‹ La photographie en Amerique (volume 2)Chapitre 109 sur 131 · TRAITEMENT DES RÉSIDUS PHOTOGRAPHIQUES · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DES RÉSIDUS PHOTOGRAPHIQUES

Tous les photographes connaissent l’importance qu’il y a, au point de vue économique, de rattraper les métaux précieux, or et argent, servant à produire les images photographiques, dont la plus grande partie serait perdue, ainsi que nous allons le démontrer, si on ne s’imposait le soin de les rechercher dans les résidus.

Dans la production des épreuves négatives, chaque glace sensibilisée enlève une certaine quantité d’argent , dont le quart à peine sert à la formation de l’image. Une partie, entraînée par l’agent réducteur, serait perdue sans ressource, si on n’avait soin de placer un filtre sous le bassin où s’opère le développement ; l’autre partie , plus considérable , reste dans l’hyposulfite servant à fixer l’image ; on devra donc conserver ces différentes solutions dans des tonneaux ou des vases en grès, pour être traitées comme nous l’indiquerons plus loin.

Mais la partie la plus importante, car elle constitue la plus forte dépense en photographie, est l’impression des épreuves positives sur papier.

Comme il a été dit dans un autre chapitre, on peut évaluer à 2er,50 environ la quantité d’argent enlevée au bain sensibilisateur pour chaque feuille entière mesurant 44 sur 56.

D’après un excellent travail spécial publié par MM. Davanne et Girard, dans le Bulletin de Photographie, au mois d’avril 1864, il est démontré par l’analyse que cette même feuille de

44 sur 56 , lorsqu’elle a subi toutes les opérations qui la transforment en une image solide, ne contient plus que 0=r,075 environ , ce qui constitue à peine 3 pour 100 du métal employé à la sensibilisation; les quatre-vingt-dix-sept autres centièmes, dissous par les agents employée à la formation des positives, doivent donc se trouver dans les résidus qui, on le voit, deviennent d’autant plus importants que le travail est plus considérable.

Pour sauver sinon la totalité de ce métal précieux, du moins une proportion très-notable, pouvant s’élever jusqu’à 90 pour 100, on devra, comme l’indiquent les auteurs du travail mentionné, recueillir avec soin :

Les eaux avec lesquelles on lave les cuvettes ayant servi aux bains d’argent, celles dans lesquelles l’épreuve est lavée au sortir du châssis avant le virage ; c’est là surtout qu’on retrouve la plus grande quantité de l’argent; les bandes de papier buvard qu’on place généralement à l’un des coins de chaque feuille, lorsqu’elle est suspendue pour sécher; les rognures détachées des épreuves, les filtres, le kaolin, les papiers buvards ayant servi à éponger les tables ou tous autres objets sur lesquels on a répandu du liquide argentifère ; enfin les bains d’hyposulfite et de virage, desquels on retirera non-seulement une quantité notable d’argent, mais encore tout l’or qui ne s’est pas déposé sur les épreuves.

Plusieurs procédés ont été employés pour le traitement des résidus liquides , mais tous offrent plus ou moins de difficultés ou d’inconvénients , ce qui fait que la plupart des photographes vendent à bas prix et pour le quart de leur valeur les résidus qu’ils pourront traiter désormais euxmêmes avec facilité, par la méthode qui va être indiquée plus loin.

On dispose debout, et en plein air autant que possible, trois ou quatre tonneaux d’une capacité de 150 litres dont on a préalablement enlevé le fond du haut et, à une distance

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