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CHAPITRE VIII

BAINS RÉVÉLATEURS

Préparations des bains révélateurs pour négatifs sur collodion humide.— Révélateur à la gélatine. — Solution pour renforcer les clichés trop faibles. — Réduction d'intensité sur les clichés trop renforcés. — Emploi du bichlorure de mercure sur les négatifs. — Solutions pour fixer les épreuves négatives. — Moyen de prévenir et d’enlever le voile sur les clichés.

Gomme nous l’avons dit précédemment, l’ijnage, après l’exposition à la chambre noire, existe à l’état latent, mais reste invisible à l’œil jusqu’à ce qu’un réactif appliqué sur cette couche la fasse apparaître par la réduction de l’azotate d’argent; ces réactifs qu’on nomme réducteurs, révélateurs ou développateurs, sont de plusieurs sortes : le sulfate de protoxyde de fer, le sulfate double de fer et d’ammoniaque, l’acide pyrogallique et l’acide gallique.

Pour les négatifs sur collodion humide, nous employons de préférence les solutions de sulfate de protoxyde de fer, et celles de sulfate double de fer et d’ammoniaque plus ou moins étendues d’eau et combinées avec une certaine quantité d’acide acétique, qui a la propriété de ralentir l’action du réactif et permet d’en juger l’effet, tout en l’harmonisant avec le bain sensibilisateur qui contient généralement une petite quantité de cet acide ; nous ajoutons à cette solution un peu d’alcool pour faciliter l’extension du liquide sur la couche imprégnée d’eau, d’alcool et d’éther, qui, sans cette précaution, éprouverait de la répulsion pour le bain de fer avec lequel il ne pourrait se mêler que difficilement, ce qui occa-

sionnerait des marbrures d’un effet très-fâcheux et enlèverait à l’épreuve toute sa valeur.

Cette quantité d’alcool doit être la moins grande possible et seulement suffisante pour changer cette répulsion des liquides en une affinité qui permette à la solution de s’étendre en nappe bien uniforme sur la couche impressionnée; en trop grande quantité, l’alcool donne de la transparence dans les noirs et diminue, aussi bien que l’acide, l’intensité du cliché. C’est pourquoi quelques opérateurs l’ont abandonné presque entièrement, et préfèrent laver au sortir du châssis, avec de l’eau distillée, la couche impressionnée pour lui enlever tout aspect gras, ce qui permet alors d’appliquer la solution révélatrice, plus concentrée et sans addition d’acide ou d’alcool.

L’acide acétique cristallisable est le plus généralement employé pour les solutions révélatrices.

Faites dissoudre d’abord dans un flacon à large ouverture :

Révélateur.

Formule n° f*

Sulfate (le protoxyde de fer . ... . 40 grammes.

Eau distillée 1 ptre.

Après dissolution, ajoutez :

Acide acétique cristallisable. 25 c. c.

Alcool à 40 degrés 40 —

Filtrez ce mélange et versez-en une partie dans une éprouvette au moment de vous en servir.

Une petite quantité d’acétate de soude ajoutée à cette solution donne beaucoup de finesse et de douceur aux demi-

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teintes de l’épreuve, mais le développement est plus lent. La proportion est de 1 gramme pour 10 grammes d’eau ajoutés à 500 grammes de révélateur; cette addition ne doit se faire qu’au moment de s’en servir.

Le sulfate de fer du commerce, dont les cristaux sont plus ou moins jaunâtres, contient soit de l’acide sulfurique, soit du sulfate de deutoxyde de cuivre. On devra le purifier en mettant au fond du flacon dans lequel on le fait dissoudre, quelques fragments de fer bien propre, ou des pointes de Paris ; après vingt-quatre heures de repos, la solution filtrée sera prête à servir.

Contrairement à l’opinion de beaucoup de photographes, la pratique nous a démontré qu’on ne doit préparer cette solution que par petite quantité à la fois, et pour l’usage de huit ou dix jours au plus; car, avec le temps, la solution rougit en s’oxydant, et l’acide qui s’évapore se transforme en acide acétique.

Une solution de sulfate de fer concentrée fait apparaître l’image avec plus de vigueur que celle dont nous venons de donner la formule. Elle semble, par ce fait même, augmenter la sensibilité de la couche impressionnée ; les images qui en résultent sont d’une grande pureté, mais à la condition expresse que cette solution sera versée assez rapidement sur la glace pour la couvrir également partout au même instant. La préparation du sel de fer peut alors être portée à :

Formule n° 2.

Sulfate de protoxyde de fer 60 grammes.

Eau 1 litre.

Acide acétique cristallisable 30 c, c.

Alcool 35 —

Révélateurs américains.

Nous employons de préférence et avec beaucoup d avantage le bain réducteur suivant :

Formule n° 3.

Dissolvez j proto-sulfate de fer ammoniacal. 00 grammes.

ensemble ( nitrate de potasse 0 —

Dans ... eau douce ........ t litre.

I acide acétique cristallisable. . 30 c. c.

Ajoutez. A alcool à 40 degrés 30 —

[ solution d’argent à 5 pour 100. 16 —

Filtrez.

L’image se développe moins rapidement avec cette solution qu’avec celle n° 1 , mais elle prend plus de vigueur, et le cliché, traité de cette façon, est d’une grande pureté, bien transparent dans les clairs et parfaitement modelé, surtout si on emploie le chlorure d’or pour renforcer, comme nous l’indiquerons plus loin.

Formule n° J.

Eau distillée 1 litre.

Sulfate de fer ammoniacal 30 grammes.

Alcool 60

Sucre blanc 15 —

Avec cette solution, le temps de pose peut être réduit d’un tiers, mais il faut apporter tous les soins pour éviter les marbrures lors de son application sur le cliché ; les clichés sont en outre moins transparents qu’avec les formules précédentes.

La solution de sulfate de fer employée comme agent révé-

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lateur est celle que les photographes ont employée le plus généralement jusqu’à ce jour pour développer les images sur collodion humide, et c’est celle qui a donné les meilleurs résultats ; néanmoins, le sulfate double de fer et d’ammoniaque a pris depuis peu une grande faveur parmi les opérateurs distingués, et semble donner, d’une manière plus régulière que son aînée, plus de pureté aux épreuves, ainsi que de grandes finesses et d’excellents détails dans les ombres. La solution de ce sel ne se décompose pas à l’air, comme celle du proto-sülfate de fer.

Formule u° 5.

Sulfate de fer et d’ammoniaque 40 grammes.

Eau douce l litre.

Acide acétique cristallisable 20 c. c.

Alcool 40 —

Ce révélateur s’emploie comme les précédents ; il donne aux clichés plus de douceur et d’harmonie.

Quelques opérateurs ajoutent au révélateur ferreux un mélange de gélatine et de glycérine qui offre de certains avantages.

Cette préparation se fait ainsi qu’il suit :

Dans une capsule d’une capacité de deux litres environ, mettez :

Eau distillée 600 c. c.

Gélatine blanche 3Ô0 grammes.

Lorsque la gélatine est bien gonflée, ajoutez :

Glycérine 300 grammes.

Acide sulfurique pur 40 —

Faites bouillir ce mélange pendant deux heures consécutives, en ayant soin d’ajouter de l’eau distillée au fur et à mesure de l’évaporation, pour que le liquide reste toujours

au même niveau ; enlevez du feu et, avant le refroidissement, ajoutez :

Alcool à 36° 500 c. c.

en remuant avec une baguette de verre, et filtrez. Cette liqueur se conserve indéfiniment ; on la mélange au révélateur dans la proportion suivante :

Formule n° 6.

Eau distillée 1 litre.

Sulfate de fer ammoniacal 30 grammes

Alcool à 40 degrés 25 c. c.

après dissolution complète, ajoutez :

Acide acétique cristallisable 30 grammes.

Contenant de la liqueur gélatinée .... 5 c. c.

puis filtrez.

Ce révélateur donne des clichés d’une grande pureté et exempts de voiles.

Une autre formule à la gélatine se compose de :

Eau de pluie 100 c. c.

Gélatine 20 grammes .

Acide nitrique 20 c. c.

Après gonflement de la gélatine dans l’eau froide, on élève la température jusqu’à dissolution complète , on ajoute l’acide nitrique, pûis après refroidissement on filtre le liquide qui est alors jaune pâle.

Le révélateur se fait alors ainsi qu’il suit :

Formule n° S.

Sulfate de fer et d’ammoniaque 40 grammes.

Eau distillée 1 ütre>

Gélatine nitrée 10 c. c.

Alcool 20 —

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Bains révélateurs à l’acide formique pour épreuves instantanées.

Depuis longtemps on connaissait les propriétés réductrices énergiques de l’acide formique, et plusieurs chimistes photographes l’emploient avec avantage pour l’obtention de négatifs sur papier, dans le but d’abréger le temps de pose.

M. H. Claudet, de Londres, se basant sur un fait admis de tous les praticiens , à savoir : que , si rapide que soit l’exposition à la lumière d’une couche de collodion sensibibilisé , l’image latente 'est toujours complète et qu’il s’agit seulement de la développer convenablement , a modifié l’agent révélateur en augmentant autant que possible sa puissance réductrice au moyen de l’acide formique.

La glace, préparée avec un bon collodion ordinaire, est sensibilisée dans un bain d’argent à 7 p. 100 aiguisé de trois gouttes d’acide nitrique par demi-litre, puis égouttée avec soin avant l’exposition, qui alors peut être instantanée en pleine lumière; on développe l’image à l’aide d’une solution composée de :

Eau distillée 225.00 grammes.

Acide pyrogallique 1.20 —

Acide formique 30 c. c.

Alcool. 20 —

Cette solution doit être préparée longtemps à l’avance. Aussitôt qu’elle est appliquée sur la glace, l’image se montre dans tous ses détails.

Le développement complet se fait aussi rapidement qu’avec le sulfate de fer; les demi-teintes sont- très-délicates, et il n’est pas nécessaire de renforcer lorsque le temps de pose a été suffisant.

Dans un atelier vitré, en se servant d’un objectif double de Ross, de trois pouces d’ouverture et de dix pouces et demi de foyer, un portrait peut être pris à vingt-cinq pieds de distance en une seconde.

L’acide formique dont se sert l’auteur est préparé par MM. Morison et fils.

Des essais nombreux de ce procédé ayant été faits par plusieurs opérateurs sans obtenir les résultats brillants signalés par M. H. Claudet, M. Hockin, chimiste anglais, a fait remarquer que le succès de ce procédé dépendait de la qualité de l’acide formique dont on fait usage, et de la dose à laquelle on l’emploie ; il démontre que celui qu’on trouve généralement dans le commerce est loin d’être pur et surtout d’une préparation uniforme. Il faudrait, pour obtenir des résultats constants, suivant ce chimiste, préparer l’acide formique par la distillation de l’acide oxalique en présence de la glycérine ; de cette façon on aurait, assure-t-il, un produit parfaitement pur, et d’une force facile à déterminer. Je modifie, du reste, la formule de la manière suivante :

Acide formique très-pur, régulier et concentré 0.70 grammes.

Acide pyrogallique ....... 1 . 20 —

Alcool 15 c. c.

Eau distillée 275. 00 grammes.

Sans donner de dosage précis, MM. Ferrier et Soulier ont annoncé qu’ils attribuaient la réussite de leurs épreuves instantanées à l’addition de l’acide formique dans le révélateur (1).

L’acide formique peut servir également avec les sels de fer employés comme révélateurs , mais il est bon de ne 1 ajouter quau moment d’appliquer la solution sur la glace;

(1) Moniteur Universel du 23 mars 1863.

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l’excédant sera rejeté. La proportion suivante donne de bons résultats :

Eau distillée 200 grammes.

Sulfate double de fer et d’ammoniaque. . 10 —

Acide acétique 10 c. c.

Acide formique monohydraté 1 —

Ce révélateur a la propriété de donner de suite au cliché une intensité qu’on n’obtient avec les réactifs ordinaires qu’en renforçant l’image plusieurs fois.

L’acide pyrogallique est employé plus généralement pour développer les épreuves sur collodion sec, il fait apparaître les images moins rapidement que le sulfate de fer, mais il donne des images plus intenses et plus vigoureuses que ce dernier. Mêlé avec une quantité égale d’acide citrique dans la proportion de 1/2 p. 100 d’eau, l’acide pyrogallique est employé avantageusement pour renforcer les clichés, auxquels il donne des noirs très-intenses ; seulement, avant de couvrir l’image de cette solution , on doit la laver jusqu’à ce que toutes les traces huileuses formées par l’alcool, l’éther, et l’acide contenus dans le bain révélateur, aient disparu ; sans cela le mélange immédiat du renforçage et du liquide qui baigne la couche n’aurait pas lieu, et l’image serait tachée.

Nous indiquerons plus loin la manière d’employer cet agent révélateur lorsque nous traiterons des procédés sur collodion sec, au miel, à l’oxymel, au tannin, etc., etc.

L’acide gallique en solution saturée peut également faire apparaître l’image, mais ce réactif s’emploie de préférence seulement pour renforcer un cliché trop faible et pour développer les clichés sur papier ciré.

Solution pour donner de l’intensité aux clichés faibles.

Très-souvent les clichés, après avoir été développés par les procédés indiqués précédemment, n’atteignent pas le degré d’intensité nécessaire pour produire un bon positif sur papier, on peut alors les rendre plus vigoureux en continuant l’opération du développement au moyen des solutions suivantes :

Solution no f.

Solution d’azotate d’argent à 2 pour 100. 500 grammes.

Alcool 15 c. c.

Acide acétique cristallisable 15 —

Cette solution, appliquée alternativement' avec celle de sulfate de fer sur la couche, comme nous l’indiquerons plus loin, permet de lui donner le degré d’intensité désiré.

L’emploi des vieux bains, dont quelques opérateurs se servent pour le renforcement, est très-mauvais, parce que l’iodure d’argent contenu dans ces bains se précipite sur la couche pendant l’opération et se dissout ensuite par le fixage, en laissant l’image criblée de petits trous à jour.

Solution no 2.

Eau distillée. . 500 grammes.

Acide nitrique. 10 —

Chlorure d’or 1 gramme.

Cette solution, que nous employons de préférence avec le îévélateur indiqué n° 3, donne des clichés remarquables par leur vigueur dans les noirs, et leur transparence dans les

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clairs ; les détails de l’image surtout conservent une grande finesse.

Solution n» 3.

Eau distillée 1 litre.

Acide'pyrogallique 5 —

Acide citrique 5 grammes.

On emploie cette solution comme les précédentes en y ajoutant une petite quantité de la solution argentifère et en versant le mélange sur l’image développée et lavée ; en laissant continuer l’action de la liqueur sur l’épreuve on obtient autant d’intensité qu’on peut en désirer. Cette solution peut être employée avant ou après le fixage.

L’acide citrique peut être remplacé par l’acide tartrique dans la même proportion.

Lorsque l’image a été développée au proto-sulfate de fer, on peut lui donner plus de vigueur en employant de la solution d’azotate d’argent indiquée plus haut et une autre solution saturée d’acide gallique qu’on applique alternativement, comme nous l’avons indiqué quand on ne fait usage que du sulfate de fer seul ; on peut également faire usage d’acide pyrogallique. On emploiera alors la formule suivante :

Eiu distillée 500 grammes.

Acide pyrogallique 1.5 —

Acide acétique cristallisable. 15 c. c.

Ce dernier procédé, quoique d’un effet plus lent que le premier, donne en somme plus d’intensité aux clichés dont la pose a été trop courte, ou lorsqu’ils ont été pris par une trop faible lumière.

Les clichés renforcés au fer et à l'argent sont généralement plus doux et plus harmonieux que ceux renforcés à

l’acide pyrogallique. On renforce de préférence au fer et à l’argent les clichés qui manquent un peu d’exposition; pour ceux, au contraire, dont le temps de'pose aura été dépassé, il est préférable d’arrêter l’action du fer aussitôt que tous les détails sont parfaitement dessinés dans les noirs, et de renforcer alors avec l’acide pyrogallique et citrique.

Par une température élevée, et lorsque la lumière a une grande puissance photogénique, il arrive fréquemment que les clichés ont une tendance à la solarisation ; dans ce cas, après le premier renforçage au pyrogallique, ainsi qu'il vient d’être dit, on sera souvent obligé de renforcer une seconde fois après fixage, afin de donner au cliché plus de transparence et plus de brillant.

En hiver, au contraire, et lorsque le thermomètre marque moins de 20° centigrades dans le laboratoire, nous recommandons de faire chauffer la solution de sulfate de fer en maintenant le flacon qui la contient dans un bain-marie chauffé, soit par une lampe à alcool, soit par un fourneau à gaz ; appliqué à chaud, le sulfate de fer active considérablement l’action du développement, ce qui est d’un grand secours pendant les jours sombres d’hiver, dans les hautes latitudes surtout, puisque cela permet de réduire le temps de pose dans une proportion importante.

Afin d’éviter les taches ou les inégalités lors du développement, il est nécessaire, au sortir du châssis, de couvrir la glace d’une nappe de révélateur, légèrement tiède seulement ou presque froid ; la solution chaude sera ensuite employée seule d’abord, puis avec le renforçage à 2 p. 100 d’argent, jusqu’à ce que tous les détails du cliché soient arrivés à leur valeur.

Les clichés traités de cette façon ont moins de transparence dans les noirs; aussi donnent-ils au tirage des épreuves plus harmonieuses et moins heurtées, bien que le temps de pose ait été moindre qu’avec la solution révélatrice froide.

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Très-rarement on aura à employer le renforçage à l’acide pyrogallique, à moins d’uue exagération dans le temps d’exposition.

Réduction d’intensité sur des clichés trop renforcés.

Il peut arriver parfois qu’un cliché, sans avoir été renforcé, se trouve être d’emblée trop intense, soit parce que le collodion était trop épais ou fait avec un mauvais coton azotique, soit par suite d’une fausse appréciation de l’opérateur. Dans ce cas on diminuera cette intensité en couvrant le cliché après fixage d’une solution composée de :

Eau filtrée . l litre.

Bichlorure de mercure 30 grammes.

Acide chlorhydrique 30 —

Le bichlorure de mercure est d’abord dissous dans l’acide chlorhydrique; puis on ajoute l’eau.

En quelques secondes le cliché devient complètement nôir, on le lave avec soin, puis on le couvre d’une solution de cyanure de potassium à 5 p. 100. On lave de nouveau et on répète cette opération autant de fois qu’il est nécessaire pour ramener le cliché à l’intensité voulue, en alternant de la solution de bichlorure de mercure à celle de cyanure de potassium, mais en ayant soin de laver entre chaque application.

Le docteur Y. Monckhoven indique, pour le même usage, une solution composée de :

Eau filtrée 1 litre.

Perchlorure de fer sublimé 20 grammes.

qui s’applique de la même façon que celle au bichlorure de

mercure ; lorsque le cliché a perdu de son intensité, on lave, puis on passe la solution de cyanure de potassium, et on termine par un lavage abondant.

Une autre méthode décrite par M. A. Letolle consiste à couvrir le cliché trop dur après fixage et lavage d’une dissolution de chlorure d’or à la proportion de 1 gr. pour 500 d’eau distillée ; sous l’action de cette solution, la couche négative devient d’un noir opaque comme sous celle de bichlorure de mercure ; on lave convenablement, puis on couvre rapidement le négatif d’une nappe d’acide azotique pur. Tout l’argent se dissout alors instantanément et laisse dans la contexture du collodion une image extrêmement délicate d’or réduit. Cette image peut alors être renforcée très-facilement, soit au sulfate de fer additionné d’argent, soit à l’acide pyrogallique; les grandes lumières restent transparentes et les demi-teintes se renforcent avec beaucoup de douceur et d’harmonie; les clichés ainsi réduits sont excellents pour les agandissements par la chambre solaire, en raison de la finesse et de la transparence excessive de l’image.

Solutions pour fixer les épreuves.

On emploie, pour fixer les épreuves négatives, une solution saturée d’hyposulfite de soude, qui dissout complètement l’argent non décomposé.

Le cyanure de potassium dissous dans l’eau, à la proportion de 5 p. 100, donne plus de transparence aux clichés; c’est pourquoi il est préférable pour les épreuves positives directes et pour les positives par transparence; mais ses propriétés toxiques le rendent très-dangereux pour son emploi journalier dans un laboratoire.

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Nous employons généralement, pour fixer les négatifs, une solution filtrée composée de :

Eau ordinaire 1 litre.

Hyposulfite de soude 300 grammes.

Cyanure de potassium 5 —

Le moyen le plus commode pour le fixage est l’emploi d’une cuvette verticale dans laquelle on plonge la glace jusqu’à ce que la couche blanchâtre d’iodure d’argent ait complètement disparu lorsqu’on regarde par derrière; on la retire alors au moyen du crochet en gutta-percha qui la soutient, et on lave avec soin à l’eau ordinaire.

Le fixage à l’hyposulfite nécessite un lavage plus abondant et plus soigné que celui au cyanure de potassium pour éviter les taches qui pourront se produire plus tard.

La cuvette verticale a cet avantage “que le liquide s’évapore moins vite, et que les vapeurs d’acide cyanhydrique se dégagent moins facilement dans le laboratoire.

Au cyanure de potassium et à l’hyposulfite de soude nous devons ajouter les sulfocyanures «le potassium et d'ammon lu ni, qui, eux aussi, ont la propriété de dissoudre les sels d’argent. La découverte de cette propriété est due à M. Meynier, de Marseille ; ces sels ont sur les précédents l’avantage d'être d’une solubilité plus grande, et surtout de n’être pas toxiques ; ils devraient donc être préférés par les photographes, si leur prix élevé encore ne les rendait inabordables pour les maisons qui font une consommation considérable de ces substances. Ils seraient surtout précieux pour fixer les positifs directs sur verre, parce qu’ils ne donnent pas avec les sels de fer ce précipité bleu si désastreux pour ce genre d’épreuves, qui se produit toujours lorsqu’on emploie le cyanure de potassium et que l’on n’a pas complètement débarrassé, par des lavages soignés et abondants, l’épreuve de toute trace du sulfate de fer employé pour la révéler.

Pour les épreuves négatives sur collodion, le sulfocyanure d’ammonium ayant une action moins énergique que le cyanure de potassium, les demi-teintes seront mieux conservées, et l’image, perdant moins de vigueur, ne nécessitera pas un renforçage aussi prolongé. Sa solubilité facilitera les lavages ; enfin, on aura moins à craindre les taches.

Pour fixer les clichés on l’emploiera en solution concentrée à froid, additionné de 5 pour 100 d’alcool; on obtiendra, en passant deux fois cette liqueur sur l’épreuve, un cliché d’une transparence absolue.

Nous parlerons plus loin des propriétés des sulfocyanures, comme fixateurs des épreuves positives sur papier.

Bichlorure de mercure employé en solution pour donner aux clichés le dernier degré d’intensité désirée.

Après le fixage des épreuves à l’hyposulfite de soude, il peut arriver que le négatif ne présente pas, vu par transparence, toute l’intensité nécessaire pour produire de beaux positifs sur papier ; on emploiera alors avec avantage une solution faible de bichlorure de mercure, qui donne aux noirs du négatif une teinte bleuâtre d’autant plus intense, que la solution employée est plus concentrée. On doit donc toujours avoir, dans un laboratoire de photographie, un flacon contenant :

Bichlorure de mercure. . . 30 grammes.

Eau filtrée 1 litre.

Gomme le bichlorure de mercure se dissout encore plus facilement dans l’acide hydrochlorique, on peut faire une solution saturée de bichlorure dans cet acide, et, au moment

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d’en faire usage, on l’étendra d’eau autant qu’on le jugera convenable.

En Amérique, beaucoup d’opérateurs, qui ont l’habitude d’employer le bichlorure de mercure, et nous sommes de ce nombre, préfèrent employer cette solution avant le fixage ; nous avons remarqué plus de pureté et de clarté dans l’ensemble du dessin lorsque l’opération du fixage n’avait lieu qu’ après l’application du bichlorure.

Soit qu’on applique cette solution mercurielle avant ou après fixage, l’image noircira d’abord, puis blanchira peu de temps après; on lavera alors avec soin.

Dans certains cas, tels que la reproduction des plans, des cartes, des lettres autographes, etc., etc., il est indispensable d’avoir des blancs d’une opacité absolue ; tout en conservant toute la transparence dans les noirs, on recouvrira alors le cliché d’une seconde solution de :

Eau ordinaire l litre.

Iodure ou bromure de potassium .... 50 grammes.

Après un lavage abondant, le cliché séché au feu sera d’une opacité complète dans les blancs.

On peut encore, dans certains cas, pour les instantanéités par exemple, lorsqu’il n’a pas été possible de donner au cliché une intensité suffisante, malgré le renforçage ordinaire et le bichlorure de mercure, passer en dernier lieu une solution légère d’ammoniaque étendue de vingt-cinq fois son poids d’eau : les noirs du cliché prendront alors une intensité remarquable ; mais dans ce cas il y aura à craindre des contrastes choquants et des tons heurtés dans les positifs; l'épreuve péchera surtout dans les détails. C’est notamment pour les reproductions de tableaux que cette application sera souvent utile, à raison des contrastes dans les couleurs plus ou moins photogéniques. On devra également faire usage de l’ammoniaque lorsque, par suite d’un contact trop prolongé

de la solution mercurielle, le cliché, d’abord noirci, aura pris une teinte blanche.

L’hyposulfite de soude agit, dans ce dernier cas, aussi bien que l’ammoniaque.

Moyen de prévenir et d’enlever le voile sur les clichés.

Il arrive fréquemment, pendant les grandes chaleurs de l’été surtout, et lorsque l’atmosphère est chargée d’électricité, que l’image se couvre entièrement pendant le développement d’un voile brun ou blanchâtre ; ce phénomène se produit également lorsqu’on emploie un collodion sensibilisé à l’iodure de cadmium et un bain d’argent neuf dont le nitrate a été fondu à une température trop élevée.

Dans tous les cas, on diminuera l’intensité du voile en couvrant le cliché d’une solution d’iode dissous dans l’eau à la proportion de 2 ou 3 pour 100; puis, après lavage, le cliché sera de nouveau fixé au cyanure de potassium à 10 pour 100. Cette opération peut être répétée jusqu’à la disparition cçmplète du voile, puis enfin terminée par un dernier lavage abondant.

On peut également employer une solution composée de :

Eau distillée 1 litre.

Iode en paillettes . . 2 grammes.

Iodure de potassium 1 gramme.

Cette solution, appliquée pendant quelques secondes après le premier développement au sulfate de fer, permet de donner l’intensité voulue au cliché, sans crainte de voile brun qui fait le désespoir des photographes.

Nous n’avons pas besoin d’ajouter que la plaque doit être lavée après chaque opération.

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