‹ La photographie des commençantsChapitre 4 sur 37 · ÉTABLISSEMENT DE L’ATELIER · texte numérisé non relu

ÉTABLISSEMENT DE L’ATELIER

24. — Le grand écueil de la photographie, c’est qu’elle donne d’un seul coup une image complète : si donc, par la faute de l’opérateur, le modèle est défectueux, l’épreuve le sera forcément et sans remède. Je laisse de côté la retouche manuelle des images, car elle ne rentre pas dans notre cadre élémentaire, et demande l’intervention d’un artiste parfaitement au courant des ressources nombreuses, mais délicates, de cette branche de la peinture.

Je dis le grand écueil de la photographie ; j’appuie sur ces mots, parce qu’ils sont l’explication d’une vulgarisation absurde de cet art si fécond. Au premier abord tout le monde croit pouvoir faire de la photographie; mais, par Dieu, tout le monde peut faire un bonhomme avec du fusain, tout le monde peut aussi faire un pot-au-feu, mais avec les substances nécessaires! Hélas! combien de photographies ne valent pas le premier bonhomme que nous avons fait, ni le premier pot-au-feu que nous aurions pu faire! Il faudrait que le goût public, plus épuré, en

appelât de ces vocations écloses sons la facile production des bonshommes photographiques; mais il se heurtera contre les besoins à bon marché des classes inéclairées , et quelquefois de celles qui sont censées ne pas l’être.

25. — Pour avoir un modèle parfait, il faut disposer artistement ses lignes, c’est de la perspective ; il faut éclairer parfaitement ses reliefs, c’est là du dessin. Pour éclairer parfaitement, il faut disposer des moyens appropriés de varier l’incidence et la valeur de la lumière générale qui nous entoure; tout cela ne peut guère s’obtenir que dans un endroit

Fig. 3.

spécial, exposé au nord, vitré sur la plus grande partie au-dessus et par côté, et muni de rideaux se mouvant dans tous les sens.

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