ET CHEZ TOUS LES FOURNISSEURS POUR LA PHOTOGRAPHIE
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L'inaltérabilité des images photographiques, qui préoccupe à juste titre tous les hommes sérieux, jaloiix de produire des œuvres durables, sans lesquelles la photographie ne peut plus exister^ nous a décidé à publier une brochure spéciale pour ce genre de travail, afin de remplir une lacune que nous avons remarquée dans les meilleurs ouvrages.
Depuis longtemps déjà nos recherches se sont portées sur l'emploi des sels de chrome incorporés à une mîxtion de gélatine colorée, connue sous le nom de : Procédé cm charbon, qui tend à se vulgariser de plus en plus, et qui commence à entrer dans le domaine de la pratique.
No&- efforts ont été couronnés d'un plein succès, car les images que nous obtenons chaque jour par ce procédé peuvent rivaliser, à tous les points de vue, avec les plus belles épreuves aux sels d'argent, et elles ont l'immense avantage de résister au temps, ce grand destructeur des pbotographies faites par l'ancienne méthode, qui est appelée à disparaître fatalement des ateliers, comme déjà ont disparu les plaques daguerréennes que l'on considérait comme le desiderata il y a trente ans 1
Telle est la loi du progrès !!!
Malheureusement, à l'exception de quelques hommes spéciaux, qui seuls, dans le principe, ont compris tout le parti qu'on pouvait tirer de la belle découverte de Poitevin, aucune maison sérieuse n'avait consenti à sortir de l'ancienne routine pour adopter une chose nouvelle qui, bependant, devait révolutionner la photographie ; c'est pourquoi il est peu de personnes, aujourd'hui, connaissant le procédé au charbon dans tous ses détails, et capables d'en faire une bonne application, malgré la simplicité des opérations.^
Nous pensons donc rendre service à tous ceux qui voudront désormais employer ce nouveau
genre d'impression, en mettant à leur disposition un cours complet et très-détaillé du procédé, afin de leur épargner de longues recherches, des essais souvent infructueux et une perte de temps considérable. Ils profiteront ainsi des travaux longs et dispendieux que nous avons dû faire nous-même pour arriver à une réussite certaine et à des résultats parfaits.
Nous compléterons ce petit volume par la description d'un procédé d'agrandissement avec négatifs au charbon et sur papier ;
D'un moyen très-simple pour faire les clichés pelliculaires ou retournés, si utiles pour l'impression au charbon, par un seul transfert, et surtout pour obtenir des images redressées par les encres grasses ;
D'un procédé pour la multiplication des clichés aussi fins que le négatif original, et enfin, d'une nouvelle méthode pour substituer aux fonds factices des ateliers, des fonds faits d'après nature ou autres, etc., etc.
Nous n'avons pas cherché à faire de phrases inutiles, mais nous nous sommes efforcé d'être clair et concis; nous espérons avoir atteint notre but.
Il suffira donc, à toute personne intelligente connaissant déjà la photographie ordinaire, de suivre les formules indiquées dans ce volume, et de tenir compte très-scrupuleusement de nos observations, pour arriver promptement à dçs ré^ sultats certains.
Nous serons heureux si, par ce travail, nous contribuons à vulgariser le procédé au charbon, qui, seul aujourd'hui, peut relever la photographie du discrédit qui s'attache aux images éphémères produites par les sels d'argent, en attendant que les encres grasses, dont les résultats deviennent chaque jour plus beaux et l'exécution plus facile, le remplacent à leur tour dans les ateliers des photographes portraitistes, comme cela a lieu déjà pour les publications de quelque importance dans les ateliers des lithographes qui ont su s'adjoindre cette branche du nouvel art.
AVANT-PROPOS
Depuis longtemps, les photographes ayant reconnu l'instabilité des images formées par les sels d'argent, quelques-uns d'entre eux se sont efforcés de remédier a ce vice capital en substituant à ces sels altérables une matière analogue à l'encre d'imprimerie, dont la durée est illimitée.
La découverte du procédé au charbon, dont nous nous occuperons spécialement dans la première partie de cet ouvrage, est due à M. Poitevin, et remonte à 1855.
Depuis cette époque, plusieurs chercheurs, parmi lesquels nous citerons : l'abbé Laborde, Fargier, Blair, Swan, Jean Renaud, Davies, Johnson, Vidal, Marion et autres, comprenant l'im--
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portance de cet admirable procédé, s'en sont faits les premiers propagateurs en le perfectionnant. Malheureusement, ils avaient à lutter contre la routine, dont la force d'inertie est immense, et aussi contre, certaines difficultés inhérentes au procédé lui-même, qui ne permettait pas encore de produire un travail régulier et sûr.
La difficulté et lïncertitude de la fabrication du papier au charbon, dont la qualité dépend d'une foule de causes qu'il fallait étudier sérieusement, ont également retardé la production en plus grand nombre d'épreuves inaltérables, surtout parmi les photographes portraitistes.
Grâce aux efforts persévérants de certains hommes de progrès qui ont compris, les premiers, que la production d'épreuves inaltérables pouvait seule sauver la photographie de la défaveur, chaque jour croissante, qui s'attache aux images fugitives, on peut dire aujourd'hui que le but est atteint et que la photographie aux sels d'argent est destinée à disparaître fatalement dans un avenir très-prochain.
Nous sommes heureux, pour notre part, d'avoir pu contribuer à cet état de choses, qui, nous en sommes convaincu, donnera un nouvel essor
AVANT-PROPOS
à l'arl que nous pratiquons, et nous sommes convaincu que bientôt tous les photographes sérieux comprendront leur véritable intérêt en produisant exclusivement des œuvres durables, que le public intelligent saura apprécier.
Extrait du journal V Evénement^ en date du 20 novembre 1875 :