CHAPITRE VII
BAINS POUR NÉGATIFS
Préparation des bains d’azotate d’argent pour négatifs. — Formation de l’iodure d’argent dans le bain. — Pratique et observations sur l’usage des bains d’argent. — Précautions à prendre pour conserver les bains en bon état. — Neutralisation des acides contenus dans les bains. — Rétablir les qualités d’un bain qui a été décomposé. — Évaporation de l’alcool. — Bains au nitrate de baryte.
On doit apporter les plus grands soins dans la préparation comme dans l’entretien des bains d’argent, si on veut obtenir des résultats satisfaisants; aussi allons-nous donner les détails essentiels à cette manipulation.
La proportion d’azotate d’argent que nous employons de préférence pour un bain négatif est de 80 grammes d’azotate fondu pour 1,000 grammes d’eau distillée, ou 8 p. 100, par une température ordinaire ; cependant, avec certains collodions faiblement iodurés et par une température très-élevée, on peut réduire cette proportion à 7 et même jusqu’à 6 p. 100.
Un bain neuf demande à être combiné avec une certaine quantité d’iodure d’argent, et donne de meilleurs résultats après l’immersion de quelques glaces collodionnées que lorsqu’il vient d’être préparé.
Dans un premier flacon, faites dissoudre 20 grammes de nitrate d’argent fondu, blanc, dans 100 grammes d’eau distillée (en introduisant une rognure de papier de tournesol dans cette solution on peut s’assurer que le nitrate d’argent n’est pas acide). Dans un second flacon plus grand, faites également dissoudre 60 grammes de ce même nitrate d’ar-
gent dans 900 grammes d’eau également distillée. Ces deux solutions étant faites, prenez un verre gradué d’une capacité de 200 grammes environ, dans lequel vous faites dissoudre 65 centigrammes d’iodure d’ammonium dans 30 grammes d’eau, versez dans cette solution 20 grammes environ de la solution d’argent du flacon qui contient 900 grammes d’eau, il se formera immédiatement un précipité jaunâtre d’iodure d’argent ; lavez ce précipité trois ou quatre fois en le laissant reposer chaque fois pour qu’il tombe au fond du verre ; rejetez l’eaü, et versez dessus le contenu du premier flacon composé de 20 grammes d’argent pour 100 grammes d’eau, agitez ce mélange pendant quelques instants avec une baguette de verre, et versez le tout ensemble dans le grand flacon contenant 900 grammes de bain, remuez fortement, laissez reposer quelques heures pour faire dissoudre la plus grande quantité possible d’iodure d’argent jusqu’à saturation, puis filtrez une ou deux fois pour le rendre parfaitement clair et limpide.
Cette opération doit se faire dans le laboratoire, à l’abri de la lumière blanche.
Quelques opérateurs ajoutent au bain ainsi préparé et aiguisé de quelques gouttes d’acide azotique une petite quantité de nitrite de plomb en solution saturée, dans la proportion de 5 à 6 p. 1,000. Cette addition donne des noirs très-intenses aux épreuves négatives, et une grande rapidité au bain.
Pour toutes les préparations dans lesquelles il- entre des sels d’argent ou d’or, on emploiera autant que possible de l’eau distillée; si cependant on ne pouvait s’en procurer, on se servirait d’eau douce après l’avoir fait bouillir. L’eau provenant de la fonte de neige ou de glace qui a été récoltée en plein air, est généralement bonne.
Dans aucun cas on ne devra employer d’eau où il se trouverait des traces de chaux.
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Pour s’assurer que l’eau que l’on veut employer est suffisamment pure, on peut l’essayer en faisant dissoudre quelques grains de nitrate d’argent dans une petite quantité de cette eau : s’il se forme un précipité, on doit la rejeter comme impropre à faire des bains d’argent.
L’eau distillée contient parfois elle-même des matières organiques très-nuisibles au bain d’argent; ces matières peuvent provenir des poussières en suspension dans le laboratoire, elles fournissent souvent des germes de végétations qui, se développant ensuite, ont pour effet de faire noircir la couche iodurée d’une manière générale sous l’action des réactifs. Le remède peut se trouver en rendant simplement la solution alcaline à l’aide d’oxyde d’argent, puis en l’exposant quelque temps à la lumière du soleil ; les matières organiques mélangées aux sels d’argent se précipiteront sous forme de poussière noire, et on n’aura plus qu’à filtrer et à aciduler légèrement.
Il peut arriver qu’un bain neuf donne des épreuves voilées et piquées ; pour remédier à ce défaut et pour le faire opérer convenablement, on peut le mêler avec un vieux bain qui contient une trop grande quantité d’acide et d’iodure d’argent. L’addition de quelques gouttes d’acide acétique cristallisable, parfaitement pur, réussit presque toujours à produire des épreuves claires, surtout lorsque le collodion contient de l’iode libre.
Une petite quantité de collodion ioduré dans un bain neuf lui donne souvent d’emblée les qualités que possèdent ceux qui ont déjà servi, à raison de l’iodure soluble mêlé à l’alcool et à l’éther du collodion, ainsi qu’aux sels alcalins formés en même temps dans ce bain. Mais si ces sels alcalins qui se forment dans un bain fraîchement préparé favorisent l’harmonie de l’image en neutralisant un peu l’énergie trop grande de l’azotate métallique, ces bons effets ne sauraient durer jusqu’à l’épuisement du bain, car, lorsque ces
sels prédominent par suite d’un appauvrissement trop considérable de la solution, il devient à peu près inefficace.
On devra surtout, pour les bains négatifs , employer le nitrate d’argent fait chez soi, d’après la formule que nous indiquerons plus loin, de préférence à celui vendu dans le commerce, qui contient souvent du nitrate de potasse ou de soude, ou tout autre corps étranger qui en augmente le volume aux dépens de la qualité.
Si on n’avait que du nitrate d’argent cristallisé bien pur, et qu’on voulût le transformer en nitrate fondu, pour être certain que le bain sera neutre, on mettrait les cristaux d’argent dans une capsule de porcelaine qu’on maintiendrait sur des charbons ardents jusqu’à ce qu’on ait obtenu un dégagement de quelques vapeurs rouges, et que les réductions noirâtres aient obscurci la masse coulante. La bain préparé avec un azotate ainsi traité sera dans les meilleures conditions possibles pour les instantanéités ; s’il donnait un léger voile, on ajouterait une petite quantité d’iode pur, ou . d’acide acétique cristallisable.
Nous recommandons d’avoir deux ou trois bains préparés à l’avance pour pouvoir laisser chacun d’eux se reposer quelques jours, et en même temps pour parer aux accidents qui peuvent arriver à celui en usage ; du reste, ces bains se bonifient généralement en vieillissant; il faut cependant les restaurer lorsque, après un long usage, ils ont perdu le degré de force indiqué précédemment, et que la couche d’iodure d’argent qui se forme est trop faible, par suite de l’appauvrissement occasionné par l’immersion des plaques, qui toutes enlèvent une petite quantité d’argent. On s’assurera de la quantité de nitrate contenu dans le bain en le pesant avec un hydromètre en verre fait pour cet usage (1).
(1) Un moyen très-simple de construire un instrument pouvant servir à évaluer la force du bain est celui-ci :
Après avoir préparé, avec du nitrate d’argent fondu neutre, un bain neuf d’une
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Si cette quantité était moindre qu’il n’est nécessaire, selon la température et l’ioduration des collodions, on rétablirait la force voulue, en y ajoutant la quantité d’argent qui manque. Cette addition se fait plus convenablement en préparant un nouveau bain à 25 p. 100, que l’on verse dans la solution affaiblie jusqu’à ce qu’elle ait atteint la densité désirée.
Si le bain trop vieux donnait des épreuves molles et plates, par suite d’un excès d’iodure d’argent, on corrigerait ce défaut en y ajoutant d’abord de beau distillée, tombant sur la solution en un filet très-mince, jusqu’à ce que la quantité du bain soit doublée ; le liquide se troublera et deviendra laiteux, parce que l’iodo-nitrate d’argent se décompose, et que l’iodure d’argent se sépare; en exposant le flacon au soleil pendant vingt-quatre heures, le liquide redeviendra clair, car l’iodure sera précipité sous forme de poussière noire qui restera sur le filtre ; on pourra alors faire bouillir dans une capsule, pour réduire le bain que l’on rétablira ensuite au titre, en y ajoutant le nitrate d’argent nécessaire; ainsi traité, il sera dans les conditions d’un bain neuf.
Le filtre ayant servi à éliminer l’iodure précipité ne devra jamais être employé pour filtrer les bains au titre normal, parce qu’alors tout l’iodure qui se trouve sur le papier serait redissous par suite de la concentration de ce bain.
Il arrive parfois aussi que, lorsqu’un bain est trop vieux, ou qu’on a employé des collodions renfermant de l’iode libre, il se charge d’une trop grande quantité d’acide, qu’il faut alors neutraliser (voir p. 103); car, outre l’inconvénient
force de 8 p. 100, on prend un tube en verre fermé par un bout, dans lequel on introduit une bande de papier blanc à laquelle on a fait une marque pouvant facilement se voir de l’extérieur ; on met du petit plomb dans le tube jusqu’à ce que, plongé dans le bain, il enfonce exactement jusqu’à la marque ; on bouche alors ce tube, qui pourra indiquer si le bain a perdu de la force. Un tube semblable peut être construit pour toutes les solutions argentifères, quelle que soit la force normale des bains.
d’un temps de pose de beaucoup plus long que celui que nécessite un bain neutre ou à peu près, il se forme des plaques métalliques sur la glace, qui enlèvent la transparence des clairs du cliché, et qui semblent provenir de crasse résultant du manque de nettoyage.
L’azotate d’argent cristallisé tend le plus souvent à donner une réaction acide aux bains, il rougit alors le papier de tournesol ; en le remplaçant par le nitrate d’argent fondu, l’effet contraire pourra avoir lieu si la température de fusion a été dépassée, et qu’il se soit produit une décomposition ; le bain sera alors alcalin et ramènera au bleu le papier de tournesol rouge; dans ces conditions, il ne pourra pas servir, parce que la surface sensible deviendrait complètement noire lorsqu’on appliquerait l’agent révélateur; le même effet peut être produit par différentes causes accidentelles ; dans ce cas, on essayera de ramener le bain à son état normal, en ajoutant une petite quanté d’acide azotique; si par ce moyen on ne réussissait pas à lui rendre ses qualités, on aurait recours à la restauration complète que nous indiquons p. 104.
Nous avons remarqué quelquefois qu’un vieux bain mis de côté pour le restaurer, et dont nous nous sommes servi après quelques jours de repQS, sans l’avoir touché, nous donnait d’excellents résultats.
La pratique signale, dans le travail des bains d’argent, des phénomènes curieux qui sont restés inexpliqués jusqu’à ce jour par la chimie.
Quelquefois -un bain neutre réussira mieux avec certains collodions qu’un bain acidulé ; d’autres fois l’effet contraire se produira sans cause apparente.
Néanmoins, les bains qui spnt dans les meilleures conditions générale-s pour donner de bonnes épreuves sont ceux • qui se rapprochent le plus de l’état neutre ; et plus il y a d’acide dans un bain, moins rapidement il opère et moins la couche d’argent est intense.
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Les bains doivent être filtrés avec le plus grand soin.
Nous recommandons particulièrement de maintenir les bains à une température moyenne, si on veut obtenir un tra= vail régulier, car en été, par de fortes^ chaleurs, il peut se produire dans la couche d’iodure d’argent une décomposition qui ne permettrait pas la formation de l’image, ou la donnerait pâteuse, épaisse, plombée, voilée, faible, en un mot impossible.
En hiver, au contraire, par une température très-basse, la couche d’iodure d’argent n’ayant pas assez de consistance, l’image n’a pas assez d’intensité.
Pour obvier à cet inconvénient, le moyen le plus simple est de maintenir la cuvette verticale, qui contient le bain dont on se sert, dans une seconde cuvette plus large, en faïence ou en tôle galvanisée remplie d’eau, et chauffée, en hiver, par une lampe à alcool, de manière à la maintenir à une température de 18 à 20 degrés centigrades. En été, au contraire, l’eau de cette cuvette devra être refroidie par des morceaux de glace qu’on introduira de temps en temps pour maintenir la même température.
Nous usons de la même précaution pour les collodions en usage.
Avec un laboratoire et un salon de pose construits comme nous l’avons indiqué au commencement de cet ouvrage, il est rare qu’on soit obligé d’avoir recours à de semblables moyens, parce que ces pièces doivent toujours avoir une température moyenne.
On pourra toujours, en hiver, élever la chaleur au moyen d’un calorifère.
Filtrage.
Le filtre que nous employons de préférence est composé de coton cardé blanc, mouillé d’abord avec de l’alcool, puis lavé en dernier lieu avec un peu d’eau distillée ; mis sur un entonnoir en verre, ce filtre est préférable au papier.
La couleur du bain, lorsqu’il vient d’être fait, est un peu laiteuse par la présence de l’iodure d’argent qu’on y a introduit, mais lorsqu’il a été filtré une ou deux fois avec soin, il devient clair comme de l’eau de roche ; on ne doit, du reste, s’en servir que lorsqu’il est dans cet état.
Une petite quantité d’acide est souvent nécessaire dans un bain pour qu’il se combine bien avec certains collodions et qu’il donne des épreuves claires; on emploie deux sortes d’acides, qui sont : l’acide nitrique et l’acide acétique cristallisable ; le premier donne des blancs plus éclatants et des noirs plus profonds, aussi l’emploie-t-on de préférence dans les bains dont on se sert pour les positifs directs, sur verre spécialement ; il est cependant susceptible de faire changer la nature du bain avec certaines variations atmosphériques et de le rendre très-inconstant.
Un bain acide donne, comme nous l’avons dit plus haut, une couche moins sensible que celle obtenue dans un bain neutre, mais avec ce dernier les épreuves sont souvent voilées ; dans bien des cas, 1 centimètre cube d’iode pure en solution alcoolique ajouté à une solution argentifère de 500 grammes, préalablement saturée d’iodure, fera disparaître les voiles, tout en conservant au bain sa neutralité et par conséquent sa sensibilité.
L’acide acétique cristallisable fait fonctionner le bain d’une manière plus régulière et plus uniforme, mais il faut qu’il soit parfaitement pur, car il arrive parfois qu’il confient
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des huiles essentielles qui rendent la couche d’argent d’un noir intense lors de l’application de la solution révélatrice.
L’acide, quel qu’il soit, ne doit entrer dans les bains que dans la plus petite proportion possible, et seulement lorsque ces bains donnent des épreuves voilées; huit ou dix gouttes par litre doivent suffire pour corriger ce défaut.
Moyen de neutraliser l’acide dans les bains.
Si l’on voulait neutraliser l’acide acétique contenu dans le bain, soit parce qu’il serait en trop grande proportion, soit parcë qu’on voudrait le remplacer par de l’acide azotique, on ferait dissoudre 30 grammes de bicarbonate de soude dans 100 grammes d’eau, et on verserait cette solution par petite quantité à la fois dans le bain d’argent, en ayant soin de remuer le flacon vivement; le bain deviendra d’abord laiteux, mais il reprendra sa limpidité par l’agitation du mélange. Lorsque la quantité de soude introduite est suffisante pour neutraliser entièrement l’acide, le carbonate d’argent qui s’est formé dans le bain ne peut plus être dissous par l’acide libre, et le mélange reste laiteux. On s’assurera de sa neutralité en introduisant un morceau de papier de tournesol qui devra rester bleu ; on filtrera la solution avec soin jusqu’à parfaite limpidité ; probablement ce bain exigera alors quelques gouttes d’acide pour détruire la trace de soude qui pourrait se trouver en excès et rendrait le bain alcalin.
Si le bain contenait de l’acide nitrique, pour le neutraliser on préparerait de l’oxyde d’argent en dissolvant d’une part : 1 gramme de nitrate d’argent dans 15 grammes d’eau distillée ; et, d’autre part, 1 gramme de potasse caustique dans une semblable quantité d’eau. Cette dernière solution
est ajoutée à la première goutte à goutte, jusqu’à ce qu’il ne se forme plus de précipité ; on décante l’eau, et on lave ce précipité plusieurs fois, après quoi on ajoute au bain acide une petite quantité de cet oxyde d’argent, en le remuant; on laisse reposer une heure, puis on filtre.
Il faut éviter avec soin de mettre le bain en contact avec une substance organique végétale, ou bien encore avec les agents réducteurs.
Lorsqu’on a développé une image, avant de prendre dans le bain une nouvelle plaque préparée, on doit se laver les mains avec soin dans l’eau, mais sans savon.
Le sulfate de fer, l’acide gallique ou les vapeurs ammoniacales amènent une décomposition dans les bains.
Dans le cas où Un bain décomposé par une raison quelconque s’obstinerait à ne vouloir donner aucun bon résultat, voici un moyen simple de le rendre excellent en peu d’instants.
Restauration complète des bains d’argent décomposés.
Précipitez tout l’argent contenu dans le bain au moyen d’une solution saturée de bicarbonate de soude ; pour cela, mettez le bain dans un large flacon d’une capacité au moins triple de la quantité du liquide que vous avez à restaurer, versez alors doucement de la solution de bicarbonate de soude saturée jusqu’à ce qu’il ne se produise plus aucun précipité (le flacon ne doit pas être remué); si cependant la solution était fortement acide, on agiterait avec une baguette de verre jusqu’à ce que le carbonate de soude ne se dissolve plus, afin d’éviter les accidents qui pourraient résulter de l’effervescence produite.
Lorsque tout l’azotate d’argent sera par ce moyen trans-
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formé en carbonate d’argent et précipité, remplissez le flacon d’eau tiède, agitez fortement, puis laissez reposer ; reversez l’eau doucement et ne conservez que ce précipité qui ressemble à de la farine délayée ; répétez l’opération du lavage à l’eau tiède trois ou quatre fois, pour débarrasser l’argent de toute la soude qui s’y trouve mêlée, et enfin laissez égoutter l’eau aussi bien que possible; le dernier lavage doit se faire à l’eau distillée. Lorsque le précipité ne contient presque plus d’humidité, versez, par petite quantité à la fois, de l’acide nitrique concentré bien pur sur ce carbonate d’argent, jusqu'à dissolution presque entière, en agitant avec précaution, à cause de l’effervescence qui se produit; modérez l’introduction de l’acide en dernier lieu pour 11e pas le mettre en excès ; arrivé à ce point, le liquide sera noir et opaque, mais il redeviendra clair et pur en le filtrant sur du coton bien propre, préalablement imprégné d’eau distillée, puis pressé pour faire sortir l’excédant de l’eau avant de le placer dans l’entonnoir. Après filtration on ajoutera de l’eau distillée jusqu’à ce que la solution soit au degré de force qu’on désire atteindre selon le genre de bain à faire, et enfin en filtrant une seconde fois.
Traité ainsi, ce bain devra être entièrement neutre, peutêtre même un peu alcalin; c’est pourquoi, s’il ne fonctionnait pas d’une manière satisfaisante tout d’abord, et s’il produisait des voiles sur l’épreuve (ce qui est souvent le cas avec des bains neutres), on y introduirait quelques gouttes d’acide nitrique ou acétique cristallisable, jusqu’à ce qu’il donne des résultats satisfaisants.
Les bains traités comme nous venons de l’indiquer sont plus rapides, et donnent des images plus claires et plus pures que les bains neufs eux-mêmes. On sera surpris de la quantité d’impuretés et de matières noires qui étaient contenues dans la solution argentifère, et qui restent sur le filtre lorsque le liquide y a passé la première fois.
On devra observer avec soin :
1° Que le bicarbonate de soude et l’acide nitrique soient chimiquement purs ;
2° Que le précipité de carbonate d’argent soit bien débarrassé par le lavage de la soude qui se trouve mélangé avec lui.
Enfin, que le précipité ne soit pas entièrement redissous par l’acide nitrique avant le premier filtrage, car la matière organique en suspension étant soluble dans l'acide, ne pourrait pas être retenue par le filtre si le bain était acide; il faut donc que la solution reste légèrement alcaline après ces opérations, sans quoi tout aurait été fait eif pure perte.
Nous avons traité par cette méthodefcÆs bains que nous considérions comme perdus depuis lon^fmps et qui avaient résisté à tout ce que nous avions fait jpo/r les restaurer; elle nous a toujours donné des résultats excellents, et nous engageons ceux qui ont de vieux bains d'éi/riorés à employer ce moyen, au lieu de se donner la peiiie d’en retirer l’argent métallique. !
Autre moyen.
Préparez les deux solutions suivantes :
Acide citrique.
Eau distillée. .
10 grammes 100 c c.
solution A.
Soude caustique.
Eau distillée. . .
10 grammes 100 c. c.
solution B.
Pour chaque litre de bain à corriger, ajoutez 2 centimètres cubes de la solution A, puis agitez très-fortement, afin de bien répartir l’acide citrique dans le bain d’argent.
Ajoutez maintenant 5 centimètres cubes de la solution B et agitez. Il se forme d’abord un précipité brun d’oxyde d’argent, qui disparaît partiellement et même entièrement si le bain était acide avant l’addition de l’acide citrique.
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Ajoutez alors encore 5 centimètres cubes de la solution B, et si, après avoir fortement agité le bain, vous ne voyez plus disparaître le précipité brun, vous cessez d’ajouter de cette solution.
Versez alors le bain dans un ballon de verre, sans le filtrer, et chauffez-le sur une lampe à alcool jusqu’à l’ébullition. Vous le verrez devenir entièrement noir, parce que la matière organique qui occasionnait le voile se précipite. Le bain ne doit bouillir qu’une seule minute, après quoi on le laisse refroidir.
Le bain traité de cette façon ne contient plus , après filtration, ni iodure d’argent, ni matières organiques, ni éther, ni alcool. Il est tout à fait analogue à un bain neuf. Il faut seulement lui ajouter goutte à goutte de l’acide nitrique chimiquement pur, jusqu’à ce qu’un papier bleu de tournesol flottant dans le bain passe lentement du bleu au rouge.
(Dr Van Monckhoven.)
Depuis que le nettoyage des glaces par les procédés ordinaires a été presque généralement remplacé, en Allemagne et en Amérique, par l’albuminage, ainsi que nous l’indiquerons plus loin, la plupart des' opérateurs ajoutent au bain négatif 25 centigrames d’acétate de plomb chimiquement pur par chaque litre de solution, l’acétate de plomb ayant la propriété d’absorber les matières organiques que peut laisser échapper chaque glace albuminée avant le collodionnage.
Ce mode^ d’opérer est surtout avantageux lorsqu’on emploie des cuvettes verticales de très-grandes dimensions et à double fond , qui permettent aux impuretés de se précipiter au fond de la cuvette sans troubler la limpidité du liquide où flotte la glace pendant sa sensibilisation. En France, où les cuvettes horizontales sont généralement adoptées, afin sans doute d’employer une quantité de bain moins abon^
dante, cette précaution est moins importante, surtout lorsqu’on n’albumine pas les glaces avant de les collodionner.
Les bains d’argent seront, autant que possible, tenus à l’abri de la lumière blanche directe pendant qu’ils sont en usage ; on doit également les couvrir pour éviter la poussière et les corps étrangers qui peuvent s’introduire et occasionner des accidents; à ce sujet, nous engageons les opérateurs à se servir de cuvettes verticales qui, par leur ouverture étroite, sont beaucoup moins susceptibles que les cuvettes horizontales de recevoir la poussière flottante du laboratoire qui vient tacher les plaques en s’attachant à la couche d’iodure d’argent pendant son séjour dans le bain; par ce moyen on évitera une foule de pointillés obligeant à des retouches toujours d’un mauvais effet.
11 est bon de filtrer ses bains tous les soirs pour enlever les pellicules de collodion qui auraient pu se détacher pendant le travail ; on remettra le bain dans la cuvette chaque matin seulement , pour éviter que la première plaque introduite ne soit perdue par la poussière flottant sur le bain si on l’avait laissé passer la nuit dans la cuvette.
Évitez de toucher le bain avec les mains, parce qu’il peut rester attaché à la peau un corps étranger susceptible de le faire décomposer, et qu’ensuite chaque goutte de cette solution produit une tache noire.
Un bain préparé comme nous l’indiquons et conservé avec soin devra opérer convenablement pendant un temps illimité, pourvu qu’on ait soin d’ajouter du nitrate d’argent lorsqu’il devient trop faible par suite de la trop grande quantité de plaques immergées.
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Évaporation de l’alcool.
Si on se servait continuellement de collodion alcoolique, comme une partie de l’alcool abandonné par chaque plaque immergée vient se combiner avec le bain d’argent, il pourrait en résulter des accidents lors du développement, à raison des traces huileuses qu’il laisse sur la couche sensible ; on devra donc quelquefois faire évaporer l’excès d’alcool en plaçant le bain dans une capsule et en le faisant bouillir quelques instants au-dessus d’une lampe à esprit-devin. Du reste, une petite quantité d’alcool ajoutée aux bains d’argent donne généralement des négatifs plus propres et plus clairs ; il en est de même d’un peu de sucre blanc qui, en même temps qu’il donne plus d’intensité à la couche, conserve sa sensibilité plus longtemps et retarde les métallisations ; ce procédé est bon dans les grandes chaleurs.
Bain négatif au nitrate de baryte.
M. Henderson recommande l'addition du nitrate de baryte au bain d’argent négatif, pour en augmenter la sensibilité. La proportion est de :
Eau distillée . . . 1 litre.
Nitrate d’argent fondu blanc 80 grammes.
Nitrate de baryte 20 —
Le nitrate de baryte, étant peu soluble dans l’eau froide, sera d’abord dissous dans 500 c. c. d’eau, élevée à la température de 60 ou 80 degrés centigrades, puis ajouté à la solution argentique qui devra marquer alors 1 0 degrés à l’argen-
tomètre. Le bain d’argent reste au même titre, c’est-à-dire 8 pour 100, auxquels on ajoute 2 pour 100 de nitrate de baryte. Cette addition offre plusieurs avantages que l’auteur de ce livre a pu constater par des essais répétés et qui sont : sensibilité plus grande de la couche iodurée, intensité presque toujours suffisante des négatifs, ce qui dispense de renforcer dans la plupart des cas. Ce bain se conserve également en bon état pendant très-longtemps sans qu’il soit besoin de le débarrasser de l’iodure en excès qui retarde l’impression et crible la couche de trous infiniment petits quand on se sert des bains d’argent ordinaires ; enfin les clichés ne sont presque jamais voilés.
Il suffit, lorsqu’on a préparé un grand nombre de glaces dans ce bain, de faire évaporer l’alcool et l’éther par une ébullition de quelques minutes, et de le rétablir à son titre.