtements : dans le premier cas, il faudra chercher le plus possible à dégager le cou, afin de donner aux contours de la tête toute leur valeur.

Le sujet sera placé devant un fond clair, afin de ne pas avoir dans l'épreuve des parties qui se confondent avec le fond. Je ne conseillerai pas cependant le blanc pur, car l'effet serait trop dur : il faut choisir un moyen terme et employer une teinte gris clair. Le mieux est d'avoir une pièce d'étoffe de laine assez forte, roulée sur deux bâtons et dont la largeur peut être réduite à i™ ; sa longueur sera de 2", 20 environ, afin de servir également pour les portraits en pied.

En opérant dans l'atelier, on trouvera sous la main tous les moyens de poser convenablement le modèle et d'assurer son immobilité, enfin tous les accessoires nécessaires, rideaux et réflecteurs, pour obtenir un bon éclairage.

Mais ce ne sera là que l'exception ; le plus souvent on aura à opérer en plein air, et alors l'anthropologiste se trouvera aux prises avec toutes les difficultés de la Photographie en voyage. Il es donc important de connaître les moyens les plus pratiques pour surmonter ces difficultés.

Le sujet sera, autant que possible, placé à l'ombre, car les portraits faits au soleil seraient toujours défectueux, à cause des ombres portées et de la contraction des traits.

Il sera assis sur un siège solide (un tabouret en

bois non rembourré); derrière lui on suspend par un moyen quelconque le fond en étoffe, enSn la chambre obscure sera placée à la hauteur et à la distance nécessaires.

Pour éviter tout tâloanement et toute perte de t«mps, il sera bon de fixer par avance la distance à laquelle chaque objectif employé donnera la réduction au quart que nous proposons.

On calculera cette mesure une fois pour toutes., et, au moyen d'un mètre ou simplement d'une Scelle de longueur voulue et allant du sièg'e àl'appareil, on mettra en place du premier coup le modèle et la chambre noire.

Portraits en pied.

Les portraits en pied, les vues d'ensemble du corps humain, si nous pouvons parler ainsi, ont leur importance, et il ne faut jamais négliger de les faire, surtout chez les races noires.

Dans ce cas, il est indispensable d'opérer sur le nu ; cependant, s'il est impossible de faire autrement, on pourra encore tolérer comme vêtement une ceinture où une légère pièce d'étoffe dont le but sera le même que celui de la feuille de vigne, à la condition toutefois qu'elle n'empêche pas de bien apprécier les rapports de longueur des membres inférieurs et supérieurs.

On fera, comme pour la lêle, une vue de face et une vue de profil, en suivant exactement les

indications que nous avons déjà données et auxquelles il suffira d'ajouter que les bras seront pendants naturellement de chaque côté du corps, en laissant la main tournée en pronation, sans l'obliger à la retourner en supination, pose réglementaire chez le soldat, mais qui n'est pas naturelle.

Certains voyageurs ont l'habitude de placer une toise contre le sujet qu'ils doivent photographier, afin de donner l'échelle du dessin et de permettre d'effectuer des mesures. Nousnepouvons conseiller cette méthode, car cet accessoire produit toujours un mauvais effet, et les indications qu'il peut fournir n'ont jamais une précision suffisante. Il est beaucoup mieux d'agir comme pour les portraits et d'opérer toujours à la même échelle; mais ici la réduction au quart donnerait des épreuves beaucoup trop grandes ; enfin la grandeur maximum des plaques sur lesquelles je suppose que l'on opère, o™, i8 ou o",2i, ne permettra guère de dépasser une réduction au —,

Il faudra donc faire' un calcul semblable à celui que nous avons indiqué pour la réduction au quart.

Il en sera de même pour le fond (gris clair) et l'éclairage à donner au sujet.

Costumes.

Dans les deux cas que nous venons d'examiner, il fallait avant tout produire des épreuves scientifiques et éliminer presque entièrement toute pré-

occupation artistique ; aussi pas d'effets de lumière^ pas de pose cherchée, fond uni et clair, etc. Tout au contraire, lorsqu'il s'agira de photographier le costume de telle ou telle peuplade, l'élément artistique ne pourra plus être négligé, et il ne faudra pas oublier que l'Ethnographie, tout en ayant des bases réellement scientifiques, demande cependant à l'art la caractéristique de chaque race 5 or c'est précisément dans les vêtements, les armes, les outils, que se trouve cet élément.

L'emploi des fonds unis ne sera plus indispensable comme dans les cas précédents ; tout au contraire, s'il est possible de placer le sujet à photographier devant sa demeure, devant un rocher, contre un arbre, l'effet n'en sera que meilleur. Ainsi donc, on se préoccupera d'abord de l'ensemble ; une fois le cadre choisi, il faudra chercher à donner toute la valeur possible aux parties carac- j

téristiques du costume, et il serait difficile de j

poser des règles à ce sujet : c'est là surtout une affaire de goût, que doit diriger cependant une étude raisonnée et que tous les conseils possibles ne peuvent remplacer.

Je conseille de faire poser le modèle devant son habitation, il devient alors le sujet principal; tout au contraire, il doit devenir l'accessoire quand il s'agit de représenter l'habitation elle-même. Ici je !

n'aurai aucune indication spéciale à donner : tout dépendra des circonstances ; en général, cependant, il ne faut pas chercher à opérer sans soleil, comme

nous l'avons dit jusqu'à présent; un vif éclairage permettra d'obtenir plus d'effet et donnera un bien meilleur résultat. Mais, en voyage, il n'est pas toujours possible de choisir son éclairage, et l'oii agit alors pour le mieux.

Armes, outils, panures.

Il sera souvent fort intéressant de reproduire isolément, des armes, des outils, des parures. Il faut alors chercher à donner le plus de valeur possible au dessin et sacrifier l'effet artistique au renseignement scientifique.

On suspendra donc l'objet à reproduire devant un fond uni et clair, et l'on cherchera à dissimuler le plus possible les fils, ficelles, épingles, au moyen desquels on fera tenir les objets à la place voulue.

L'étoffe de laipe gris clair qui sert de fond pour les portraits pourra être encore employée ; mais je conseille fort d'avoir un fond spécialement affecté à cet usage ; car, si l'on utilisait la même étoffe pour servir de fond aux reproductions d'outils, d'armes, etc., et à celles des individus, elle serait bientôt froissée et percée de trous d'épingles qui dépareraient gravement les portraits, tout en étant sans inconvénients pour les reproductions de vêtements ou d'ustensiles.

En voyage, l'appareil suivant est excellent : on forme un cadre de i°* de côté avec quatre liteaux de

bois, reliés à chaque angle par un boulon à écrou pouvant se manœuvrer à la main ( écrou à oreilles) ; sur ce châssis on tend un filet à mailles assez larges et en forte ficelle ; par-dessus se place Pétofie de laine également fixée au cadre par un lacet qui passe dans des trous pratiqués sur les bords de l'étofie. et s'enroule autour du cadre en bois. Bien n'est alors plus facile que de fixer les objets à photographier, car partout on peut planter des épingles tordues «en S auxquelles on fixe l'objet soit directement, soit par un mince lien.

Il est inutile de chercher à donner la même échelle à toutes les reproductions; il suffira de noter leurs dimensions principales sur un carnet.

Appareils.

Nous examinerons dans un Chapitre spécial l'outillage nécessaire au naturaliste et les procédés à employer; nous devons cependant examiner dès maintenant la question des objectifs destinés aux portraits et celle de quelques manipulations spéciales à ces sortes d'épreuves.

Objectifs, — La rapidité avec laquelle on peut obtenir maintenant un négatif permet de mettre de côté les objectifs à grande ouverture qu'employaient jusqu'à ce jour les portraitistes et qui, outre leur poids considérable, avaient encore l'inconvénient de déformer plus ou moins les images. Il est donc préférable de faire usage des objectifs

à foyer plus long, qui, grâce à leur combinaison optique, donnent une image sans déformation.

Ces instruments employés sans diaphragmes fournissent d'excellents portraits ; avec un diaphragme de dimension convenable, ils permettent de faire des portraits en pied d'une égale netteté dans toutes leurs parties ^ ils serviront aussi pour les études de détails, car ils permettront d'obtenir des reproductions de grandeur naturelle d'objets de petites dimensions ; enfin ils doivent être regardés comme une des meilleures combinaisons pour le paysage, et la seule à employer pour les monuments. C'est donc, en fait, l'objectif par excellence pour le voyageur et celui avec lequel il pourra opérer en toutes circonstances.

Plusieurs opticiens construisent des objectifs de ce genre, mais en leur donnant des noms différents; nous allons indiquer les principaux, et nous ne parlerons que de ceux que nous connaissons parfaitement, grâce à une longue expérience.

Le premier en date, M. Steinheil, a mis dans le commerce son aplanat ; cette combinaison est excellente : elle est peut-être un peu moins rapide que celle de Dallmeyer, mais c'est là un bien léger défaut.

En dévissant la lentille de devant et en laissant en place celle de derrière, on obtient un objectif à paysage de longueur focale double.

Le seul défaut à reprocher aux aplanats de Steinheil, c'est d'être relativement un peu lents,

car le flint qui entre dans la composition de ses lentilles est un peu jaune.

M. Steinhcil fabrique six espèces d'objectifs; nous recommandons surtout les séries 2, 3 et 4, la série n° 3 pour groupes étant un peu plus rapide que la série n° 4, dite aplanats ordinaires.

Les objectifs de la série 1 sont désignés sous le titre de antiplanats ; leur qualité principale est l'égalité de la lumière sur toute l'étendue de l'image. Pour obtenir ce résultat, on a dû donner aux lentilles une forme tout à fait spéciale et différant complètement de celles connues jusqu'à ce jour. La lentille antérieure se rapproche des formes ordinaires, mais elle n'est pas achromatique ; celle de derrière a une épaisseur considérable (presque égale à son diamètre) : elle n'est pas achromatique non plus ; les deux verres sont presque en contact et il ne reste entre eux que juste la place nécessaire pour le passage des diaphragmes.

Ce n'est qu'au moyen de cette disposition qu'il a été possible de construire des objectifs qui, tout en conservant toutes les qualités qui constituent un bon instrument, offrent, en outre, l'avantage de donner une image nette jusqu'au bord extrême, une grande profondeur et une distribution de lumière plus égale sur toute la surface de l'image. Nous recommanderons les n°* 2, 3 et 4 dont les foyers sont de o™, Sa, o™,4i et o™, 53. Nous conseillerons également l'emploi des n"*3, 4 et 5, série 4, dont les foyers sont de o™,i 4, o"", 17 et 0°*, 27.

M. Berthiot construit des objectifs aplanats qui nous paraissent très soignés et qui se rapprochent sensiblement de ceux de Steinheil; nous recommandons plus particulièrement les n®* 4 et 5, dont les foyers sont de o"*, 26 et o"*, 36.

L'objectif que M. Dallmeyer nomme rapide rectilinéaire est obtenu par une combinaison de lentilles du même genre ; grâce à la composition des verres qu'il emploie, ses objectifs sont un peu plus rapides que ceux de l'opticien allemand.

Les n** 1, 2 et 3, dont les foyers sont de o™,i4j o™, 18 et o™,25, seront les plus employés : ils sont un peu plus chers que ceux de Steinheil, mais plus rapides et construits avec un soin extrême.

M. Darlot, à Paris, fabrique des objectifs du même genre que les précédents; ils sont excellents de tous points, et ce sont ceux que j'emploie la plupart du temps. Le seul reproche que nous pourrions faire à ces instruments est leur nom, hémisphérique rapide, mais c'est là un bien mince inconvénient : ajoutons qu'ils ont l'avantage de coûter infiniment moins cher que ceux de Munich ou de Londres.

Les n*** 1 , 2 et 3 seront suffisants dans la pratique ordinaire, leurs foyers étant de o™,i4j o™, 21 et 0^,27. M. Darlot a l'excellente habitude de munir ses objectifs de bagues intermédiaires qui permettent de les visser tous sur la même rondelle.

Obturateurs, — Tous ces objectifs permettent des poses très courtes lorsqu'ils opèrent à pleine

- 16 ~ ouverture, ce qui est le cas pour les portraits. Ceci oblige d'user d'un moyen particulier pour démasquer l'objectif et faire poser exactement les deux ou trois secondes nécessaires. A la main, il n'est pas facile d'obtenir un bon résultat; on pose généralement trop et, eu second lieu, il est difficile de

Fig. :.

suivre exactement des yeux la main qui manœuvre l'obturateur et le modèle qui peut remuer. On évite tous ces inconvénients en faisant usage de l'obturateur pneumatique, instrument qui se trouve maintenant dans tous les ateliers de Photographie,

U obturateur pneumatique simple {fig. i), construit par Guerry, se compose d'un volet très léger qu'une chambre à air C actionne, de telle sorte

que, en comprimant une poire en caou tchouc D, reliée à cette chambre à air par un tube en caoulcbouc, ce volet se relève et démasque l'objectif.

Cet appareil peut se placer en avant de l'objectif, sur le parasoleil : c'est là ce que font tous les photographes opérant dans l'atelier ( fig. i ) ; mais, en

plein air, ce système laisse souvent pénétrer de la lumière dans l'appareil, et les épreuves sont voilées ; on peut alors placer l'obturateur à l'intérieur de la chambre noire, comme l'indique la fig. i. Dans ce cas, il faudra pratiquer un trou à la planchette porte-objectif pour donner passage au tuyau de caoutchouc.

IJ obturateur instantané, tout en permettant

e idenlique, donne en outre la possibilité d'obtenir des poses très courtes, presque in-

stantanées, en variant la rapidité du mouvement des volets obturateurs.

Cet appareil, que représente la fig. 3, se fixe «ur l'objectif au moyen d'un collier en caoutchouc

et d'une vis de serrage, et ce système permet de l'adaptera des objectifs de dimensions différentes. Il se compose essentiellement de deux volets mobiles, d'une chambre à air avec poire en caoutchouc et d'une tige qui relie à volonté les deux volets. Trois combinaisons permettent de varier les effets de cet obturateur :

I** Les deux volets sont toujours parallèles; l'exposition est uniforme pour toute la glace. La rapidité est en raison inverse de la pression de la poire et peut varier de l» à ^^ de seconde.

2*^ Les deux volets commencent par décrire ensemble, parallèlement, un arc de 45'. A ce moment les premiers plans ont posé, le volet supérieur va démasquer le ciel. C'est alors qu'une tige à fourchette mobile, placée sur la poulie supérieure faisant excentrique, entraîne, avec une vitesse de quatre à six fois plus grande, le volet inférieur et vient le fermer alors que celui du haut n'a fait que la moitié de sa course. On a ainsi les premiers plans plus posés que le ciel.

3** En faisant échapper la corde de la gorge de la poulie inférieure, on a un obturateur à un seul volet convenable pour les temps de pose d'une demi -seconde et plus, pour le portrait, par exemple. En l'employant pour le paysage, les ciels sont moins posés que les premiers plans.

Cet appareil remplit donc toutes les conditions voulues, et, par de très simples et très rapides changements, il permet de varier considérablement

les temps de pose. De plus, son fonctionnement se fait sans amener de vibration, et l'opérateur, la poire en main, peut, sans quitter sa place en arrière de la chambre noire, viser Tobjet animé à reproduire et imprimer à l'obturateur son mouvement dès que se produit le moment opportun.

Manipulations:

Sans décrire ici les manipulations photographiques exigées par l'obtention dès portraits, nous devons donner quelques indications toutes spéciales à l'anthropologiste.

Suivant les pays où il opérera, le photographe aura des modèles bien différents au point de vue purement photographique : au Nord, des blonds à la peau blanche et mate; dans les régions chaudes, des jaunes, des bruns, des noirs aux reflets luisants; de là des modes d'opérer totalement contraires.

Pour la race blanche, la seule difficulté consiste à conserver aux chevelures blondes leur véritable valeur; la Photographie a l'inconvénient en effet de donner aux cheveux blonds une intensité de teinte absolument différente de celle qui apparaît à nos yeux; le jaune est plus antiphotogénique que toutes les autres couleurs, et c'est là ce qui fait qu'il est difficile sur une photographie de distinguer un blond d'un brun.

Il faut donc chercher à contrebalancer cet effet,

et les photographes habiles savent y parvenir ; il suffit de poudrer les cheveux et la barbe, en proportionnant la quantité de poudre à la teinte des cheveux.

Il est inutile, je suppose, de décrire cette opération, et une pratique de quelques jours permettra d'apprécier le degré qui convient à chaque teinte.

Les temps de pose seront assez courts; mais c'est là une question d'essais.

Si l'on doit placer devant l'objectif des sujets de race jaune ou noire, les conditions sont absolument différentes; ici, l'ensemble est antiphotogénique, mais il l'est proportionnellement dans toutes ses parties, et il suffit alors d'exagérer les temps de pose. Mais, comme l'intensité de la lumière des pays habités par les nègres est bien supérieure à celle du Nord, on se trouve ramené à des temps de pose relativement courts, et même à l'instantanéité; c'est, du reste, une condition excellente, car il est possible alors de mettre de côté l'appui - tête , et cependant d'obtenir des épreuves nettes.

PHOTOfiBAPHIE DU SaUELETTE.

L'étude de la charpente osseuse de l'homme a une importance considérable, et c'est presque exclusivement sur les caractères que présentent

certaines de ses parties , et plus particulièrement celles de la tête, que les anthropologistes de l'école moderne appuient toutes leurs déductions. La Photographie peut être d'un grand secours dans cette étude; malgré l'opinion contraire d'hommes éminents et à la condition de ne négliger aucune des précautions que nous énumérerons, il sera possible de produire des planches photographiques d'une exactitude absolue, et sur lesquelles la plupart des mesures d'angles seront faciles à exécuter.

Mais, je le répète, il faut se placer dans des conditions particulières pour atteindre un pareil résultat, et c'est probablement parce que les savants dont nous parlons n'avaient eu que des photographies faites par des opérateurs absolument étrangers aux recherches craniologiques, qu'ils ont condamné une méthode bonne en ellemême, et qui demande seulement à être mise en pratique par des personnes instruites des conditions dans lesquelles il faut opérer.

En effet, il ne suffit pas de placer un crâne devant l'objectif et de le reproduire en se préoccupant uniquement de la netteté de l'image et de son effet, il faut avant tout mettre en place le sujet à reproduire, et ici, plus encore que dans le cas des portraits, la position seule donne une valeur scientifique aux reproductions photographiques.

Presque toujours cette sorte d'épreuves se fait à l'atelier, et rarement il sera nécessaire de les exé-

culer en voyage, ou plus exactement en rase campagne. Un crâne, un os pourra toujours se transporter et être photographié tout à l'aise, soit dans l'atelier du photographe, soit dans une salle de musée. Il y aura donc de ce côté plus de facilité pour l'opérateur, moins d'embarras et d'accidents à éviter.

Sç[aelette8 entiers.

La représentation des squelettes entiers ne présentera aucune difficulté^ car on n'aura à demander à ces images que l'indication des proportions des différentes parties. Il suffira donc de placer exactement de face le squelette à photographier en se conformant aux indications que nous avons déjà eu l'occasion de donner en traitant des portraits de face et des portraits en pied. Je ne parle, bien entendu, que des squelettes montés et tels qu'on les trouve dans les collections d'Anatomie, et non pas d'un squelette désarticulé ou même monté par application sur un tableau.

Faut-il employer un fond noir ou au contraire un fond clair? C'est là une question quelque peu embarrassante. Le fond noir donne des épreuves plus agréables à l'œil et dans lesquelles il est facile d'obtenir de l'efiet ; mais il arrive souvent que les parties dans l'ombre se confondent avec le fond et que les lignes extrêmes ne sont plus assez nettes dans les parties moins éclairées. On peut cepen-

-aidant remédier à ce défaut d^une manière satisfaisante en opérant en pleine lumière (à l'ombre et non pas au soleil) et en plaçant le squelette de façon qu'il reçoive les 5rayons lumineux perpendiculairement et non pas de côté. Il faudra donc éviter, coûte que coûte, les reflets latéraux qu'un mur, par exemple, pourrait donner.

On peut encore obtenir un effet plus assuré en plaçant à droite et à gauche du squelette des réflecteurs (en papier ou en toile), en ayant le soin de leur donner une inclinaison égale, afin de détruire ou du moins d'atténuer le plus possible les efiets d'ombre portée. Ces réflecteurs seront disposés de façon à faire avec le fond noir un angle obtus, car il ne faut pas que les reflets se fassent sentir sur le fond noir. On enlèvera, il est vrai, par cette méthode, tout effet à l'épreuve, mais elle gagnera énormément au point de vue scientifique.

Le fond noir sera fait d'une étoffe de laine mate, et mieux encore de velours de coton.

Os séparés.

Quelquefois il est nécessaire de photographier des os séparés, humérus, clavicule^ fémur, etc. Dans ce cas, il faut abandonner les fonds noirs et opérer sur du blanc. Les éclairages latéraux doivent être évités avec soin, et, au moyen de réflecteurs formés de carton blanc, on cherchera à atténuer le plus possible les ombres portées.

Dans un autre Chapitre, nous indiquerons un procédé fort ingénieux, qui trouve surtout son application dans les photographies de coquilles, procédé dans lequel une glace transparente permet de supprimer complètement les ombres portées ; cette méthode pourrait, à la rigueur, être employée pour les os séparés de petite taille.

Une dernière ressource consisterait à enlever au pinceau, sur le cliché, tout le fond, en le peignant en noir; mais on est condamné, en employant ce procédé, à n'obtenir que des effets durs et peu satisfaisants.

Crâne.

C'est principalement aux photographies du crâne et de la face que Ton a plus d'une fois adressé les reproches contre lesquels nous nous sommes élevés, reproches qui ne tendraient à rien moins qu'à nier toute espèce de valeur à ces épreuves. En effet, d'après les auteurs auxquels nous faisons allusion, un tableau de mesures peut seul donner les caractères d'un crâne, et c'est tout au plus si l'on peut admettre l'exactitude des dessins obtenus mécaniquement par les diverses machines à dessiner combinées à cet effet.

Nous sommes loin de nier l'importance de chacune de ces méthodes, mais nous réclamons pour la Photographie une valeur réelle ; elle exige^ il est vrai, certaines précautions, mais qui sont faciles à

mettre en pratique, et plus que les dessins mécaniques, plus que les tables de mesures surtout, elle donne à Tesprit une idée plus facilement perceptible des caractères ; enfin elle permet seule une étude des détails et elle donne aussi fort exactement la mesure des angles les plus importants.

Nous allons donc examiner avec le plus grand soin les conditions qu'il faut remplir pour obtenir des résultats satisfaisants.

Les fonds noirs doivent être mis de côté; en dépit de toutes les précautions que l'on pourrait prendre, les ombres portées produiraient un effet inacceptable, et les lignes de la base du crâne seraient presque impossibles à obtenir nettement. Tout au plus, dans quelques circonstances exceptionnelles, peut-on user avec avantage d'un fond noir, quand il s'agit, par exemple, de photographier un crâne déformé ; ici, en eflFet, on a affaire à une monstruosité, et, en dehors des parties modifiées, le reste du crâne n'a pas d'importance. Grâce au fond noir, on peut alors mettre plus complètement en relief que par tout autre moyen la déformation qu'il s'agit de reproduire. Mais, nous le répétons, il conviendra presque toujours d'opérer sur un fond blanc. Il semblerait cependant qu'un effet analogue à celui que nous avons signalé dans l'emploi des fonds noirs dût alors se produire et que les parties extrêmes des os de couleur blanche pussent se confondre avec

le fond. Mais il n'en est rien, car les os, malgré leur apparence de blancheur, ont toujours une teinte plus ou moins jaune, et le peu d4ntensité de cette coloration est toujours suffisant pour donner une teinte à la reproduction photographique, le jaune étant la couleur la plus antiphotogénique de toutes : aussi, il sera toujours facile de donner aux os une valeur^ une teinte plus foncée que celle du fond blanc sur lequel on les aura placés.

Au moyen de réflecteurs en carton blanc, on cherchera à diminuer les ombres, surtout à la face inférieure : aussi faudra-t-il toujours placer audessous du crâne un morceau de carton très blanc, obliquement dirigé de haut en bas et d'arrière en avant.

Si l'éclairage a une importance réelle dans la photographie des crânes, la mise en place du sujet en a une bien plus considérable encore : c'est de là que proviennent toutes les erreurs, tous les défauts signalés par les adversaires de la Photographie.

Il ne faut pas, en effet, se contenter de poser sur une table un crâne, avec ou sans son maxillaire inférieur, et de le photographier alors, soit de face, soit de profil : dans ces deux positions, s'il est muni de son maxillaire inférieur, les images seront absolument défectueuses, surtout celles de face, car on aura des raccourcis qui peuvent quelquefois dénaturer complètement la forme du sujet. Si, au contraire, le crâne est dépourvu de mâchoire infé-

rieure, il peut donner un résultat satisfaisant ; mais encore la présence ou Tabsence des dents peut apporter des différences notables. Enfin, dans tous les cas que nous venons d'énumérer, les lignes inférieures seront incomplètes, par suite des ombres portées qu'il sera de toute impossibilité de faire disparaître.

Il convient donc d'éliminer d'abord ces ombres portées, et en second lieu de donner au crâne une position rationnelle qui permettra de comparer exactement entre elles les photographies de différents sujets. Grâce à M. Broca, nous connaissons déjà une méthode absolument exacte et qui nous donnera toute la précision nécessaire.

Le craniophore de M. Broca, sur lequel se placent les crânes que l'on veut dessiner mathématiquement au moyen du craniographe, est absolument nécessaire pour la photographie^ avec lui on sera assuré d'une parfaite réussite.

Le craniophore de Broca {fig* 4) se compose d'un socle en bois lourd, portant en son milieu une tige verticale en bois, de forme ovale et de diamètre suffisant pour entrer dans le trou occipital ; en haut cette tige est terminée par une plaque en fer, hérissée de petites dents, qui l'empêchent de glisser sur la surface osseuse. On introduit cette tige par le trou occipital jusqu'à la voûte du crâne, et on la fixe à l'aide d'une tige de fer e, qu'on met en mouvement à l'aide de la vis /, et qui s'écarte du support jusqu'à ce qu'elle soit arrêtée par le bord

postérieur du trou occipiul. Mais il faut, avant de fixer définitivement le crâne, le mettre exactement

en place au mo^en d'un instrument appelé libelle. La libelle {fig. 5) est une sorte d'équerre en

bois destinée à orienter le crâne dans une position déterminée.

Une gouttière 6, creusée dans la branche verticale de l'équerre, s'applique sur le bord antérieur du support du craniophore; on fait reposer les condyles occipitaux sur la branche horizontale, en c etc, et une rallonge e, qui glisse dans cette branche horizontale, est poussée jusqu'au contact du bord alvéolaire; on serre alors la vis du craniophore, et le crâne est en position.

Ce support permet de photographier les côtés, la face et l'occiput, mais il faut avoir recours à un autre appareil lorsque l'on veut reproduire la base ou le dessus du crâne, c'est-à-dire au suspenseur à fil à plomb condylien de Broca.

La Jig. 6 fera facilement comprendre la construction de ce support. Le crâne, suspendu par les deux fiches auriculaires c, c, est arrêté dans la position qu'on veut lui donner à l'aide d'une mince lame de fer rf, glissant dans une coulisse; on lui donne la position verticale à l'aide du fil à plomb condylien, qui du niveau des condyles descend sur le point alvéolaire. Le crâne ainsi disposé pourra être placé devant l'objectif.

Si l'on négligeait les précautions quenousvenons d'énumérer et si l'on ne cherchait pas à orienter le crâne à photographier, de façon que toutes les parties en soient symétriques et qu'il puisse reposer sur le plan horizontal passant par la face inférieure des condyles occipitaux et le bord inférieur de l'arcade alvéolaire, les épreuves que l'on obtiendrait n'auraient aucune valeur : c'est

pour ne pas avoir tenu compte de ces conditions que les figures de Blumeobach et de Pritchard sont souvent en contradiction avec le texte qui les accompagne.

A quelle échelle convient-il de faire les photographies des crânes humains? De même que pour

Fig. 6.

les portraits, il convient de faire observer que, trop petites, les images ne donneraient pas aux caractères une importance suffisante, et que trop grandes, de grandeur naturelle par exemple, elles seraient déformées, en ce sens que les parties saillantes seraient légèrement plus grandes que les derniers plans.

Avec des épreuves de demi-grandeur on évitera complètement tous ces défauts; on pourra même

pousser jusqu'aux deux tiers sans Inconvénient.

Je conseille d'user exclusivement pour ces photographies des objectifs aplanétiques dont j'ai déjà parlé à propos des portraits ; avec ces instruments on évitera toute déformation, et, comme l'on n'aura pas à craindre de mouvements, il sera facile d'obtenir une netteté absolue dans toutes les parties en usant de diaphragmes.

L'objectif aura un foyer assez long, et je conseille, pour les réductions à demi-grandeur, d'employer :

Len«6deSleinheil(36);

Le n° 5 de Dallmeyer (3o) ^

Le nMdeDarlot(35);

Len*>5deBerthîot(36).

Dans ce cas, la distance de l'objectif au crâne sera :

Pour le n* 6 de Steinheil o,54

» 5 de Dallmeyer o,45

» 4 de Darlot o,5a

» S de Berthiot o,54

Pour les réductions aux deux tiers, on emploiera :

Le n** 5 de Steinheil ( 27):

Le n° 3 de Dallmeyer (sS);

Le n« 3 de Darlot (26,5);

Le n** 4 de Berthiot (26).

Les distances de l'objectif au crâne seront proportionnellement les mêmes et peuvent se calculer d'après la règle suivante.

La distance/)' de Tobjectif à l'image et la distance focale principale sont liées par la formule

Ainsi, si l'on opère avec un objectif ayant une longueur focale de o"*,5o, on aura :

Même échelle p = p' = \

Réduction de moitié /^ = ' »5o, p' = 0,75

» au quart /? = 2,5o, />' = o,62

Amplification au double j^ = 0,76, /?' = i ,5o

» au quadruple /? = o,62, /?' = 2,5o

Il est facile d'étendre ce tableau aux différentes longueurs focales d'objectifs que l'on aura à employer, et l'on évitera ainsi bien des tâtonnements ; mais il est toujours prudent de vérifier au compas l'exactitude des dimensions de l'image par rapport au sujet.

Les reproductions de grandeur naturelle se feront avec des objectifs à long foyer, mais alors la chambre obscure devra pouvoir prendre un développement considérable.

J'ai obtenu d'excellents résultats en faisant usage du n° 5 de Darlot; son foyer étant de o",35, la chambre obscure avait o™,88 de tirage et le crâne était à o™,88 de l'objectif. C'est à peine si dans ce cas il y avait une légère exagération dans les parties saillantes, et la netteté ne laissait rien à désirer.

Dans le cas où l'on veut obtenir des reproductions de grandeur naturelle, il sera bon d'exécuter, comme pièce à l'appui, un dessin obtenu au moyen d'une machine à dessiner. Il me semble donc utile de décrire un de ces appareils, d'un maniement facile ; les dessins que l'on obtient avec eux sont de grandeur naturelle et pourront facilement être réduits par la Photographie à une échelle déterminée.

Stéréo graphe de Broca, — Cet instrument permet de dessiner, en projection géométrique, tous les détails de la surface des corps, et les dimensions ont été combinées pour les dessins du crâne. L'examen de la fig, 7 fera facilement comprendre le mécanisme de cet appareil. Un châssis à double articulation porte à sa partie inférieure deux branches parallèles a et 6, entre lesquelles on place le crâne. L'une, a, supporte le crayon qui affleure l'écran 5 l'autre, 6, placée sur l'autre côté du crâne, supporte une tringle exploratrice. Les deux tubes qui portent respectivement le crayon et la tringle sont en face l'un de l'autre et sur un même axe perpendiculaire au plan de l'écran.

L'écran est rectangidaire 5 on le place dans la position indiquée sur la figure pour dessiner le profil du crâne; un mécanisme fort simple, placé sur la face externe du montant, permet de retourner l'écran et de rendre son grand côté vertical pour dessiner la face supérieure et la face inférieure du crâne.

Les tringles sont au nombre de trois [Jlg. 8).

Ce sont : la tringle en couteau A, pour suivre les contours extrêmes ; la tringle conique B, pour dessiner le reste de la surface apparente ; et enfin

Fig. 7.

la tringle courbe C, pour dessiner les parties rentrantes qui sont masquées par le relief des parties environnantes.

Un coulant a, supportant un anneau où l'on introduit le pouce, sert à manier successivement les trois tringles.

On saisit rinstrument de la main gauche par la poignée articulée qui termine la branche b pendant que le pouce de la main, droite, introduit dans Panneau de la tringle, fait avancer ou reculer celleci, de manière à promener le tranchant du couteau A ou les pointes des tringles B et G sur les contours, lignes ou sutures de la surface du crâne. Ce dessin est géométral et non perspectif, c'est-à-dire qu'il donne l'exacte projection de toutes les parties

Fig. 8.

du crâne. Lorsque le dessin est terminé, on peut y ajouter aisément, dans leurs rapports géométriques, le dessin des parties qui, n'étant pas apparentes, ne peuvent être obtenues ni par la Photographie, ni les dessins ordinaires ; pour cela, on substitue aux tringles droites la tringle courbe G, et pour que ce nouveau dessin reste distinct du premier, on se sert d'un crayon d'une autre couleur, ou mieux encore on fait ces traits en pointillé.

Pour dessiner la vue de profil, la face antérieure et la face postérieure, on place le crâne sur le craniophore ordinaire, dont le pied carré peut s'adapter, dans trois positions différentes, dans

une mortaise carrée de la table du stéréographe.

Pour dessiner la face supérieure et la face inférieure, on doit remplacer le craniophore par le suspenseur {^fig* 6).

Les dessins ainsi obtenus sont repassés au crayon noir, et l'on cherche à leur donner quelque eflFet par la force plus ou moins grande du trait.

Rien ne sera plus facile que de réduire à une échelle déterminée ces dessins, en se servant de la chambre obscure; on aura ainsi un complément fort utile aux photographies directes^ ces réductions pourront recevoir des lettres de renvoi au texte bien plus aisément que les photographies, et, en tous cas, elles seront un complément excellent.

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