‹ La photographie en Amerique (volume 2)Chapitre 110 sur 131 · TRAITEMENT DES RÉSIDUS PHOTOGRAPHIQUES · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DES RÉSIDUS PHOTOGRAPHIQUES

de 20 à 25 centimètres au-dessus du fond inférieur, on fixe une cannelle en bois, afin de pouvoir soutirer les eaux claires.

• Les tonneaux ayant contenu de l’huile de pétrole sont excellents pour cet usage.

Les bains de lavage, d’hyposulfite, de virage sont recueillis et mélangés dans ces tonneaux; lorsque l’un d’eux est plein, on y verse un litre environ d’une solution saturée de carbonate de soude, puis on y ajoute :

Acide chlorhydrique 600 c. c.

Sulfure de potassium (foie de soufre; . . 300 grammes.

Sulfate de fer commun 100 —

Ammoniaque liquide . ion c c.

On remue à différentes reprises et on laisse déposer.

L’opération peut être considérée réussie, lorsqu’un peu de ce liquide, soutiré à clair, ne se trouble pas par l’addition de quelques gouttes de sulfure d’ammonium. La cannelle pourra alors être ouverte, pour laisser écouler toute l’eau contenue dans le baril ; puis , on pourra mettre de nouveaux résidus qui seront précipités de la même manière, jusqu’à ce qu'on juge à propos de convertir le précipité en argent métallique. On recueille alors, sur un filtre en feutre, toute la boue contenue au fond du baril et, après qu’elle est bien desséchée, on l’envoie à la fonte.

Au lieu de précipiter le métal à l’état de sulfure par une addition de foie de soufre, ainsi que nous venons de l’indiquer, pour être ensuite fondu après grillage, on pourra placer des lames de cuivre rouge dans chacun des tonneaux ou vases en grès destinés à recevoir les eaux de lavage ou résidus liquides ; ces lames de cuivre, abandonnées dans la solution de nitrate d’argent exemptes d’hyposulfite , précipiteront tout l’argent à l’état métallique en vingt-quatre heures;

lorsque ces eaux contiendront de l’hyposulfite de soude, le précipité se produira plus lentement et nécessitera deux et même quatre jours.

Il sera donc bon d’avoir deiîx pots dans lesquels on placera tout simplement des lames de cuivre qui pourront s’appuyer contre les parois; dans l’un on jettera les eaux de lavage proprement dites, dans le second on versera les vieux hyposulfites, bains de virage, etc.; il se formera sur la partie immergée des lames de cuivre un précipité d’argent métallique, qu’on aura soin de détacher de temps à autre avec une brosse dure. Après un certain temps, la poudre d’argent accumulée au fond du vase sera recueillie sur un filtre ou sur une toile, puis séchée et fondue. Cette dernière opération devient facile dans les conditions actuelles, car il suffira, pour opérer la fusion, de placer un creuset de bonne qualité dans un fourneau de fondeur, et de le porter au rouge vif ; puis, cette température atteinte, d’y projeter peu à peu le mélange suivant :

Poudre métallique lavée et séchée. ... 100 parties.

Borax fondu pulvérisé 50 —

Nitre fondu pulvérisé 25 —

Le nitre a pour but d’oxyder la majeure partie du cuivre entraîné pendant le brossage des lames. Lorsque, dans le creuset, dont la capacité doit être telle qu’il puisse contenir trois fois au moins le mélange, toute ébullition aura cessé, on donnera un bon coup de feu pendant vingt minutes ; on laissera refroidir, puis on cassera le creuset pour en extraire le culot métallique, qui pouira être immédiatement transformé en azotate d’argent, en le traitant comme il a été dit dans le chapitre précédent.

Comme on a pu s’en rendre compte, toute cette opération,

TRAITEMENT DES RÉSIDUS PHOTOGRAPHIQUES o 1 7

qui est plus longue à expliquer qu’à exécuter, est facile, pratique, économique et rapide.

Pour traiter les résidus solides, on devra d’abord réunir tous les papiers contenant de l’argent : rognures d’épreuves, buvards, filtres, etc., puis les brûler dans une cheminée bien propre ; les cendres seront laissées en tas pendant quelque temps, pour rendre complète la combustion des matières organiques.

On procédera alors à la fonte comme il a été dit plus haut en changeant seulement le mélange des matières fusibles, qui sera composé comme suit :

Cendres 100 parties.

Carbonate de soude sec 50 —

Sable quartzeux 25 —

Ainsi mélangées, les matières fondront aisément, le chlorure lui-même se trouvera réduit, et l’on obtiendra un culot métallique dont le poids pourra varier de 30 à 60 pour 100 du poids des cendres, suivant la nature des papiers soumis à la combustion.

Ce qui a été dit de l’argent s’applique également à l’or. Les lames de cuivre précipitent l’or aussi bien que l’argent, et l’un et l’autre seront retrouvés, soit dans la poudre précipitée, soit dans le culot métallique dont il sera facile de déterminer le titre, et, par conséquent, la valeur, en le faisant passer à la coupelle.

Tableau comparatif des degrés Fahrenheit, Réaumur et centigrades.

Le signe — indique que la température est au-dessous de 0, le signe + qu’elle est au-dessus.

Fahrenheit.

Réaumur.

Centigrades.

Fahrenheit.

Réaumur.

Centigrades.

Page 1