‹ La photographie des commençantsChapitre 21 sur 37 · Nous sommes revenus au-dessus de la · texte numérisé non relu

Nous sommes revenus au-dessus de la

cuvette à développement H; versez dans votre second verre à expériences une partie de votre solution et répandez-la sur l’image, promenez un instant le liquide pour qu’il chasse partout l’eau qu’il remplace, puis reversez dans le verre; ajoutez, au moyen du flacon G (fîg. 19), quelques gouttes de solution d’argent, reversez le tout sur l’épreuve, et ainsi de suite. Plus vous ajouterez d’argent, plus le noircissement de Pimage marchera vite, mais plus vous courrez le risque de voiler le fond et de faire des dépôts granuleux qui ne peuvent être enlevés et perdent l’épreuve.

llt>. — Il faut une juste mesure, et il est préférable d’employer un peu plus de temps au renforcement et moins d’argent à la fois , en restant mieux maître d’arrêter, de modifier le travail selon le besoin.

Sous l’action de cet agent, les noirs de l’image augmentent ainsi que les demi-teintes, les clairs demeurent parfaitement limpides; de sorte, qu’avec un peu d'habitude, on reste libre d’obtenir l’effet qne l’on désire.

116. — Hélas, mon cher élève, je ne puis vous appliquer ces dernières paroles; vous avez beau faire, ajouter de l’argent à votre acide pyrogallique, votre épreuve ne marche pas. Voyons, lavez-la, reversez de la solution d’acide pyrogallique seule, puis additionnez d’argent et continuez; les noirs montent un peu, mais bien faiblement et gardent une teinte rousse de mauvais augure. Votre épreuve est solarisée ,

elle a reçu une trop longue impression lumineuse; continuez : l’intensité n’augmente pas, il faut aux grands maux les grands remèdes.

117. — Lavez et versez dans un verre une quantité suffisante du liquide que contient ce flacon que je viens de préparer. Ah ! voilà le noir absolu qui envahit brusquement votre image. Bravo, promenez bien également le liquide; vous êtes sauvé, mais votre épreuve pouvait être perdue.

Maintenant, cher élève, vous allez me demander mon secret; hélas, c’est celui de Polichinelle! seulement c’est l’emploi d’un corps dangereux que je vais ajouter à d’autres : enfin, il le faut. Vous garderez ce flacon étiqueté en lieu sûr, et vous vous souviendrez que le nom antique de ce corps était d’une effrayante sincérité. C’était le sublimé corrosif , maintenant c’est le bichlorure de mercure, toujours un des toxiques les plus puissants que l’on connût dans l’ancienne medecine. Maintenant, nous avons progressé et nous avons un arsenal complet de ces corps, ornés de noms beaucoup plus pittoresques, mais moins clairs.

118. — Cette solution de bichlorure de mercure se fait en mettant à fondre 1 gramme de ce sel dans 100 grammes d’eau distillée. On remue de temps en temps pour activer la dissolution qui est assez lente.

Il ne nous reste plus qu’à bien laver et à gommer la surface de votre image.

Page 1