LA PHOTOGRAPHIE INALTÉRABLE
La photographie vient de faire un pas immense qui doit la faire classer dès aujourd'hui au premier rang des arts industrels.
Tout le monde a pu remarquer que les épreuves tirées par l'ancienne méthode aux sels d'argent, si belles lorsqu'elles sortent de l'atelier, s'altèrent promptement, jaunissent d'abord, puis pâlissent, et finalement s'effacent au bout de quelques années. Il était donc impossible de produire des œuvres durables malgré tous les soins qu'on pouvait apporter à ce travail, car l'élément destructeur était dans l'image elle-même, c'est-à-dire dans le composé des produits qui l'avaient formé.
Ce fâcheux état de choses a préoccupé depuis longtemps les spécialistes et les chercheurs, dont plusieurs se sont mis à l'œuvre pour trouver un remède efficace contre cette maladie qui menaçait
EXTRAIT DE L'IÎVÊNEMEIN'T 9
de tuer la photographie, celte magnifique découverte du giècle !
En 1855, un savant chimiste, M. Poitevin, découvrait Faction de la lumière sur la gélatine bichromatée, permettant d'obtenir, avec des poudres inertes et impalpables, des épreuves indélébiles comme la gravure et la lithographie. Ce procédé, qui devait devenir la base des nouveaux tirages photographiques en ouvrant un horizon nouveau à tous les adeptes des Niepce, des Daguerre, des Talbot et autres savants, a nécessité vingt années pour arriver au degré de perfection où il est aujourd'hui, grâce aux efforts persévérants de quelques hommes dévoués à la science qui ont pâli sur cette question ardue : remplacer les sels d'argent, si facilement attaquables, par des substances capables de défier les actions combinées du temps et de la lumière, tout en produisant des images pouvant rivaliser comme finesse et comme beauté avec celles qui avaient eu la vogue jusqu'alors.
Parmi ces chercheurs nous citerons en première ligne Fargier , Swan , Johnson , Marion , Léon Vidal, Liébert, etc., etc. Aujourd'hui, les perfectionnements acquis changent complètement Tart