‹ La photographie au charbonChapitre 20 sur 37 · FABRICATION DU PAPIER MIXTION NÉ SANS FIN · texte numérisé non relu

FABRICATION DU PAPIER MIXTION NÉ SANS FIN

pèse très-exactement la quantité voulue pour le nombre de rouleaux que Ton a à faire dans la journée, et on procède au broyage de chacune des couleurs d'abord séparées, puis on les mélange ensuite toutes ensembles sur la table de marbre , comme cela a été expliqué précédemment pour le papier de transport, avec cette différence que l'on emploie un peu d'eau froide, en place de glycérine, pour faciliter ce broyage.

D'autrepart, la gélatine est mise à tremper

dans la quantité d'eau indiquée, à laquelle on a ajouté le sucre et le savon ; lorsqu'elle est suffisamment gonflée, on la fait fondre aubain-marie, et on en prend une petite quantité pour recommencer, sur la table de marbre et avec la molette et le couteau à palette, le broyage et le mélange intime de cette gélatine avec les couleurs, que Ton introduit ensuite par petite quantité à la fois dans la masse chaude, en ayant soin de bien remuer le liquide afin d'éviter un précipité des couleurs qui, n'étant pas suffisamment divisées, reparaîtraient sur chaque épreuve en un semis de petits points noirs, ce qui lui enlèverait toute sa finesse.

La mixtion est alors prête à servir, si on veut préparer le papier non sensibilisé.

Si on veut, au contraire, avoir un papier sensible, on fait fondre le bichromate de potasse et le carbonate de soude dans une petite quantité d'eau chaude et on l'introduit dans la gélatine colorée, goutte à goutte, en remuant vivement. La mixtion est alors passée à travers une mousseline de laine en double, que l'on a le soin de fixer sur la cuvette cylindrique de la machine au moyen de pinces américaines ; l'eau du bain-marie de cette machine est chauffée à la température de 40° centigrades en été et de 4 S'' en hiver, afin que la mixtion conserve jusqu'à épuisement une température de 30 à S^"".

On promène à la surface du liquide un morceau de papier blanc pour chasser les bulles ainsi que les impuretés et la pellicule supérieure qui auraient pu se former pendant le filtrage ; puis on place sur l'appareil une bande de papier coupée de dimension et jointe aux extrémités, on règle les coulisseaux afin que le papier, conduit par le rouleau inférieur, se trouve constamment en contact avec la mixtion , et on tourne la manivelle lentement et régulièrement, jusqu'à ce que le papier tout entier, entraîné par le rouleau supérieur de la machine, ait fait un lour complet

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et soit couvert d'une couche de gélatine colorée; on coupe alors le papier à la partie inférieure et on l'enlève avec la fourchette en fer pour le placer sur un des supports où il doit rester jusqu'à dessiccation complète, en ayant soin d'attacher à chacune des extrémités, avec des pinces américaines, une latte en bois destinée à maintenir le papier parfaitement droit et à l'empêcher de se recoqueviller en séchant.

Gomme nous avons donné la proportion pour faire un rouleau, on comprendra qu'il est facile d'en faire tel nombre que l'on voudra à la fois en multipliant cette proportion par le nombre de rouleaux que l'on veut faire dans la même journée.

Le mouvement plus ou moins rapide que l'on imprime au rouleau conducteur produit une couche plus ou moins épaisse de gélatine sur le papier; mais on peut calculer que^ avec une mixtion dont la température n'excède pas 35^ centigrades, 20 à 25 secondes doivent suffire pour opérer la révolution complète d'une bande de papier ayant S'^SO de longueur; si le mouvement était plus lent, la couche serait plus mince, et vice versa.

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