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CHAPITRE XIII

Notions générales. — Appareil spécial pour opérer avec les plaques sèches. — Nettoyage des glaces. — Procédés au miel, à l’oxymel, procédés au lait solidifié, au malt, à la gélatine et à la morphine. — Procédé au tannin avec révélateurs alcalins. — Procédés au collodion albuminé. — Collodion au café sucré. — Collodion sec résineux. — Collodion sec rapide au bromure d’argent. — Emulsions au bromure d’argent. — Procédé négatif sur albumine.

Ce qui malheureusement limite la production des paysages animés, si nous pouvons nous exprimer ainsi, c’est l’embarras d’une tente et de tout le matériel énorme indispensable pour opérer sur collodion humide en voyage, surtout si l’on veut reproduire des vues d’une grande dimension. Depuis longtemps les photographes cherchent un moyen de s’affranchir de tout cet embarras. Une foule de formules ont été proposées, beaucoup d’entre elles donnent des résultats excellents ; mais, outre les difficultés plus ou moins grandes que présente l’emploi des collodions secs ou recouverts d’une liqueur préservatrice, le temps de pose le plus rapide pour ces procédés dépasse de beaucoup celui que nécessite le collodion humide, et par conséquent n’en permet l’usage que pour les monuments, ou pour produire la nature inanimée.

Pour qu’un collodion conserve sa sensibilité , il faut que l’iodure d’argent qui se forme dans le bain sensibilisateur soit mélangé à une certaine quantité de nitrate du même métal ; or, si la glace, au sortir du bain, reste trop longtemps

avant d’être impressionnée et développée, l’eau qui tenait le nitrate en solution s’écoule et sèche ; il se forme alors, à la surface de la couche, des cristaux de nitrate d’argent qui rendent l’opération impossible.

Quelques auteurs ont proposé de laver la glace après la sensibilisation, et de la débarrasser ainsi de tout nitrate libre dont la cristallisation crible la couche de cette multitude de trous qui détruisent l’image; mais alors elle perd toute sensibilité, et les épreuves qu’on obtient sont généralement grises et sans vigueur. Ce n’est donc pas le moyen d’atteindre le but proposé, et seul le collodion humide , employé dans de bonnes conditions , peut le remplir.

Le meilleur procédé connu jusqu’à ce jour est l’emploi de substances gommeuses, sirupeuses, tanniques, gélatineuses et albuminoïdes en solution , employées comme préservateur de la couche sensible au sortir du bain d’argent ; ces solutions, qui varient selon l’opérateur, conservent une certaine sensibilité à la couche d’iodure d’argent en la maintenant dans un état d’humidité relatif. Néanmoins le temps de pose est toujours quatre ou cinq fois plus considérable qu’il ne le serait avec le même collodion humide, dans les mêmes conditions de lumière.

Quelques photographes emploient également des matières résineuses qu’ils ajoutent au collodion lui-même, afin de pouvoir opérer à sec.

De ces procédés, qui tous ont plus ou moins d’analogie entre eux, nous donnerons ceux dont l’exécution pratique est la plus facile, les résultats les plus constants et les plus certains, tout en conservant une sensibilité au moins égale à tous ceux dont la manipulation demande des soins tellement minutieux qu’ils n’offrent qu’incertitude et déception. Nous citerons, en tête de ces derniers, le procédé Taupenot, dont les résultats, d’une grande finesse il est vrai, ne compensent pas les difficultés qu’on rencontre dans son exécu-

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. cution, et les insuccès trop fréquents, conséquences de ces difficultés ; aussi, beaucoup d’opérateurs font-ils abandonné pour revenir à ceux beaucoup plus élémentaires et plus simples, qui consistent à maintenir l’humidité de la couche sensible par l’application d’une liqueur sirupeuse, tannique ou gommeuse qui, en modifiant la structure de la pellicule du collodion , empêche les molécules d’argent d’être isolées les unes des autres, et permet l’action des réactifs.

Ces procédés sont ceux que nous avons toujours employés avec le plus de succès et auxquels nous sommes revenu après avoir expérimenté les uns après les autres tous ceux proposés par les novateurs, dont cependant nous donnerons un certain nombre de formules, pour que nos lecteurs puissent se convaincre par leur propre expérience de la vérité de nps assertions.

Nous poserons comme principe général que, à peu d’exceptions près , l’emploi du collodion sec ne nécessite presque jamais des glaces préparées des mois et même des semaines à l’avance ; quelques heures , ou tout au plus une journée suffisent, neuf fois sur dix, pour l’exécution complète des opérations en campagne.

Il est toujours préférable, quel que soit le procédé qu’on emploie, de ne prépareer les glaces que peu de temps avant de s’en servir, les épreuves seront plus vigoureuses et les résultats plus certains.

On nous objectera peut-être qu’il est embarrassant, lorsqu’on part pour une longue excursion photographique, de se charger de tout le bagage nécessaire pour la préparation des plaques et le développement des clichés, et qu’il serait alors aussi avantageux d’opérer sur collodion humide; à cela nous répondrons, que qui veut la fin veut les moyens, et que malheureusement la photographie, a ses difficultés et ses inconvénients auxquels il faut se soumettre, si l’on veut plus tard jouir de la satisfaction d’avoir produit une belle épreuve ;

quant à opérer sur collodion humide, il n’est pas possible de le faire dans tous les cas, en raison des difficultés qu’on éprouve souvent à préparer les glaces sur le terrain au moment même où il faut s’en servir. On peut donc, lorsqu’on a l’intention de faire un voyage, emporter le matériel nécessaire pour le travail qu’on se propose, et dans chaque endroit où on voudra prendre des vues, il sera facile d’organiser un laboratoire dans lequel on préparera, la veille au soir, toutes les glaces nécessaires pour le travail de la journée; on les développera le soir en rentrant.

On évitera ainsi une foule de déceptions et on arrivera certainement à des résultats satisfaisants.

Appareil spécial pour opérer avec les plaques sèches (1).

Quel que soit du reste le mode d'opérer qu’on adoptera, nous allons donner la description d’un appareil-laboratoire aussi ingénieux que commode pour l’emploi du collodion sec en campagne; cet appareil, peu volumineux et très-léger, permet d’emporter douze glaces sensibilisées, ce qui est grandement suffisant pour le travail d’une journée. Il réduit donc à sa plus simple expression le bagage du photographe excursionniste, puisque le poids total, avec douze glaces de 15X20 centimètres n’excède pas 5 kilog. 1/2; il peut se porter très-facilement sur le dos avec des bretelles, ou à la main comme une boîte de couleurs.

La fig. 39 pourra donner une idée de sa construction, bien

(1) L’inventeur et constructeur de ce laboratoire de voyage est M. Jonte, ébéniste pour la photographie, 126, rue Lafayette; c’est le même qui construit également le laboratoire américain pour opérer en campagne sur collodion humide et l’appareil panoramique de M. Brandon.

qu’il soit difficile de se rendre compte du mécanisme qui est à l’intérieur.

Cet appareil se compose d’une boîte à double fond dont les dimensions ne dépassent pas 35 centimètres de haut sur 24 de large et 10 d’épaisseur, pour opérer sur glaces de

Fig. 39. — Appareil-Laboratoire pour changer les plaques sèches pendant les opérations en campagne.

15X21 ; il présente une très-grande facilité dans les opérations et remplace avec beaucoup d’avantages la boîte à escamoter dont beaucoup d’amateurs faisaient usage.

Le haut est la chambre noire, le bas la boîte à glaces complètement fermée à la lumière, renfermant douze glaces pré-

parées- Le tout se visse sur un pied-canne"qui peut en même temps servir de bâton de voyage. Au moment d’opérer, une planchette s’abat sur le devant et forme une tablette horizontale supportée par des équerres, qui permet de donner à la chambre noire tout le développement nécessaire, selon le foyer de l’objectif employé.

Quand on a mis au point , la glace dépolie est ramenée d’un demi-centimètre en arrière environ, et deux crémaillères que l’on élève remontent juste au foyer la glace sensible qu’elles ont accrochée dans la boîte du dessous. Chaque fois qu’une glace monte ainsi, un numéroteur indique extérieurement le numéro d’ordre qu’elle occupait dans la boîte inférieure.

On peut sauter plusieurs numéros, si on a des glaces de préparations différentes à employer, sans qu’il s’établisse jamais de confusion, grâce à ce numéroteur.

Après le temps de pose nécessaire, on rentre les deux crémaillères qui remettent dans la case la glace impressionnée, et au moyen d’un bouton on fait avancer la chambre sur la boîte à glaces : les crochets abandonnent la première glace pour en prendre une seconde, et ainsi de suite jusqu’à douze.

Chaque glace est encastrée d’avance dans un petit châssis en bois très-mince et très-léger qui la garantit de tout contact et en facilite les mouvements. Après les opérations, la boîte à glaces est portée dans le laboratoire ; on l’ouvre par le fond pour en retirer celles qui ont été exposées pour les développer, et on les remplace par des nouvelles.

Le collodion.

La nature du collodion, et surtout du coton azotique qui entre dans sa composition, a une très-grande importance pour l’emploi à sec.

Le collodion pulvérulent, qui se désagrégé sous le doigt lorsqu’il a été étendu sur une lame de verre, est de beaucoup préférable à celui dont la pellicule s’enlève en feuilles, car il est plus perméable aux liquides que le collodion corné.

Le coton fabriqué à haute température, d’une nature poudreuse, à libres courtes et d’une couleur jaunâtre, produisant une couche mince et une image intense, donne généralement un bon collodion à structure poreuse pour les procédés secs.

Les vieux collodions sont également préférables aux collodions fraîchement préparés pour la plupart des procédés à sec, parce qu’ils contiennent des matières organiques qui se combinent avantageusement avec l’iodure d’argent lors du développement.

Le nettoyage des glaces.

La propreté des glaces étant d’une importance capitale pour tous les procédés à sec, le plus sûr moyen d’arriver à ce résultat, sans leur faire subir un nettoyage trop minutieux, est de couvrir la surface d’une couche préliminaire d’albumine étendue d’eau, ainsi qu’il est indiqué pag. 131.

Cette précaution assure, en outre, l’adhérence de la couche de collodion, et l’empêche de se soulever et de se détacher pendant le développement.

Ceci posé, nous allons donner les principaux procédés de collodion préservés et secs, sans avoir à revenir sur les questions préliminaires qui sont les mêmes pour tous.

Procédé au miel.

La glace, convenablement nettoyée et albuminée, sera recouverte d’une couche de collodion bromo-ioduré, largement éthéré pour être bien adhérent.

Les vieux collodions mélangés donnant une couche poreuse et perméable aux liquides, sont préférables aux collodions nouvellement préparés.

La proportion de bromures peut être également augmentée, pour donner plus de rapidité et de détail dans les ombres et dans la verdure.

Après l’étendage du collodion, la glace sera sensibilisée dans un bain neutre d’azotate d’argent à 8 p. 1Ô0 d’eau distillée.

Si les glaces préparées doivent être impressionnées et développées dans les six heures environ qui suivent leur préparation, elles seront égouttées d’abord au sortir du bain d’argent, puis recouvertes immédiatement, sans subir aucun lavage, d’une couche de miel coupé à volume égal d’eau distillée ; cette solution préservatrice, préalablement filtrée au travers d’un linge fin, sera étendue sur la couche sensible de la même manière que le collodion; l’excédant, reversé dans un verre gradué, sera conservé pour être additionné à la solution révélatrice. Les glaces ainsi recouvertes de la liqueur préservatrice seront dressées sur l’étagère du laboratoire, la face collodionnée en dessous; en ayant soin d’étendre quelques feuilles de papier buvard sous l’angle inférieur pour faciliter l'écoulement du liquide et éviter les taches; les glaces, séchées à l’abri de la poussière et de la lumière, seront ensuite renfermées dans une boîte à rainures, parfaitement close, pour être emportées sur les lieux où elles devront être impressionnées.

Si on voulait conserver les glaces pendant plusieurs jours, il faudrait, au sortir du bain d’azotate d’argent, les laver avec soin, au moyen d’un filet d’eau distillée ou de pluie, pour enlever l’azotate d’argent libre qui reste à la surface du collodion, et ne conserver que la couche d’iodure d’argent. Ce lavage devra être fait le plus complètement possible, si l’on veut éviter les taches lors du développement. Après

ce lavage, les glaces seront égouttées, puis recouvertes, comme nous l’avons dit plus haut, de la liqueur préservatrice, et abandonnées à la dessiccation.

Les glaces ainsi préparées pourront se conserver pendant plusieurs jours et même plusieurs semaines, mais leur sensibilité sera moitié moindre environ que celle des glaces qui n’auront pas été lavées au sortir du bain sensibilisateur, et qu’on veut employer quelques heures seulement après leur préparation.

L’exposition à la chambre noire varie selon l’intensité de la lumière et l’ouverture du diaphragme. Un paysage bien éclairé, en plein soleil, exigera, avec un objectif simple, muni d’un diaphragme de 1 centimètre d’ouverture, une pose de deux minutes à deux minutes et demie avec les glaces non lavées ; mais avec celles qui auront été débarrassées de tout nitrate libre par le lavage au sortir du bain d’argent, l’exposition dans les mêmes conditions de lumière demandera environ quatre à cinq minutes.

Au sortir du châssis, la glace impressionnée sera plongée, la face collodionnée en dessus, dans une cuvette horizontale, contenant une solution argentifère à 3 p. 100, non acidulée ; on lavera la couche dans ce bain pendant quelques minutes, en imprimant à la cuvette un [mouvement de balancement de droite à gauche, puis on retirera la glace, qui sera égouttée d’abord, et on fera apparaître l’image, en la couvrant d’un seul trait avec le révélateur composé de :

Eau distillée 500 grammes.

Acide pyrogallique. . 2 —

Acide acétique cristallisable lOc.c.

Lorsque tous les détails de l’image seront bien venus, on reversera le liquide dans le verre qui le contenait, et on ajoutera à cette solution, pour renforcer l’épreuve, quelques

gouttes d’une solution argentifère à 3 p. 100 et une petite quantité du miel qui a servi à couvrir la couche de collodion, et qu’on a dû réserverdans un flacon spécial; l’épreuve sera de nouveau couverte de cette liqueur, qui sera successivement versée du verre sur la glace et de la glace dans le verre, jusqu’à ce que l’image ait acquis le degré d’intensité nécessaire pour produire un bon cliché. On rejettera alors entièrement le liquide, et l’épreuve, ainsi développée et renforcée, sera lavée avec soin, puis fixée dans une solution saturée d’hyposulfite de soude. Enfin, après un dernier lavage, on pourra gommer, sécher et vernir, comme à l’ordinaire.

Ce procédé très-simple est d’une réussite infaillible, lorsqu’on apporte les soins nécessaires pour la préparation des glaces. Une propreté scrupuleuse est surtout indispensable pour éviter la poussière qui ferait tache. Néanmoins, les accidents sont beaucoup moins à craindre que lorsqu’on emploie le procédé Taupenot, dont le moindre inconvénient est de produire des ampoules et des taches malheureusement trop fréquentes.

Le procédé au miel que nous venons d’indiquer donne des négatives vigoureuses, douces et harmonieuses ; le temps de pose est beaucoup moindre qu’avec l’albumine, et la préparation est infiniment plus facile, plus simple et plus pratique.

Les principales précautions à prendre sont : un bon nettoyage des glaces, ce qui est aussi indispensable pour tous les autres procédés, une grande propreté pour éviter la poussière, qui tend à se coller aux matières poisseuses; enfin, de crainte que le collodion ne se détache et ne glisse sur la glace pendant les lavages répétés , en laissant pénétrer l’eau sous la couche, on pourra, lorsque l’enduit préservateur sera sec, passer sur les bords de la glace, à l’aide d’un pinceau, une légère couche de vernis blanc; malgré cette précaution, on devra user de ménagements pendant le cours des opéra-

lions, et ne pas laisser couler l’eau d’une manière trop brusque lors des lavages.

Par une température très-basse , on pourra activer le développement de l’image, en faisant tiédir au bain-marie le bain d’argent à 3 p. 100, dans lequel l’épreuve est placée au sortir du châssis, ainsi que le révélateur.

Procédé à l’oxymel.

La liqueur préservatrice, que nous nommons oxymel, se compose de miel coupé d’eau et additionné d’acide acétique ; on la prépare de la manière suivante :

Dans un vase en porcelaine de la capacité de 1,000 grammes environ, mettez :

Miel pur 400 grammes.

Eau distillée 400 —

Chauffez le vase au bain-marie et écumez le mélange avec une cuiller, jusqu’à ce qu'il ne se forme plus d’écume blanche; la liqueur ainsi purifiée, ajoutez 20 centimètres cubes d’acide acétique cristallisable , et continuez à écumer de nouveau s’il se forme une nouvelle écume ; retirez du feu et laissez refroidir. Cette liqueur s’emploie exactement de la même manière que le miel simplement coupé d’eau, c’est-àdire que la glace, sensibilisée et égouttée, sera recouverte, après ou sans lavage, selon qu’on voudra l’employer immédiatement ou la conserver plus longtemps, d’une ou deux couches de cette liqueur préservatrice, puis séchée, exposée, développée et fixée de la manière indiquée précédemment. Ce procédé est un peu plus rapide que celui au miel seul.

Procédé au lait solidifié, de M. Anthony , de New-York.

Mettez dans une capsule :

Lait de vache écrémé 500 c. c.

Sucre blanc 300 grammes.

Faites évaporer jusqu’à siccité, en remuant le liquide avec une baguette en verre ; préparez la liqueur préservatrice en faisant dissoudre environ 6 grammes de la poudre de lait qui se trouve au fond de la capsule dans 100 grammes d’eau distillée ; au sortir du bain d’argent sensibilisateur, la glace sera lavée soigneusement, puis recouverte à deux ou trois reprises de la liqueur préservatrice. Après un nouveau lavage, elle sera séchée près d’un feu doux.

Procédez ensuite de la même manière que pour les procédés au miel ou à l’oxymel.

Les glaces préparées au lait solidifié conservent leur sensibilité très-longtemps ; lorsqu’on omettra le lavage indiqué après la sensibilisation du collodion, le temps de pose n’excédera pas de beaucoup celui qu’on aurait mis avec un collodion humide ; mais lorsque la plaque aura été lavée, la pose sera à peu près double.

Les négatives obtenues par ce procédé ont peu d’intensité, mais les détails de l’image ont une grande finesse et beaucoup de douceur.

Procédé au malt.

Le malt, qui n’est autre chose qu’une décoction d’orge germé, donne des résultats excellents employé comme enduit

préservateur; sans vouloir affirmer que la sensibilité sera égale à celle du collodion humide, nous avons constaté, par nos propres expériences, que l’impression est assez rapide, non pour donner des instantanéités, mais pour reproduire la nature animée au milieu d’un paysage bien éclairé ; ainsi nous avons obtenu, avec un objectif simple muni d’un diaphragme de 1 centimètre d’ouverture, des vues e,n plein soleil en 30 secondes; les détails de l’image ne laissaient rien à désirer, et l’intensité était très-satisfaisante.

On prépare la liqueur préservatrice en faisant d’abord dissoudre 300 grammes de malt non desséché dans un litre d’eau tiède bien pure ou distillée, on remue le mélange pendant un quart d’heure environ, puis on fait bouillir le liquide pendant dix minutes, en le maintenant à une température de -|-70o ou 72° centigrades, en continuant à remuer avec un agitateur en verre ; on laisse digérer ensuite pendant une heure, à une température moins élevée, puis on fait refroidir et on filtre sur une toile.

Le liquide ainsi filtré est limpide et d’une Lelle couleur jaune; on le verse dans un ballon de verre et on ajoute 30 gouttes d’acide acétique; le ballon est mis alors dans un bain-marie, et la température poussée jusqu’à ébullition du liquide; on le retirera du feu, on le laissera refroidir et reposer, après quoi on décantera et on ajoutera 50 centimètres cubes d’alcool. Il faut filtrer une dernière fois avant de l’employer.

Le malt d’une couleur claire est celui qu’on doit préférer.

Au sortir du bain sensibilisateur, la glace sera lavée avec de l’eau de pluie ou distillée jusqu’à disparition de tout aspect gras, et après avoir été égouttée, elle sera recouverte à deux ou trois reprises différentes de la liqueur préservatrice, de manière qu’elle pénètre bien la couche de collodion. Alors la glace est mise dans une cuvette horizontale remplie d’eau distillée, et après un séjour de quelques minutes, on fait

couler à sa surface un filet d’eau fraîche, et on l’abandonne à la dessiccation, à l’abri de la lumière et de la poussière.

Après l’exposition à la chambre noire, la glace sera plongée pendant une minute dans un bain d’azotate d’argent neutre, à 4 ou 5 pour 100; on fera ensuite apparaître l’image, soit avec la solution révélatrice de sulfate de fer, comme il est dit pour le collodion humide, soit avec l’acide pyrogallique.

On pourra toujours obtenir une intensité suffisante avec le révélateur au sulfate ferreux, si l’on y ajoute quelques gouttes d’une solution composée de :

Nitrate d’argent I gramme.

Acide citrique 1 —

Eau distillée 30 —

On pourra également activer le développement à l’acide pyrogallique et rendre la solution plus énergique par l’addition d’une solution d’alun à b pour 100 ajoutée au révélateur dans la proportion de b pour 100.

Un mélange à partie égale d’une dissolution de tannin (2 de tannin pour 100 d’eau) à la liqueur préservatrice au malt alcoolisée, donne encore plus de sensibilité.

Enfin cette sensibilité est encore augmentée par l’addition d’une petite quantité de glycérine au mélange de malt et de tannin.

Voici la proportion dont on doit faire usage :

Liqueur préservatrice de malt. . . ... 50 c. c.

Dissolution de tannin à 2 pour 100. . . 50 —

Glycérine • * 10 —

Cette solution sera versée sur la couche bien lavée , comme il a été dit.

Un des grands avantages du procédé au malt est la ténacité avec laquelle la couche sensibilisée adhère à la glace, ce qui

permet la manipulation sans craindre les accidents et les ampoules qui se produisent si souvent avec d’autres procédés.

Procédé à la gélatine et au carbonate de soude de M. Bartholomew.

.M. Bartholomew a décrit un procédé pour préparer des plaques sèches aussi sensibles que par la voie humide. D’après l’auteur, c’est l’excès de nitrate d’argent à réaction acide qui, combiné avec l’iodure d’argent sans matières organiques, donne aux plaques humides leur grande sensibilité; dans les plaques sèches, au contraire, la couche doit être débarrassée de tout nitrate libre; il faut donc avoir recours à une réaction alcaline et à un enduit d’une matière organique quelconque. Pour activer la réduction de l’iodure d’argent, voici comment, mettant ce principe en pratique, l’auteur conseille d’opérer. Les glaces, au sortir du bain d’argent sensibilisateur, seront lavées avec le plus grand soin, puis, lorsqu’on aura laissé égoutter l’eau, elles seront recouvertes d’une liqueur préservatrice composée de :

Gélatine blanche 2 grammes.

Carbonate de soude ... 20 —

Eau distillée . 300 —

Les plaques, une fois sèches, seront exposées, puis, après avoir été humectées, développées au sulfate de fer acidifié et additionné de quelques gouttes de la solution argentifère; on pourra ensuite renforcer l’épreuve, s’il est nécessaire, avec une solution d’acide pyrogallique, comme il a été dit pour le collodion humide.

Le même auteur indique un procédé à l’acétate de morphine, qui est d’une grande simplicité, et qui donne d’excellents résultats.

Procédé à l’acétate de morphine

Lorsque la glace a été convenablement lavée au sortir du bain sensibilisateur, elle est égouttée, puis recouverte trois ou quatre fois successives de la solution suivante :

Les glaces préparées ainsi sont relativement très-sensibles, mais on doit les employer très-promptement, car elles perdent chaque jour de leur sensibilité.

Le développement se fait, comme il a été indiqué précédemment, pour les procédés au miel et à l’oxymel.

C’est au major C. Russell que la photographie est redevable de la découverte très-importante et très-utile, qui permet de conserver pendant très-longtemps des glaces préparées, tout en leur maintenant une sensibilité beaucoup plus grande que celle obtenue jusqu’à ce jour à l’aide des autres enduits préservateurs. La constance des résultats et la beauté des épreuves avec ce procédé ne laissent rien à désirer.

Cette découverte consiste à combiner un puissant réducteur (tannin ou acide tannique) à la couche d’iodure d’argent destinée à recevoir l’image, et cela avant de lui faire subir l’impression lumineuse et le développement.

Partant de cette théorie, plusieurs modifications et perfectionnements ont été apportés au procédé primitif du major Russell, afin d’activer encore la rapidité et de faciliter les

Eau distillée . .

Acétate de morphine

500 grammes.

Procédé au tannin.

CÔLLODION SEC ET COLLOUIONS PRÉSERVÉS 233

manipulations. Nous ne décrirons ici que quelques-unes de ces modifications.

M. Russell a publié en 1861 une brochure dans laquelle il a minutieusement décrit son procédé et les précautions à prendre pour réussir.

Le lecteur nous saura gré d’avoir analysé ce travail, dont la longueur et les descriptions minutieuses sont peu engageantes au premier abord, et peuvent rebuter les commençants.

L’auteur indique des précautions sans nombre, décrit avec un soin particulier le détail des manipulations, et à force de prescriptions peut faire croire à une difficulté qui n’est réellement qu’apparente. Nous supposons que le lecteur, arrivé à ce chapitre de notre ouvrage, est déjà suffisamment familiarisé avec les opérations en général pour connaître les précautions de toutes sortes dont dépend le succès ; l’intelligence et quelques essais aidant, on arrivera vite à l’application pratique des différents procédés que nous ne ferons qu’esquisser, tout en donnant les formules principales avec une scrupuleuse exactitude.

Gomme nous l’avons dit précédemment, nous n’avons pas l’intention de décrire le procédé publié par le major Russell, mais bien les modifications apportées à ce procédé et que l’expérience nous a démontrées être d’une application plus pratique.

Tout collodion donnant de bonnes épreuves dans le procédé humide pourra être employé pour le procédé au tannin, pourvu qu’il #dhère !bien à la glace et s’étende convenablement. Il est à remarquer cependant que ceux qui contiennent des iodures alcalins sont préférables à ceux dont la sensibilisation a été faite avec des iodures et des bromures métalliques. Une petite addition de bromure (un ou deux grammes par litre environ) augmentera la sensibilité de la couche iodo-bromurée, et fournira des clichés plus vigoureux.

Comme nous l’avons dit, les collodions préparés depuis un certain temps donnent en général pour les procédés secs, quels qu’ils soient, des résultats meilleurs que ceux nouvellement préparés ; cela tient à ce que les vieux collodions sont poreux et adhérents, qualités essentielles pour les plaques sèches. Un collodion neuf très-contractile et tendant à se soulever sera rendu d’emblée propre à la préparation des glaces sèches par l’addition d’une petite quantité d’ammoniaque liquide (1 contimètre cube environ pour 200 centimètres cubes de collodion); il se troublera d’abord, mais après vingt-quatre de repos, il aura repris sa limpidité première en laissant au fond du flacon un précipité blanc. La couche produite par ce collodion ainsi traité aura moins de corps que par le passé, mais il sera plus fluide, et la pellicule, quoique plus mince, deviendra opaque et poreuse ; dans ces conditions il sera excellent, soit en l’employant avec une liqueur préservatrice de tannin ou autre, soit en l’employant à sec simplement.

La formule de collodion, que nous employons de préférence pour le procédé au tannin, est :

Ether sulfurique à 62 degrés 300 c. c.

Alcool rectifié à 40 degrés 200 grammes.

Coton azotique neutrp 5 —

lodure d’ammonium 2.50 —

Bromure d’ammonium 2.50 -

lodure de cadmium 1. 50 —

Lorsque ce collodion bien étendu a fait prise sur la glace albuminée, on sensibilise dans un bain d’azotate d’argent fondu à 8 ou 10 p. 100, et franchement acidifié par de l’acide aeéliquc cristallisable à raison de 5 à 6 c. c. pour chaque litre de bain. Comme il faut surtout éviter l’acide nitrique, on le neutralisera avec une solution de bicarbonate de soude, comme nous l’avons indiqué p. 103, si on n’avait que du nitrate d’argent cristallisé pour la préparation du bain.

Au sortir de ce bain, où elle a dû rester quatre ou cinq minutes au moins, la glace sera lavée avec soin dans l’eau distillée ou de pluie (on ne saurait trop laver), puis recouverte, après l’avoir laissée égoutter quelques instants, d’une solution composée de :

Eau distillée 10Û c. e.

Tannin 3 grammes.

dans laquelle on verse, après dissolution , quatre ou cinq gouttes d’acide azotique pour la clarifier ; il se fait un précipité blanchâtre, et le liquide passe parfaitement clair sur le filtre en papier.

On ajoute alors :

Alcool à 40 degrés. . . 5 c e.

pour faciliter la pénétration de la couche collodionnée par la liqueur préservatrice, et pour la conserver plus longtemps en bon état.

L’addition d’une goutte d’huile essentielle de girofle permet de conserver cette liqueur très-longtemps sans crainte qu’elle ne moisisse.

On verse à plusieurs reprises cette solution sur la glace en ayant soin de produire un mouvement d’ondulation pour que toute la surface soit largement couverte. La première couche, servant à chasser l’eau qui reste sur la glace , est recueillie dans une éprouvette spéciale pour être employée aux premières couches des plaques suivantes ; on terminera toujours par une dernière couche de la solution concentrée telle qu’elle sort du flacon.

Les glaces sont alors mises à sécher contre un mur, en appuyant un des angles sur du papier buvard très-propre, le collodion en dessous, pour éviter la poussière.

Après cette dessiccation spontanée, qui doit avoir lieu, bien entendu, dans l’obscurité, on les soumet en dernier lieu à une chaleur artificielle légère, et elles sont prêtes à recevoir l’insolation ; mais dans cet état elles peuvent se conserver plusieurs mois sans perdre leur sensibilité d’une manière notable, à condition toutefois qu’elles seront maintenues dans un endroit bien sec et dans l’obscurité la plus complète.

Le temps d’exposition varie selon l’objectif employé, l’ouverture du diaphragme et l’éclairage, mais il est au moins dix fois plus long qu’avec le collodion humide.

Le développement peut se faire de deux façons, à l’acide pyrogallique, ou par les procédés alcalins. Nous allons indiquer les deux moyens, en signalant toutefois les avantages sérieux obtenus avec la formule de M. Belbèze au carbonate d’ammoniaque.

Révélateur à l’acide pyrogallique.

HT° i.

Acide pyrogallique dissous dans 10 c. c.

d’alcool h 40 degrés . 1 gramme.

Eau distillée ... 200 c. c.

Acide acétique crisîallisable 1 —

Ho «.

Azotate d’argent fondu 6 grammes.

Acide citrique 6 —

Eau distillée 200 c. c.

Aussitôt que possible après l’exposition , on procédera au développement de l’image ; pour cela, la glace sera plongée pendant quelques minutes dans une cuvette plate remplie

d’eau de pluie, afin d’humecter la couche et d’éliminer le tannin qui, mêlé à l’argent libre, noircirait l’image en la voilant; on rince une dernière fois et on place la glace dans une cuvette spéciale contenant le révélateur n° 1 en quantité suffisante pour la couvrir entièrement; lorsque la couche est bien humectée de cette solution , on relève sa glace et on laisse tomber quelques gouttes de la solution n° 2, en ayant soin d’agiter le liquide pour en opérer le mélange ; le cliché est remis de nouveau à plat au fond de la cuvette, la face en dessus, et l’image commence à apparaître. On doit suivre la marche du développement avec la plus grande attention, sans chercher à l’activer outre mesure ; car le cliché qui se développe lentement est toujours plus facile à conduire, et donne des images plus brillantes et plus pures que celui qu’on a voulu pousser trop vite.

Dans le cas où l’image apparaîtrait trop rapidement sous le révélateur , étendez d’eau la solution d’acide pyrogallique et ajoutez un peu d’acide acétique pour enrayer autant que possible l’action du réactif ; l’addition de la solution argentique se fera en dernier lieu avec beaucoup de précautions, pour éviter que l’épreuve ne se voile lorsqu’on voudra renforcer les noirs.

Enfin, si la pose avait été insuffisante, ce qu’on reconnaîtrait à la lenteur avec laquelle l’image apparaîtrait, il faudrait ajouter au révélateur quelques gouttes de la solution saturée d’acide pyrogallique dans l’alcool, aussi bien qu’une petite quantité de la solution d’argent n° 2, et on la laisserait agir alors quelque temps, jusqu’à ce qu’on ait atteint une intensité suffisante.

Lorsque, pendant le cours de l’opération, le liquide deviendra boueux par la décomposition de l’argent mêlé à l’acide pyrogallique, on aura soin de le remplacer par une solution nouvelle, après avoir lavé la glace à l’eau filtrée.

La proportion d’acide citrique que nous avons indiquée

pour la solution no 2 devra être modifiée selon la concentration de la solution préservatrice et l’élévation de la température, elle pourra donc être augmentée lorsqu’on opérera par un temps froid , et par la même raison diminuée par un temps chaud.

Nous recommanderons également de vernir les bords de la couche de collodion, soit avant, soit après l’exposition, pour éviter les accidents qui pourraient se produire pendant le cours des opérations qui suivent.

Cette partie de l’opération est assez délicate et demande une certaine habitude pour apprécier les incidents qui peuse présenter, et en tirer le meilleur parti possible.

Révélateur alcalin.

Carbonate d’ammoniaque

Solution saturée,

Alcool à 40 degrés 100 c. c.

Acide pyrogallique 20 grammes.

HTo ».

Eau de pluie 100 c. c.

Bromure de potassium 2 grammes.

Pour développer un cliché, versez dans une cuvette la quantité nécessaire de solution faite d’après les doses suivantes :

Eau de pluie 100 c. c.

Solution il® 1. . 2 —

« , .. ^ [ 5 à 6 gouttes de chaque, que l’on peut aug-

Solution n<> 3 i raenter au bes01IU si le développement ( est trop lent.

Lorsque l’image est bien marquée dans toutes ses parties on la renforce au moyen d’une solution composée de :

Eau de pluie 200 c. c .

Acide pyrogallique 1 gramme.

Acide acétique cristallisable 10 c. c.

à laquelle on ajoute quelques gouttes de la solution n° 2.

Eau de pluie

Azotate d’argent fondu . . .

Acide citrique

jusqu’à ce qu’elle ait atteint l’intensité voulue.

Le développement alcalin s’applique non-seulement au procédé au tannin que nous venons de décrire , mais encore à presque tous les collodions secs dans lesquels le bromure entre dans une proportion importante.

Lorsqu’on l’emploie, le temps d’exposition peut être moitié moindre qu’avec un révélateur à l’acide pyrogallique et à l’argent, tout en fournissant des clichés plus doux et plus harmonieux, se rapprochant beaucoup de ceux obtenus par la voie humide ; c’est pourquoi son usage devient presque général.

L’épreuve, développée et renforcée convenablement, sera lavée avec le plus grand soin, puis fixée dans une solution concentrée d’hyposulfîte de soude. Après un dernier lavage, on appliquera une couche légère de gomme arabique , et lorsque la glace sera bien sèche, on la vernira comme un cliché ordinaire avant de procéder au tirage des images positives.

D’après les expériences de M. Drapier, de New-York, les

3 grammes.

glaces préparées au tannin, comme nous venons de l’indiquer, demandent un temps d’exposition beaucoup plus court si, avant de les développer, on les plonge dans une cuvette d’eau distillée chaude (plus la pose a été courte et plus la température de l’eau doit être élevée), et si elles sont développées, avec un révélateur également chaud additionné d’une petite quantité d’alun , comme il a été indiqué précédemment.

D’autre part, M. Anthony, de New-York, indique un moyen très-simple pour obtenir, avec le procédé au tannin, des glaces presque aussi sensibles qu’avec le collodion humide ; il soumet simplement la couche impressionnée à une légère fumigation ammoniacale de une à quatre minutes. Il suffît, pour cela, de la placer au-dessus d’un vase contenant de l’ammoniaque liquide; puis il procède au développement comme à l’ordinaire.

Collodion sec très-rapide, procédé du major Russell modifié par M. de Brébisson.

Nous empruntons l’extrait suivant à une brochure publiée par M. de Brébisson sur son procédé de collodion sec trèsrapide.

Le collodion est composé de :

Ether sulfurique à 62 degrés .* 300 c. c.

Alcool à 40 degrés 75 --

Coton azotique 4 grammes.

A 100 centimètres cubes de ce collodion normal bien reposé on ajoute 10 à 15 centimètres cubes de la liqueur iodo-bromurée suivante :

Alcool à 40 degrés 100 c. c.

Iodure de cadmium 10 grammes.

Bromure de cadmium 4 —

La glace, parfaitement nettoyée, est collodionnée et sensibilisée dans un bain d’azotate d’argent fondu à 8 pour 100, additionné de 5 grammes d’acide acétique cristallisable pour 100 grammes de bain. Après la sensibilisation, la couche est lavée dans plusieurs eaux avec le plus grand soin, puis égouttée et recouverte d’un enduit conservateur composé de :

Eau distillée 90 c. e.

Alcool à 36 degrés 10 —

Pâte de jujube. ... • 3 grammes.

Gomme arabique 5 —

Solution alcoolique d’acide pyrogallique k 2 pour 100 6 à 8 gouttes.

Ou bien de :

2 gr. 50 2 grammes.

Cette liqueur pourra servir plusieurs fois, si on a soin de la tenir à l’abri de la lumière.

On étendra le liquide à plusieurs reprises sur la couche sensible bien égouttée, puis on laissera sécher à l’abri de la lumière et de la poussière, jusqu’au moment de l’exposition, qui, d’après l’auteur, doit être aussi courte que lorsqu’on emploie le collodion humide le plus rapide.

Le développement pourra être fait, sans inconvénient, plusieurs jours après l’exposition, mais, avant d’appliquer le réactif, la glace devra être plongée dans une cuvette d’eau distillée, destinée à ramollir la couche de collodion et à la rendre plus perméable à l’action du révélateur.

Avant d’appliquer le révélateur sur la couche ramollie, on

Eau distillée . . .

Alcool à 36 degrés.

Tannin

Sucre d’orge . . .

Gomme arabique. .

la couvre d’abord d’une nappe de solution argentifère composée de :

Eau distillée 100 c. c.

Azotate d’argent 3 grammes.

Acide acétique cristallisàble 5 c, c.

que l’on renverse, après quelques secondes, dans le verre qui la contenait, pour la mélanger au révélateur qui se compose de :

HTo 1.

Sulfate de fer . . . 9 grammes.

Eau pure 100 —

Acide tartrique 4 grammes.

Eau pure 100 —

Pour développer l’image, on verse sur la couche un mélange de six parties en volume de la solution n° 1, avec quatre parties du liquide n° 2, on ajoute deux parties également en volume de la solution argentique à 3 pour 100 acidifiée, et on maintient cette liqueur sur l’épreuve, par un arrosement plusieurs fois répété, jusqu’à .ce que l’image, qui apparaît progressivement, ait acquis toute l’intensilé nécessaire.

On peut également employer l’acide pyrogallique à la dose de :

Eau de pluie 275 grammes.

Acide pyrogallique 1 —

Acide citrique • l —

L’épreuve est ensuite fixée dans une solution concentrée d’hyposulfite de soude, comme pour les autres procédés, puis séchée et vernie.

Les précautions principales , dont semble dépendre la réussite complète et assurée de cette méthode, sont :

Un nettoyage parfait de la glace, surtout lorsqu’on ne doit pas la couvrir d’une couche de gélatine avant de la collodionner.

Le collodion doit contenir une proportion de bromure plus forte que lorsqu’il est employé humide : aussi la glace devra-t-elle séjourner plus longtemps dans le bain sensibilisateur d’azotate d’argent, qui sera franchement acidulé avec l’acide acétique cristallisable à l’exclusion de tous autres.

La glace devra être complètement débarrassée du nitrate d’argent libre par des lavages abondants et bien égouttée avant de la couvrir de la liqueur préservatrice.

Enfin, par une température très-basse, on chauffera la glace avant le développement, soit en la plongeant dans une cuvette d’eau chaude pour ramollir la couche de collodion, soit en la présentant devant un feu doux. La solution révélatrice devra également être tiédie.

Collodion sec rapide, ou collodion albuminé.

M. Belbèze, dont nous avons déjà décrit le révélateur alcalin, emploie un procédé au collodion albuminé recouvert de quinquina dont les résultats sont remarquables comme rapidité.

La glace, recouverte d’une couche préalable de gélatine ou d’albumine diluée, est collodionnée, sensibilisée et lavée comme il est dit pour les autres procédés secs; lorsqu’elle est encore humide, mais égouttée, on la couvre d’une couche de la liqueur suivante :

Albumine d’œufs 100 grammes.

Eau distillée 20 c. c.

Iodure d’ammonium I gramme.

Bromure d’ammonium 5 décigrammes

Sucre candi 2 gr. 1/2

Ammoniaque liquide 10 k 20 gouttes.

Après dessiccation complète qui peut se faire en pleine lumière, on sensibilise une seconde fois dans un bain d’argent à 8 pour 100 contenant 1 pour 100 d’acide acétique cristallisable. La glace est plongée dans ce bain pendant 30 secondes seulement, puis lavée avec soin à l’eau de pluie, égouttée et recouverte de la liqueur préservatrice faite de la manière suivante :

Eau de pluie élevée à la température de

60 degrés 1 litre.

Quinquina en poudre 50 grammes.

Sucre blanc 50 —

Faire chauffer ce mélange une fois par jour pendant 8 jours, en ayant soin de secouer le flacon aussitôt que le liquide a atteint la température de 60 à 70 degrés centigrades ; au bout d’une semaine, secouer le liquide et ajouter :

Acide gallique 1 gramme .

Après dissolution complète, filtrer et ajouter :

Alcool 50 c. c.

Acide phénique 5 gouttes.

La glace, recouverte d’une couche de cette liqueur, est séchée à l’abri de la lumière, exposée et développée au révélateur alcalin.

Autre procédé au collodion albuminé nécessitant un seul bain sensibilisateur.

Mettez dans un vase quatre blancs d’œufs frais qui donneront environ 100 grammes d’albumine, ajoutez-y 75 c. c.

cl’eau distillée, dans laquelle vous aurez fait dissoudre au préalable :

Iodure d’ammonium 4 grammes.

Bromure d’ammonium 1 gr. 1 /2

Ammoniaque pure 10 gouttes.

Battez en neige, laissez reposer 24 heures, puis filtrez, vous aurez une solution d’albumine iodurée.

Prenez un verre bien nettoyé et recouvert de la couche préalable d’albumine diluée qui doit en assurer la propreté parfaite, collodionnez-la, comme à l’ordinaire, avec un bon collodion ioduré ou non ; lorsque la couche a fait prise, ce qui demande cinq à six minutes environ, plongez la plaque dans un vase rempli d’eau distillée pour la dégraisser, laissez égoutter un instant, puis recouvrez de cinq à six couches successives de la solution d’albumine iodurée décrite plus haut; laissez sécher à l’abri de la poussière, en plaçant la glace sur du buvard, appuyée contre le mur.

Les glaces ainsi préparées se conservent indéfiniment, renfermées dans des boîtes à rainures. Aussi, peut-on en préparer une certaine quantité à la fois, afin de n’être pas forcé de recommencer chaque jour cette opération délicate et longue.

La sensibilisation se fait la veille du jour où on veut opérer en plongeant la plaque bien sèche dans un bain d’acétonitrate d’argent, ainsi composé :

Eau distillée 1 litre.

Nitrate d’argent 80 grammes.

Acide acétique cristallisable 50 c. c.

Après une ou deux minutes d’immersion, lavez de nouveau à l’eau distillée et faites sécher avec soin, mais cette fois, à l’abri de la lumière.

L’exposition à la chambre noire est assez lente, mais quelques essais pourront guider l’opérateur beaucoup mieux que toutes les indications que nous pourrions donner.

Au sortir du châssis, la glace est plongée dans une cuvette remplie d’eau distillée pour humecter la couche d’albumine, puis elle est recouverte du révélateur, composé de :

Eau distillée .... 1 litre.

Acide pyrogallique 7 grammes

Acide acétique 30 c. c.

Sous l’action de ce réactif, l’image apparaît faiblement; on ajoute alors quelques gouttes du renforçage suivant :

Eau distillée 1 litre.

Nitrate d’argent . . . .... 20 grammes.

Acide citrique 5 —

et on continue le développement jusqu’à ce que l’image soit arrivée au degré d’intensité voulue. On arrête l’action du révélateur par un bon lavage et on fixe à l’hyposulfite de soude ou au cyanure de potassium très-dilué.

Si, pendant le développement, l’image se couvrait de marbrures moirées, il faudrait frotter légèrement la surface avec un tampon de coton. Sous cette friction, répétée plusieurs fois, l’image deviendra parfaitement transparente.

Lorsque le cliché est arrivé au degré d’intensité désiré, on lave et on fixe dans un bain d’hyposulfite de soude à 10 ou 20 pour 100, et on termine par un lavage abondant.

Procédé au collodion albuminé avec addition d’acide gallique et de caramel.

M. A. de Constant vient de publier, dans une brochure très-bien écrite, un procédé extrêmement pratique qui lui a toujours donné les meilleurs résultats.

Ce procédé consiste à recouvrir la glace collodionnée et lavée avec soin d’un préservateur composé de :

Eau distillée ou de pluie 140 c. c.

Albumine pure 4 —

Acide gallique pur . 1/2 gramme.

Caramel concassé 2 grammes.

Après dissolution, ce mélange de couleur brune est filtré sur du papier blanc, et la glace collodionnée, lavée et égouttée, est recouverte de deux couches successives de la liqueur, puis séchée avec soin à l’abri de la lumière.

La pose est à peu près la même qu’avec le procédé au tannin indiqué d’autre part.

Au sortir du châssis, la plaque est plongée dans une cuvette d’eau fraîche destinée à rendre la couche perméable au révélateur.

Le développement de l’image le plus avantageux se fait avec le révélateur alcalin décrit page 238. Après un bon lavage, on fixe à l’hyposulfite de soude concentrée, et on termine, comme d’habitude, en lavant énergiquement la plaque.

Collodion sec au café sucré.

Il y a quelques années, M. Towler, de New-York, a publié un procédé au café sucré qui s’est bientôt répandu parmi les amateurs de collodion sec. Les expériences qui ont été faites justifient la faveur de ce procédé aussi simple dans son application que certain dans ses'résultats.

S» - Solution au café.

Eau de pluie ou distillée 1 litre.

Café brûlé et moulu • 100 grammes.

Le café est versé dans l’eau bouillante, et le mélange doit

continuer à bouillir pendant 5 à 6 minutes ; on laisse refroidir cette décoction, qui sera ensuite filtrée et conservée dans un flacon bien bouché.

Gomme le café en solution aqueuse perd assez promptement ses qualités, on devra le préparer par petite quantité à la fois et pour les besoins d’une semaine au plus.

HT° *. — Solution sucrée.

Eau distillée ou de pluie 500 c. c.

Sucre blanc raffiné 50 grammes.

Après dissolution, le liquide est filtré et conservé dans une bouteille également bien bouchée.

Ces deux liqueurs ne doivent être mélangées qu’au moment de s’en servir, afin d’éviter la fermentation.

Lorsque la glace a été sensibilisée, puis lavée et égouttée, on la recouvre du mélange suivant bien remué :

N° 1. Solution au café . 50 c. c.

N° 2. Solution sucrée 25 —

Puis on la laisse sécher à l’abri de la poussière et de la lumière ; avant de renfermer les glaces ainsi préparées, il est important de compléter la dessiccation par la chaleur.

L’exposition est dix fois plus longue qu’avec le collodion humide.

Le révélateur se compose de :

Eau de pluie 1 .200 c. c.

Sulfate de fer ammoniacal 30 grammes.

Sulfate de cuivre 30 —

Sucre blanc 30 —

Acide citrique 60 —

Les sels étant pulvérisés, on les fait dissoudre dans l’eau et on filtre.

Lorsqu’on veut développer, la glace est mise dans une cuvette plate remplie d’eau distillée pour humecter la couche, puis elle est maintenue à la main et recouverte d’une nappe de la solution révélatrice qu’on fait mouvoir en tous sens; le surplus est reversé dans le verre , et on y ajoute quelques gouttes d’une solution d’argent à 3 p. 100 ; l’on verse de nouveau sur l’épreuve qui apparaît alors très-promptement ; on continue l’opération jusqu’à ce que l’image soit arrivée à l’intensité nécessaire ; puis on lave et on fixe à l’hyposulfite de soude ; on termine par un lavage abondant , on sèche et on vernit.

Gomme les glaces préparées par ce procédé ne conservent pas très-longtemps leur sensibilité, il sera préférable de les employer promptement.

Du collodion sec résineux.

Tous les procédés que nous avons décrits précédemment nécessitent pour opérer dans de bonnes conditions, lorsque la glace a été préparée depuis quelque temps, un enduit protecteur qui, en modifiant la structure du collodion, le maintient dans un état d’humidité favorable à son impressionnabilité.

Quelques personnes, amateurs de la simplicité, ont préconisé l’emploi du collodion sec proprement dit, sans aucune substance préservatrice; ce procédé est peu constant. Le succès dépend en général de la constitution du collodion, qu’il est difficile d’apprécier tout d’abord. De plus, on ne peut obtenir ainsi que des glaces dont la sensibilité se conserve peu de temps, parce que la couche de collodion, d’une grande délicatesse, est susceptible de s’altérer au contact de l’air, lorsqu’elle n’est pas recouverte d’un enduit protecteur.

Néanmoins, l’addition d’une petite proportion de résine

dans le collodion suffît pour lui donner une consistance convenable, tout en protégeant la couche iodurée contre le contact de l’air.

Nous allons donner quelques formules relatives à l’emploi des différentes résines employées directement dans le collodion.

Le premier procédé, et le plus simple, est dû à M. l’abbé Desprats, il consiste à ajouter à un bon collodion bromoioduré ordinaire 5 centimètres cubes environ d’une dissolution alcoolique de résine à 5 p. 100, dans 100 centimètres cubes de collodion , qui pourra être employé après quelques jours de repos. Après la sensibilisation dans un bain d’azotate d’argent à 8 p. 100, franchement acidulé avec de l’acide acétique cristallisable,les glaces seront énergiquement lavées à l’eau de pluie, et abandonnées à la dessiccation dans une boîte à rainures jusqu’au moment où elles devront être impressionnées.

Ces glaces conservent facilement leur sensibilité pendant plusieurs semaines, lorsqu’elles sont tenues à l’abri de la lumière et dans un endroit frais et sec.

La pose est environ double seulement de celle qu’exige le collodion humide avec les mêmes conditions de lumière et d’opérations.

Avant de développer l’image, la couche de collodion sera humectée, comme nous l’avons recommandé précédemment, dans un bain neutre d’azotate d’argent à 2 ou 3 p. 100.

Le révélateur est le même que pour le procédé au tannin ordinaire (p. 236), et on fixe à l’hyposulfîte de soude concentrée.

Les épreuves traitées par ce procédé ont une grande douceur, tous les détails se montrent dans les ombres avec une finesse remarquable.

Les fumigations ammoniacales activent le développement de l’image, et permettent une exposition moindre à la cham-

bre noire ; l’emploi de cet agent accélérateur demande une certaine expérience pour en régler l’action, car le degré de force des émanations ammoniacales varie en raison des dimensions de la boîte dans laquelle l’évaporation a lieu.

Le moyen le plus simple est l’emploi d’une boîte à glaces placée de façon que les rainures soient horizontales. Le fond de la boîte est garni de carbonate d’ammoniaque pulvérisé, et la plaque sensible est glissée dans une des rainures, le collodion en dessous, aune distance qui peut varier de 10 à 20 centimètres. Les vapeurs par ce moyen pourront se porter sur toute la couche impressionnée. Plus les fumigations ont été prolongées, plus on doit mettre d’acide citrique dans le révélateur pour éviter un précipité qui laisserait des marbrures sur le négatif. En règle générale, les fumigations doivent être faites en sens inverse du temps d’exposition, c’est-à-dire qu’on devra soumettre à une fumigation prolongée les glaces qui n’auront pas été assez exposées, afin de faire venir plus de détails dans les ombres. Lorsqu’on suppose que le temps d’exposition a été à peu près exact, on pourra soumettre la glace, pendant une ou deux minutes seulement, à l’action des vapeurs.

Quand on reproduit un horizon éloigné, une exposition plus prolongée et de longues fumigations sont nécessaires pour avoir des plans bien clairement dégradés. Si on n’a pas de grandes distances à embrasser, ni un ciel très-brillant, il sera préférable d’exposer moins, et de diminuer aussi la fumigation. Plus le collodion est vieux et moins la solarisation est à craindre.

Quand on veut obtenir des nuages , on réduit l’exposition à quelques secondes seulement et on prolonge la fumigation, en ayant soin d’ajouter, comme il a été dit, une bonne dose d’acide citrique au révélateur.

Plusieurs photographes et amateurs distingués ont proposé différentes formules pour l’obtention d’épreuves par le col-

lodion résineux; comme beaucoup d’entre elles ont une valeur réelle selon la température avec laquelle on opère, nous allons soumettre quelques-unes de ces formules à nos lecteurs, afin de provoquer leurs essais.

Les essences de girofle, de rose, de citron et autres de même nature, mêlées au collodion brumo-ioduré ordinaire, donnent des résultats semblables aux résines et vernis. On pourra donc ajouter quelques centigrammes de l’une de ces essences par 100 centimètres cubes de collodion, et opérer ensuite comme il a été dit pour le collodion résineux.

M. A. Martin ajoute à 100 centimètres cubes de collodion ordinaire 5 centimètres cubes d’une solution composée de :

Alcool h 40 degrés . . • 100 c. c.

Baume de Tolu 6 grammes.

Baume du Pérou 6 —

Si la couche se déchire, on augmente un peu la proportion de baume du Pérou en solution, en diminuant d’autant celle de Tolu.

Le baume du Canada, dans la proportion de 50 centigrammes pour 100 centimètres cubes de collodion ordinaire, peut être employé comme les substances résineuses.

L’addition de 4 centimètres cubes de vernis à l’ambre par 100 centimètres cubes de bon collodion éthérique lui donne également la propriété de fonctionner à sec. Le vernis se compose de :

Ambre jaune pulvérisé 20 grammes.

Ether . 40 c. c.

Chloroforme 60 —

En Amérique, on a mêlé au collodion la teinture de curcuma, et on a donné à ce mélange le nom de xantho-col lodion ou collodion jaune. La couche étant plus impénétrable à la

lumière, l’image gagne en délicatesse. Ce xantho-collodion marche aussi très-bien à sec en opérant comme pour les collodions résineux.

Pour le préparer, on commence par faire de la teinture de curcuma en poudre avec 200 centimètres cubes d’alcool. On prend, pour faire le collodion, deux tiers de cette teinture bien filtrée qu’on ajoute à un tiers d’alcool, et on se sert de ce mélange au lieu d’alcool pour préparer son collodion.

(Milton-Sanders.)

Nous extrayons du Moniteur de la Photographie une communication de M. P. Piard sur un nouveau collodion sec.

Voici, d’après l’auteur, la méthode à suivre pour obtenir de bons résultats :

Préparation d’un coton-poudre spécial.

Dans

Eau ........ 100 grammes.

on fait dissoudre :

Potasse caustique 10 grammes.

Lorsque la solution est prête, on y plonge, par petites parties, tant qu’elle peut en contenir, du coton-poudre de bonne qualité ; on remue bien le mélange et on laisse agir le liquide pendant une demi-heure, puis on lave soigneusement le produit de manière à enlever toute la potasse caustique que les fibres de coton auraient pu retenir ; enfin, on fait sécher et on conserve, entre deux feuilles de papier, ce coton pour l’usage.

Collodion.

Pour préparer 150 centimètres cubes de collodion, on fait dissoudre dans :

Alcool h 40 degrés 60 c. c.

lodure de cadmium 1 gr. 50

Bromure de cadmium. 5 gr. 50

que l’on mélange avec :

Ether sulfurique à 62 degrc's 90 c. c.

Coton -poudre dont la préparation spéciale est indiquée ci-dessus 1 gr. 50

On agite, et lorsque le coton est complètement dissous, on introduit dans le flacon un morceau de potasse caustique de la grosseur d’un grain de millet; on agite de nouveau et à plusieurs reprises, puis on laisse reposer; quarante-huit heures après, on décante le liquide, qui doit être incolore, en ayant soin de ne laisser passer aucune des impuretés qui se trouvent au fond du flacon.

On ajoute alors par parcelles de l’iodure d’arsenic jusqu’à ce que le collodion ait une teinte jaune vif; on laisse reposer, et, quelques heures après, le collodion est prêt à servir.

Bain d’argent.

Le bain d’argent ordinaire, pourvu qu’il ait une réaction acide, peut très-bien servir.

On peut du reste le préparer ainsi :

Eau distillée 500 grammes.

Azotate d’argent cristallisé . 40 —

Développement.

Eau distillée 100 grammes.

Acide pyrogallique 4 décigrammes.

Acide acétique de 2 k 6 pour too . . . . Selon les circonstances.

On collodionne et on sensibilise les glaces comme à l’ordinaire ; seulement, au sortir du bain d’argent, on les passe dans deux cuvettes d’eau de pluie ou d’eau distillée, on les laisse sécher et on les renferme dans des boîtes fermant bien.

Le temps de pose est à peu près le même que pour le collodion humide; pour donner une idée plus exacte de la grande rapidité de cette préparation, je dirai qu’on obient en une seconde un positif par transparence à la lumière d’une lampe à l’huile de pétrole; qu’avec un objectif ordinaire de 61 millimètres de diamètre, un portrait bien éclairé à la lumière diffuse d’un atelier demande seulement quinze secondes de pose.

Après avoir humecté la couche pendant un instant en la plongeant dans une cuvette, ou en versant simplement de l’eau avec un flacon laveur sur le collodion, on couvre la glace de la solution d’acide pyrogallique en ajoutant peu à peu une ou deux gouttes à la fois d’une solution d’argent à 4 pour 100, jusqu’à ce que l’épreuve soit arrivée à la vigueur voulue.

On fixe comme dans le procédé humide. Si la pose est insuffisante, l’épreuve est heurtée et incomplète.

Si elle est dépassée, l’épreuve est grise et terne. Si elle est bien calculée, on obtient une image très-fine, très-bien modelée et d’une vigueur extrême.

Les glaces se conservent très-longtemps.

Le collodion ne se détache pas, et de plus, ce procédé ne donne pas de taches.

Collodion sec et humide au bromure d’argent.

M. Th. Sutton, l’habile expérimentateur de Redon, vient de publier un nouveau procédé qui occupe, avec juste raison, tous les photographes; d’après l’inventeur, les principaux avantages seraient : réduction des deux tiers du temps de pose, régularité et sûreté des opérations; [conservation des plaques préparées pendant plusieurs heures avec toute leur sensibilité; enfin, finesse des détails et harmonie dans les clichés, surpassant les plus belles productions par le collodion humide ordinaire.

Nous avons classé ce nouveau procédé parmi les collodions secs, parce que, d’après l’auteur, il ne peut être employé sans que la couche sensible ait été lavée et recouverte d’un préservatif qui maintient sa sensibilité pendant plusieurs heures après sa préparation.

Gomme cette méthode s’écarte sensiblement de toutes celles publiées jusqu’à ce jour, il est probable que, malgré les avantages sérieux annoncés par l’inventeur, elle ne sera pas adoptée de suite par tous les photographes ; nous allons néanmoins décrire ce procédé, afin de provoquer les expériences des praticiens.1

Le collodion se compose de :

Ether sulfurique 60 c. c.

Alcool à 40 degrés 40 —

Coton azotique 1 gramme.

Bromure de cadmium 3 grammes.

La glace bien nettoyée est recouverte d’une couche de ce collodion, puis sensibilisée dans le bain d’argent suivant :

Eau distillée. . . .

Azotate d’argent. .

Acide azotique pur.

90 grammes.

5 gouttes.

La plaque collodionnée restera dans ce bain environ trois minutes en été, et cinq minutes au moins en hiver. La couche doit être crémeuse, mais sans perdre entièrement sa translucidité. Une longue immersion dans le bain donne une couche opaque et très-sensible ; mais, bien que plein de détails et très-harmonieux, le négatif est peu corsé et difficile à renforcer.

Lorsque l’immersion est trop courte dans le bain d’argent, la couche est plus translucide, mais moins sensible; le négatif est alors plus intense et manque souvent de détails dans les ombres.

Comme on le voit, la densité du négatif dépend surtout du temps pendant lequel la plaque reste dans le bain sensibilisateur; si le temps est trop court, le négatif est très-doux dans les noirs et très-clair dans les lumières, il peut supporter d’être poussé beaucoup plus au développement. D’un autre côté, si la plaque a été laissée trop longtemps dans le bain, la couche est beaucoup plus sensible, mais le négatif est léger et plat ; il est en outre difficile à renforcer, et il a une tendance à se voiler. L’opérateur choisira donc, suivant les circonstances et la température, le temps d’immersion qui conviendra le mieux à son travail.

Au sortir du bain, la couche doit être débarrassée de toute trace de nitrate d’argent par un lavage énergique à plusieurs eaux. Il est bon d’employer de l’eau distillée pour le premier lavage ; les autres peuvent se faire avec de bonne eau potable. La première eau doit être exempte de matières organiques ou salines, et il est bon de filtrer au charbon.

Lorsque la plaque est bien lavée et égouttée, on la recouvre d’un préservatif hygroscopique composé ainsi qu’il suit :

Albumine 50 c c.

Glycérine 50 —

Eau distillée • 100 • —

qu’on applique à plusieurs reprises à la surface en la faisant

couler alternativement du verre à expériences sur la glace, et vice versâ; on laisse égoutter, le dos de la glace est essuyé, et on la met dans le châssis pour l’exposer de suite, ou plus tard, pourvu toutefois que ce soit dans la même journée.

L’exposition, comme nous l’avons dit, doit être quatre fois moindre qu’avec le collodion humide.

Le révélateur se compose de :

Solution A.

Ammoniaque pure 50 c. c.

Eau distillée 50 —

Solution lt.

Alcool à 36 degrés 50 c. c.

Acide pyrogallique 7 grammes.

Bromure de potassium 3 décigrammes.

On fait dissoudre l’acide pyrogallique dans l’alcool, puis on ajoute le bromure de potassium préalablement dissous dans quelques gouttes d'eau distillée. Ces deux solutions se conservent indéfiniment lorsqu’elles sont séparées.

Le flacon, qui les contient sera garni d’un comptegouttes.

Lorsqu’on veut développer, la couche doit être lavée pour enlever l’albumine, et on la couvre de la solution suivante bien mélangée :

EiU distillée 30 c. c.

Solution A 30 gouttes.

Solution B. 8 —

La couche étant opaque et blanche comme une plaque de porcelaine, on peut voir l’image apparaître graduellement comme une épreuve positive renversée.

Quand la première application du révélateur a fait sortir

autant de détails que possible, ajoutez cinq à six gouttes encore de la solution d’ammoniaque, et reprenez le développement en continuant ainsi sans se presser , jusqu’à ce que l’image ait atteint l’intensité voulue.

La solution d’ammoniaque doit être ajoutée avec la plus grande précaution, car si elle était mise en excès, le négatif pourrait être voilé ou détruit par son action dissolvante.

C’est le bromure de potassium qui restreint l’action et empêche les lumières de se voiler, tandis que l’ammoniaque donne la densité et fait ressortir les détails.

Le développement complet exige en général de cinq à dix minutes.

Si le cliché réclamait un renforcement à l’argent, ce qui est rare, il faudrait le faire après fixage et lavage, mais non auparavant.

Après le développement, l’image est lavée et fixée dans une solution faible d’hyposulfite de soude. L’hyposulfite vieux, ayant déjà servi pour fixer les épreuves positives sur papier, est suffisamment énergique pour le fixage des négatifs au bromure d'argent.

Les clichés obtenus par cette méthode peuvent fournir un très-grand tirage sans avoir besoin d’être vernis.

M. Th. Sutton décrit également un autre procédé, basé sur les mêmes principes, pour obtenir directement dans la chambre noire un positif transparent, ou, ce qui revient au même, convertir un négatif en positif.

Le positif transparent, ainsi produit, peut servir à l’exécution des clichés agrandis, ou être employé pour multiplier les négatifs sur verre ou sur papier.

Voici comment l’auteur procède :

Lorsque le négatif au collodion bromure d’argent est complètement développé et lavé, mais non fixé, il couvre la glace d’une couche d’acide nitrique concentrée, qui a la propriété de dissoudre tous les noirs composés d’argent métallique ; il

ne reste alors que la couche (blanc jaune) de bromure d’argent qui n’est pas soluble dans l’acide, et qui forme, par inversion, un positif transparent jaune, au lieu d’un négatif noir.

Cela fait, il enlève l’acide par un bon lavage, et change la couleuT jaune de ce positif en noir, par l’application du révélateur alcalin déjà employé, additionné de quelques gouttes d’ammoniaque. La réduction du bromure d’argent à l’état métallique se fait en quelques secondes, et laisse un positif parfaitement noir, qu’on termine par un bon lavage.

A la suite de quelques essais qui ne nous ont pas donné de résultats aussi avantageux que ceux annoncés par M. Sutton, nous avons modifié la formule en ajoutant au collodion une petite quantité d’iodure; car nous avons remarqué qu’avec le bromure seul, la couche, [bien que trèscrémeuse au sortir du bain d’argent, produit toujours une image plate et maigre après le fixage, quel que soit le temps d’immersion dans le bain sensibilisateur. L’image, qui semble formée à la surface de cette couche opaque de bromure d’argent , devient d’une transparence excessive et manque de corps aussitôt que la plaque est débarrassée par le fixateur du bromure d’argent non décomposé par la lumière.

La formule qui nous a donné les résultats les plus satissants jusqu’à présent est, pour le collodion :

Ether sulfurique 60 c. c.

Alcool à 40 degrés 40 —

Coton azotique. . 1 gramme.

Bromure de cadmium 2 grammes.

Iodure d’ammonium 1 —

Le bain d’azotate d’argent à 15 p. 100 est suffisamment concentré avec ce collodion.

Toutes les autres opérations peuvent se faire comme elles ont été décrites précédemment.

Quant au préservatif hygrpscopique, il est indispensable lorsqu’on veut employer un révélateur alcalin ; il doit donc être appliqué aussi bien sur les glaces humides que sur celles destinées à l’emploi à sec.

Émulsions au bromure d’argent.

Le procédé aux émulsions, dont on s’occupe depuis quelque temps, présente sur les collodions secs ou préservés certains avantages qui sont :

1° Suppression du bain d’argent, et par conséquent de la liqueur préservatrice ;

2° Couche sensible se conservant indéfiniment et pouvant être développée longtemps après la pose.

Bien que les clichés produits par ces émulsions ne soient en rien supérieurs à ceux obtenus par les autres procédés et qu’ils soient même souvent moins bons, nous allons décrire le mode d’opérer avec le collodion au bromure d’argent, qui se prépare de la manière suivante :

Ether sulfurique à 62 degrés 35 c. c.

Alcool à 40 degrés 65 c. c.

Coton azotique préparé a une haute température 2 gr. 75

Bromure d’amonium 1 gr. 25

Après dissolution complète, on ajoute :

Nitrate d’argent 2 gr. 75

dissous préalablement dans 3 centimètres cubes d’eau distillée chauffée à 75 ou 80 degrés.

Le mélange doit être fait dans l’obscurité la plus complète, et en agitant le flacon. On ajoute ensuite 5 ou 6 gouttes d’acide nitrique bien pur et la solution est abandonnée au repos pendant un mois. Au bout de ce temps, on introduit dans le mélange en l’agitant fortement :

Bromure d’ammonium 1 gr. 25

Puis :

Éther sulfurique 35 c. c.

Gomme d’ammoniaque , dissoute dans l’alcool 0 gr. 15

Après un repos de quelques jours, ce collodion est filtré sur du coton.

Cette émulsion s’étend sur les glaces, préalablement recouvertes d’une couche d’albumine ou de gélatine (voyez page 131), comme le collodion ordinaire, lorsqu’elle a fait prise on lave la couche sous un robinet d’eau filtrée et on abandonne à la dessiccation.

Le temps d’exposition est à peu de chose près le même qu’avec le collodion humide. Quant au développement, il se fait par le procédé alcalin décrit page 238.

Le procédé de M. le colonel Stuart-Wortley a beaucoup d’analogie avec celui que nous venons de décrire, mais cet auteur ajoute 2 pour 100 de nitrate d’urane à l’émulsion de bromure d’argent pour augmenter la sensibilité et accélérer le développement.

Procédé négatif sur albumine.

C’est à M. Niepce de Saint-Victor que la photographie est

redevable du procédé à l’albumine qu’il employait longtemps avant que le collodion fût introduit dans la pratique.

Les images sur albumine sont incontestablement plus fines et plus délicates que toutes celles obtenues par les autres procédés connus jusqu’à ce jour, mais les difficultés que présente l’albumine dans son emploi, et son extrême lenteur à s’impressionner à la chambre noire, l’ont fait abandonner presque universellement; néanmoins quelques maisons spéciales l’emploient encore pour le tirage des épreuves stéréoscopiques sur verrc-

Préparation de l’albumine.

Mettez dans un saladier quatre blancs d’œufs dont vous aurez enlevé préalablement les germes; ajoutez :

Iodure de potassium 1 gramme.

Bromure de potassium 0.2 —

Iode pur 0. 2 —

Faites dissoudre l’iodure et le bromure dans deux ou trois centimètres cubes d’eau distillée; ajoutez l’iode et versez le tout dans le saladier contenant les blancs d’œufs, battez en neige jusqu’à ce que l’albumine soit transformée en mousse consistante, et laissez reposer pendant vingt-quatre heures à l’abri de la poussière, puis décantez avec soin la partie claire en rejetant le dépôt qui peut se trouver au fond du vase.

La plus grande difficulté du procédé sur albumine est l’extension du liquide en 'couche bien égale sur la glace, et ensuite le séchage dans des conditions de propreté parfaite. Plusieurs moyens sont mis en usage par les rares praticiens qui se servent encore de ce procédé. Les uns emploient la

force centrifuge, d’autres impriment un mouvement d’oscillation à la glace recouverte d’albumine pour l’étendre aussi régulièrement que possible, en s’aidant parfois d’une baguette en verre.

Lorsqu’on se sert de la force centrifuge, la glace bien nettoyée est placée à plat sur un pied à vis calantes, on enlève avec soin les dernières poussières avec un large blaireau, puis on aspire, dans une pipette en verre rigoureusement propre, la quantité d’albumine nécessaire pour recouvrir entièrement la glace, on promène alors le liquide sur toute la surface, de façon à former une nappe aussi uniforme que possible, et la glace est alors relevée par un coin pour laisser couler l’excès de l’albumine qu’on reçoit dans un autre flacon.

Si on ne veut pas se servir d’une tournette spéciale pour ce travail, on peut fixer de grosses agrafes au bout de quatre fils de soie dont les extrémités sont maintenues entre les doigts de la main gauche, la glace est ‘fixée aux quatre coins par les agrafes, on tord les fils ensemble sur une certaine hauteur, et on les laisse se détourner pour imprimer à la glace un mouvement de rotation aussi rapide que possible afin d’égaliser la couche d’albumine, qui est ensuite séchée au-dessus d’un feu de charbon de bois, ou sur un fourneau à gaz.

Ces opérations doivent se faire dans une pièce très-claire et surtout d’une propreté parfaite; le séchage des plaques* sera exécuté aussi rapidement que possible pour éviter que les poussières en suspension dans l’air puissent s’attacher à la couche.

Sensibilisation.

Quel que soit du reste le moyen qu’on aura employé pour

étendre et sécher l’albumine, si le résultat est bon on procédera à, la sensibilisation, qui se fait invariablement dans un bain d’acéto-nitrate d’argent composé de :

Eau distillée 1 litre.

Nitrate d’argent 80 grammes.

Acide acétique cristallisable. . . . 100 a 150 c. c.

Cette opération se fait comme pour le collodion, en employant, soit une cuvette horizontale à recouvrement, soit une cuvette verticale ; en tout cas la plaque devra être plongée d’un seul coup, et sans temps d’arrêt, pour éviter les lignes sur la couche.

Après une immersiou de 30 à 60 secondes seulement, la plaque sera lavée avec soin et abandonnée à la dessiccation, à l’abri de toute lumière actinique.

Ainsi préparées, les glaces peuvent se conserver plusieurs jours si on a soin de les tenir enfermées dans des boîtes à rainures placées dans un endroit sec.

Le temps d’exposition est très-long dans la chambre noire, mais il est de quelques secondes seulement lorsqu’on emploie ces glaces pour l’impression par contact de positives par transparence sur des clichés négatifs, comme cela a lieu lorsqu’on veut faire des épreuves stéréoscopique# sur verre.

Que ce soit pour un négatif à la chambre noire, ou pour un positif transparent, le développement s’effectuera de la même façon, soit de suite, soit plusieurs jours après la pose.

Doveloppemen t .

Eau distillée ï litre.

Acide gallique 5 grammes.

Après avoir filtré , vous versez une quantité suffisante de ce liquide pour couvrir le fond d’une cuvette plate de la di-

mension des glaces à développer. La plaque impressionnée .est immergée dans cette solution , après avoir été mouillée au préalable avec de l’eau distillée. Aussitôt que l’image commence à apparaître, on rejette le révélateur qu’on remplace par une solution nouvelle, additionnée de quelques gouttes d’un bain d’argent à 3 p. 100, sans acide acétique. L’image se développera alors graduellement et atteindra le maximum de sa valeur en 30 ou 40 minutes, si le temps d’exposition a été suffisant. Si la pose avait été trop courte, le développement serait beaucoup plus long, et les ombres manqueraient de détail; si, au contraire, l’exposition avait été dépassée, le cliché serait uniforme et manquerait de vigueur.

On lave, et on lixe l’image dans une dissolution d’hyposulfite de soude à 10 p. 100.

Lorsqu’on se servira du procédé à l’albumine pour des épreuves par transparence destinées aux stéréoscopes sur verre , l’impression se fera par contact dans le châssispresse , et on aura soin de placer une feuille de papier noir derrière la glace sensible.

Pour donner à ces épreuves un ton sépia foncé beaucoup plus agréable à l’œil, après le lavage qui suit le fixage, la plaque sera plongée dans un bain composé de :

Eau distillée *2 litres.

Chlorure d’or neutre. ... 1 gramme.

Après un bon lavage final, ces images seront appliquées, contre un verre dépoli très-mince de même dimension, et bordées avec un papier gommé.

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