PRÉPARATION DE L’ALBUMINE
raient s’y trouver; ajoutez moitié ou le quart de ce volume d’eau filtrée ordinaire, selon que vous voulez avoir un encollage plus ou moins brillant, et pour chaque 100 c. c. de ce mélange mettez 3 grammes de chlorhydrate d’ammoniaque pulvérisé, ou de sel marin; versez le tout dans une bouteille d’une capacité triple contenant des morceaux de verre cassé, bouchez fortement et remuez jusqu’à ce que le liquide soit tourné en neige , laissez reposer dans un endroit frais pendant une nuit, puis filtrez sur une petite éponge trèsfine. Ce liquide est alors prêt à servir, mais il est préférable de ne l’employer qu’après huit ou dix jours de préparation. Si dans cet état l’albumine était trop épaisse et si les feuilles de papier se recroquevillaient au point de ne pouvoir s’imprégner convenablement, on ajouterait une petite quantité d’eau dans laquelle on aurait fait dissoudre au préalable 3 p. 100 de chlorhydrate d’ammoniaque ou de sel marin; l’acide citrique ayant la propriété de donner une grande fluidité à l’albumine sans altérer en rien son éclat, on pourra ajouter 3 grammes de cet acide p. 1,000 c. c. d'albumine, cette addition sera bonne surtout lorsqu’on emploiera les papiers de Saxe, qui virent trop rapidement.
Le papier rose s’obtient en ajoutant à l’albumine une petite quantité de rouge à l’aniline.
Les papiers préparés avec de l’albumine vieille ont une odeur animale très-forte et désagréable, mais les résultats ne sont pas moins beaux ; ils virent, au contraire, plus régulièrement que ceux préparés sur de l’albumine fraîchement préparée, qui a, en outre , l’inconvénient de contenir des fibrines produisant des lignes rouges, lorsque le papier n’est pas assez fortement encollé.
L’albumine étant préparée et filtrée avec soin, on la verse lentement (en évitant les bulles d’air) dans une cuvette plate, de façon qu’elle couvre le fond d’une épaisseur d’un centimètre environ ; on écréme la surface avec une bande de pa-
pier buvard, puis on prend une feuille de papier par deux angles opposés qu’on relève de telle sorte que le centre de la feuille soit mis en contact tout d’abord avec le bain, on lâche doucement les bouts pour appliquer le papier bien à plat sur la surface du bain ; on saisit la feuille par les coins du bout inférieur et on la relève sans la sortir entièrement pourchasser ou crever les bulles d’air; on la pose de nouveau à plat et on la laisse ainsi pendant quatre à cinq minutes environ , puis on l’enlève par les deux angles du bas pour la suspendre sur la ficelle disposée à cet effet, à l’aide de pinces à ressort en bois. On continue ainsi successivement pour toutes les feuilles qu’on veut préparer.
Lorsque le papier est sec, il est très-difficiie de l’étendre sur l’albumine ; dans ce cas, on doit le laisser pendant quelques jours dans un endroit humide, afin de faciliter son étendage.
Il faut , comme nous l’avons dit , remarquer d’après la trame du papier, le côté le mieux satiné et le plus uni ; c’est ce côté, dit endroit, qui doit être mis en contact avec le bain. Cette opération peut se faire sans crainte en pleine lumière, dans l’atelier éclairé destiné à la préparation des produits.
La pièce dans laquelle le papier albuminé est abandonné à la dessiccation doit être maintenue à une température à peu près régulière de 20 à 25 degrés centigrades.
Lorsque toutes les feuilles sont sèches , on les met l’une sur l’autre sous une presse pour les redresser, et on les conserve ainsi dans un endroit frais, plutôt humide que trop sec, jusqu’à ce qu’on veuille s’en servir ; elles sont ainsi prêtes à être sensibilisées sur le bain d’argent. Quelques personnes se donnent la peine de coaguler l’albumine en passant sur chaque feuille, préalablement recouverte de papier ordinaire, un fer à repasser chaud; cette précaution, qui peut être bonne, a souvent l’inconvénient de jaunir le papier, lorsque surtout le fer est trop chaud.