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CHAPITRE VIII

Sensibilisation.

Ne jamais faire flotter, mais immerger le papier pendant une minute et demie à deux minutes et demie dans le bain de bichromate de potasse , à 2 pour 100' en été et 3 pour 100 en hiver. Quand le papier au charbon est peu soluble et que les clichés à imprimer sont faibles, ajouter au bain sensibilisateur une petite quantité d'ammoniaque ou de carbonate de soude en solution.

Passer toujours la main ou un blaireau à la surface du papier pendant qu'il est dans le bain sensibilisateur, pour chasser les bulles d'air et faciliter l'assimilation du liquide dans toutes les parties du papier.

Placer un tube en verre sur le bord de la eu-

vette contenant le bain sensibilisateur, afin d'enlever l'excès du liquide en faisant glisser la surface mixtionnée sur ce tube lorsqu'on retire le papier du bain.

Faire sécher le papier sensible dans une pièce aérée, exempte d'humidité, mais d'une température moyenne, et éclairée seulement par des verres jaunes.

Ne jamais faire sécher le papier sensible par la chaleur du gaz ; éviter les émanations d'hydrogène sulfurée produites par les cabinets d'aisance.

Autant que possible, ne sensibiliser le papier que pour le travail d'un ou deux jours, car il perd d'autant plus de sa sensibilité, et surtout de sa solubilité, qu'il a été préparé depuis plus longtemps.

Pour avoir la même sensibilité, immerger le papier au charbon exactement le même temps dans le bain de bichromate, que l'on doit tenir constamment au même degré de concentration.

Renouveler le bain de bichromate tous les deux ou trois jours.

Par les grandes chaleurs, maintenir le bain de bichromate à une température qui n'excède pas 10° centigrades en l'entourant de glace si cela est

nécessaire, et sensibiliser dans Tendroit le plus frais possible, dans une cave au besoin, pourvu qu'elle ne soit pas humide.

Coupage du papier au charbon.

Placer le papier mixtionné face en dessous sur une glace bien propre, le couper parfaitement d'équerre avec un calibre en verre dépoli ou en zinc, lorsqu'on veut imprimer au moyen des nouveaux châssis.

Ne jamais toucher avec les doigts la surface sensible , afin d'éviter les taches ; mettre , au contraire, des gants de fil blanc pour faire le coupage et les autres opérations, jusqu'au moment où le papier est plongé dans l'eau pour le développement. •

Tirage.

Avant de faire le tirage complet, essayer chaque matin la sensibilité du papier en prenant un cli-

ché de force moyenne ; on pourra ensuite imprimer à coup sûr en comparant la densité de chaque cliché.

Une exposition trop longue donne des épreuves trop foncées, une exposition trop courte donne des images sans détails.

Les clichés vigoureux donnent des images brillantes et riches de ton, ceux qui sont, au contraire, trop faibles produisent des épreuves lourdes et grises.

Si la lumière ne permettait pas d'imprimer une épreuve à sa valeur complète, on pourrait remettre le développement au lendemain, l'image gagnerait d'autant plus en intensité que la gélatine deviendrait moins soluble.

Ne jamais imprimer en plein soleil, ou, dans ce cas, exposer une teinte sur quatre en plus que si on imprimait à l'ombre. •

Le temps d'exposition pour les épreuves destinées à être vues par transparence, doit être plus prolongé, de moitié environ, que pour celles qui sont vues par reflexion, il en est de même pour les positifs destinés à faire des clichés agrandis.

Le papier au charbon est d'autant moins sen-

sible et moins soluble qu il a été sensibilisé depuis plus longtemps.

Par les temps humides, le papier est plus sensible que par les temps secs, mais il est moins soluble.

Lorsqu'on veut obtenir des images à deux teintes avec inscription, au moyen des nouveaux châssis , avoir soin de marquer le dos du papier avant de le retirer de la presse, afin de ne pas le mettre sens dessus dessous.

Lorsqu'on imprime avec les châssis ordinaires, coller du papier noir ou jaune autour du cliché, afin de préserver de la lumière les bords du papier au charbon pendant l'insolation.

S'assurer que les coussins des châssis sont bien secs, pour éviter que la mixtion colorée se colle au cliché.

Ne jamais employer de clichés retouchés sur le vernis, sans les avoir, au préalable, recouverts d'une couche de collodion, pour éviter les marques de la retouche qui se produisent quelquefois sur l'image au charbon.

Lorsque le papier bichromaté est plongé dans l'eau, il perd à l'instant sa sensibilité; donc on n'a plus à craindre la lumière pour le développe-

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ment qui devra se faire dans une pièce bien éclairée, afin de pouvoir juger de la valeur des épreuves.

Préparation des glaces, des plaques métalliques et des supports flexibles pour le développement par double transfert.

Employer toujours de préférence de la cire jaune commune, et non de la cire blanche, qui contient souvent des matières grasses ; la racler finement, afin qu'elle se dissolve plus facilement dans la benzole, et y ajouter une petite quantité de résine pour empêcher le décollement trop prompt de rimage, lorsqu'elle est montée.

Quand on se sert de glaces, les frotter en longueur et en largeur (avec un tampon de papier joseph, qui est meilleur lorsqu'il a servi plusieurs fois) jusqu'à ce que la benzole soit complètement évaporée , puis enlever l'excès de la cire en frottant modérément avec un morceau de flanelle jusqu'à ce que la glace ait repris son brillant, tout en conservant à sa surface un principe gras

iOa LA PHOTOGRAPHIE AU CHARBON

suffisant pour isoler Fimage lorsqu'on veut l'enlever après le transfert sur papier.

Si l'excès de cire n'est pas suffisamment enlevé, l'épreuve n'adhérera pas ou se décollera trop vite lors du séchage; si, au contraire, la glace n'était pas complètement ou pas suffisamment cirée, on ne pourrait plus la détacher sans la déchirer.

Employer autant que possible de bon verre, exempt de raies ou de bulles qui marquent sur les épreuves émaillées; le verre opaque ou la porcelaine sont préférables pour suivre le développement.

Pour les images demi-brillantes, les développer de préférence sur papier stéariné ou à la gomme laque (support flexible), en ayant soin de préparer la surface, chaque fois qu'on s'en est servi, avec la solution de cire et de résine dissoute dans la térébenthine, et rejeter ce papier de support lorsqu'il a servi trois ou quatre fois au plus.

Nettoyer avec soin les plaques métalliques grainées qui doivent servir au développement des épreuves mates, et les enduire chaque fois de la solution de cire et de résine dissoute dans la

térébenthine, afin que Fimage se détache facilement, en conservant toute sa pureté.

Lorsqu'on a collodionné une glace, laisser toujours évaporer Féther pendant deux ou trois minutes avant de la plonger dans une cuvette d'eau fraîche, où elle devra séjourner jusqu'à ce qu'elle soit complètement dégraissée.

Développement.

Avant de mettre le papier au charbon impressionné sur la glace collodionnée pour développer l'image, le tremper dans une cuvette d'eau fraîche pendant une ou deux minutes, jusqu'à ce qu'il ait repris sa planimétrie; mais ne jamais le laisser se retourner, car il ne pourrait plus adhérer; projeter toujours un peu d'eau sur la glace avant d'y placer l'image.

Par les grandes chaleurs, refroidir Feau dans laquelle en plonge le papier mixtionné, en y introduisant un morceau de glace.

Couvrir toujours d'une toile caoutchoutée les épreuves qui sont sur la glace avant de frotter

avec la raclette pour chasser les bulles d'air et produire Tadhérence, tout en préservant le coUodion de tout déchirement lorsqu'on opère sur glace.

Ne jamais arracher le papier violemment de la glace, mais le laisser tomber seul par la chaleur de l'eau, en l'aidant doucement, s'il y a lieu, lorsqu'il commence à se détacher, puis projeter l'eau avec la main pour enlever la couleur en excès et la gélatine insoluble, jusqu'à ce que l'image paraisse bien pure, vue par transparence.

Ne pas employer d'eau trop chaude, surtout avec un papier très-soluble, afin de conserver toutes les demi-teintes.

L'image au développement doit toujours paraître un peu faible, surtout quand elle est destinée à avoir le demi-brillant du papier albuminé, car elle remonte en séchant.

Lorsqu'une image est trop foncée par suite d'une trop longue exposition, on peut la laisser plusieurs heures dans l'eau chaude, où elle se réduit graduellement. On peut encore la réduire dans un bain alcalin de carbonate d'ammoniaque ou de cyanure de potassium.

Après le fixage à l'alun, l'image doit être vigou-

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reusement lavée sous un fort robinet d'eau froide.

La solution d'alun pour fixage ne doit pas dépasser 1 ou 2 o/o , car si elle était trop concentrée, la gélatine deviendrait trop insoluble, et le papier de transport adhérerait difficilement ; il se produirait alors des myriades de points blancs d'apparence métallique.

Ne jamais faire sécher les épreuves trop vite après le développement, mais les placer, autant que possible, dans un courant d'air chaud.

Retouche des épreuves.

Les épreuves qui doivent avoir le brillant de l'émail sont repiquées par transparence sur la glace avant le transfert; celles que l'on veut conserver mates ou avec le demi-brillant de l'albumine pourront être retouchées après être détachées de la glace ou du support flexible.

Ne jamais retoucher une épreuve avant qu'elle soit parfaitement sèche , et laisser sécher la couleur avant d'appliquer le papier de transport.

Les images au charbon, mates ou demi-brillantes ^

peuvent être retouchées avec la plus grande facilité, soit à l'encre de Chine, soit au crayon noir, à l'huile, ou à l'aquarelle ; dans ce dernier cas, il faut avoir soin d'enlever le corps gras qui se trouve à la surface, en frottant légèrement avec un tampon de flanelle imbibé de benzole ou d'essence de térébenthine pure.

Le coloris des épreuves au charbon qui doivent rester brillantes, se fait comme la grande retouche sur le verre, avec des couleurs à l'albumine qui ne se dissolvent pas dans l'eau, avant l'application du papier de transport.

Transport des épreuves.

Avoir soin que Teau dans laquelle on trempe le papier de transfert soit assez chaude pour que la gélatine soit 'bien ramollie et collante, sans cependant qu'elle se dissolve ; car, dans le cas contraire, il n'y aurait pas adhérence complète et l'image serait couverte de points brillants après dessiccation. ^

Ne jamais mouiller l'épreuve à l'eau chaude

avant l'application du papier de transport, mais à Veau froide.

Montage des épreuves émaillées.

Employer de préférence du papier de transport ordinaire dont on colle deux ou trois feuilles au dos du papier de transfert, après avoir fait ramollir la gélatine à Teau chaude. Si on préfère se servir de carton, avoir soin de le ramollir en le plaçant pendant quelques instants dans un cahier de papier buvard mouillé, et le coller ensuite au dos de l'épreuve avec de la gomme arabique.

Albuminer les bords de la glace, ou tout au moins bien les frotter pour enlever le collodion et la cire, afin que le papier ne se détache pas avant qu'il soit parfaitement sec.

Ne jamais monter les épreuves avant que le papier de transport soit sec, car alors il y aurait écrasement des reliefs de l'image et déplacement des lignes.

Placer les épreuves montées debout ou à plat sur des étagères, dans un courant d'air autant que

possible ou dans une pièce cliauffée, afin que la dessiccation puisse se faire promptement et complètement.

Lorsque les images sont retirées de la glace, elles sont coupées de dimension avec un calibre, puis bombées, si on le juge convenable, 'et collées sur des cartons définitifs avec de la gomme arabique très-épaisse, que l'on met tout autour avec un pinceau ; on laisse pendant quelques minutes sous la presse, avec un bloc de bois creux pour empêcher l'aplatissement, puis on garnit de papier Joseph.

Épreuves demi-brillantes.

Lorsqu'on a développé sur glaces collodionnées, îl suffit d'appliquer le papier de transport sur l'image non retouchée, et de la détacher du support aussitôt qu'elle est sèche ; après quoi on coupe et on colle sur carton comme les photographies ordinaires sur papier albuminé, puis on retouche et on satine sans encaustiquer.

Pour les épreuves développées' sur un support

flexible, lorsquelles sont détachées du support temporaire il faut les frotter avec la solution de cire dissoute dans la benzole, ou les couvrir d'une couche de vernis à la gomme laque, très-étendu d'alcool, puis les couper, les coller sur carton comme à l'ordinaire, et satiner à chaud ou à froid; on peut encaustiquer de nouveau, si cela est jugé nécessaire.

Épreuves mates.

Les épreuves qui doivent rester mates pour être retouchées à l'encre de Chine, au crayon ou à l'aquarelle, sont enlevées de leur support rigide, métallique ou autre, avec le papier de transport comme il a été dit précédemment, puis collées sur carton, satinées et retouchées. Celles que l'on veut colorier à l'aquarelle seront frottées sur toute la surface avec un tampon doux imbibé de benzole pure, afin d'enlever la cire qui repousserait la couleur à l'eau; pour les autres, on pourra ajouter quelques gouttes d'huile d'olive dans la benzole.

Précautions.

Ne jamais tremper les mains nues dans le bain de bichromate de potasse lorsqu'on a des gerçures ou des coupures aux doigts; employer, dans ce cas, des gants en caoutchouc pour empêcher l'introduction du poison vénéneux, qui produirait des désordres dans l'organisme.

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