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PRÉPARATION DE L’ALBUMINE

Un moyen plus efficace de coaguler l’albumine est de poser la feuille sur une nappe d’alcool en la sortant de l’albumine avant de la faire sécher.

On peut faire subir cette première préparation à une assez grande quantité de papier pour éviter de la recommencer chaque jour; néanmoins on ne devra pas en faire une provision qui excède la consommation de deux ou trois mois, parce que le sel pénètre peu à peu dans la pâte du papier, et alors le composé sensible se forme dans le tissu; il en résulte que, quand le papier a été nitraté et impressionné, l’image semble être enterrée et manque d’éclat.

La proportion de sel peut être modifiée selon la force du bain d’argent sur lequel le papier albuminé doit être sensibilisé; le dosage de 3 p. 100 indiqué plus haut s’applique principalement à ceux pour lesquels on emploie les bains à 1 o p. 100 d’argent. On en fabrique d’autres dont l’albumine ne contient que 1 à 2 p. 100 de sel, ceux-là sont sensibilisés sur les bains «lits économiques ne contenant que 5 à G grammes de nitrate d’argent par 100 centimètres cubes d’eau. Ces derniers papiers absorbent beaucoup moins d’argent que les précédents, mais ils s’impriment plus lentement.

Quelques maisons fabriquent du papier doublement albuminé qui donne des images très-brillantes, ayant quelque analogie avec le papier émail; on l’obtient en appliquant deux couches successives d’albumine, dont la première, qui ne contient aucun sel, doit être coagulée par l’action de la vapeur avant d’appliquer la seconde couche préparée comme il a été dit précédemment. Les images produites sur ce papier ont beaucoup d’éclat et de profondeur dans les noirs ; malheureusement, lorsque les épreuves sont collées sur carton, la couche d’albumine qui est à la surface se fendille et gâte l’image dans toute son étendue.

Sensibilisation du papier albuminé.

Lorsqu’on voudra imprimer des épreuves sur papier albuminé , on sensibilisera dans la matinée, de la manière suivante, la quantité de feuilles qu’on présumera devoir employer.

On fait dissoudre dans un flacon :

Azotate d’argent 150 grammes.

Eau distillée 1.000 —

Après avoir filtré, on verse dans une cuvette plate qui de\fta être spécialement réservée à cet usage. On aura la précaution de la laver avec soin chaque fois qu’on voudra s’en servir, parce qu’il se forme un précipité d’albumine et d’argent réduit qui, lorqu’on la remplit de nouveau, vient flotter à la surface et tacher inévitablement les premières feuilles qu’on pose dessus.

Il faudra avoir la précaution d’écrémer ce bain, en passant sur toute la longueur une bande de vieux papier albuminé que l’on doit conserver pour cet usage au lieu de le mettre au rebut.

Chaque feuille de papier albuminé sera posée sur ce bain, en opérant comme nous l’avons indiqué lorsqu’il s’agissait d’albuminage, afin d’éviter les bulles d’air qui s’interposent entre les liquides •et la feuille, et forment inévitablement des taches blanches. Il est bon de s’assurer, en la relevant par les deux coins , qu’elle s’imprègne bien dans toutes ses parties.

Après trois ou quatre minutes de séjour sur le bain, on l’enlève lentement pour la faire sécher, en ayant soin de recueillir le liquide, qui s’égoutte dans une cuvette placée

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sous chaque feuille. Aussitôt qu’elles sont sèches on peut procéder à l’impression.

Bién que la lumière n’agisse pas aussi énergiquement sur le papier positif que sur les glaces iodurées, ces diverses opérations, sensibilisation et séchage, devront se faire dans l’obscurité , ou tout au moins dans une pièce faiblement éclairée par la lumière jaune, et chauffée.

Il est très-important de ne se servir du papier sensibilisé que lorsqu’il est bien sec, car dans le cas contraire l’image prendrait dans le châssis un ton rouge terne que les virages seraient impuissants à modifier; de plus, dans le bain d’hyposulfite elle prendrait une teinte jaune qui lui ôterait toute .sa valeur; parla même raison, on devra s’assurer que les coussins du papier buvard et le drap de la planchette brisée du châssis ne contiennent pas d’humidité, parce que, vaporisée par la chaleur des rayons solaires, elle se communiniquerait au papier et pourrait non-seulement amoindrir la sensibilité et donner un ton très-désagréable dans les bains de virage et de fixage, mais encore détruire ou tout au moins endommager le cliché sur lequel le papier est appliqué.

Le papier photographique ne doit être sensibilisé que quelques heures avant le moment de l’employer, car il jaunit rapidement et perd beaucoup de sa sensibilité, même à l’abri de la lumière, surtout quand la température est élevée.

Il doit être conservé dans un endroit frais et sec, et à l’abri des émanations d’hydrogène sulfuré, qui l’altèrent en le colorant promptement.

Un appareil, inventé par MM. Davanne et Girard, permet de conserver le papier sensibilisé pendant un temps assez long. Cet appareil consiste en une boîte ou cylindre hermétiquement fermé, dans lequel se trouve du chlorure de calcium desséché, qui, absorbant avidement l’humidité, maintient l’air de la boîte dans un état de sécheresse absolu. Cet appareil est très-utile en voyage et même dans les ateliers,

surtout en hiver, lorsque la quantité de papier sensibilisé excède les besoins de la journée et que la lumière n’a pas permis d’en imprimer autant qu’on supposait pouvoir le faire. Lorsque le papier sensibilisé aura séjourné quelque temps dans l’appareil contenant du chlorure de calcium, il faudra, avant de s’en servir , l’exposer quelques instants dans le laboratoire, à l’air libre, pour lui faire absorber une certaine quantité d’humidité qui lui rende une partie de la sensibilité perdue par la dessiccation trop énergique à laquelle il a été soumis.

Plusieurs autres moyens ont été proposés pour conserver au papier sensibilisé ses qualités et sa blancheur pendant un temps plus ou moins long; nous citerons entre autres celui indiqué par M. Bovey dont la formule est :

Eau distillée 1 litre.

Azotate d’argent 100 grammes.

Azotate de soude pur 50 —

Sucre blanc 5 —

Le papier albuminé sensibilisé conserve sa blancheur pendant plusieurs jours et donne des tons pourpres très-chauds et très-riches.

Une autre formule préconisée par M. Anthony, de New- York, pour empêcher la coloration du papier sensibilisé pendant les chaleurs de l’été, est la suivante :

Eau distillée 300 c. c.

Azotate d’argent 75 grammes.

Après dissolution complète, ajoutez :

Acide nitrique

Ammoniaque liquide pure.

Solution saturée d’alun. .

12 gouttes. (Agiter.) 20 gouties.

20 centim. cubes.

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Lorsque le mélange est bien opéré, ajoutez :

Eau distillée 700 c. c

Alcool à 40 degrés 50 —

On filtre au moment de s’en servir.

Le papier doit flotter sur ce bain pendant trente à soixante secondes seulement, selon la température, et après dessiccation complète il sera soumis, au moment de s’en servir, aux vapeurs ammoniacales pendant huit à dix minutes.

Avant le virage, les épreuves seront laissées pendant un quart d’heure dans une solution d’eau salée où elles prendront une teinte rouge uniforme qui facilitera l’action du bain de virage.

Après l’immersion de plusieurs feuilles de papier albuminé sur le bain d’argent qui sert à les sensibiliser, il arrive fréquemment, surtout pendant les chaleurs, qu’il prend une couleur jaune foncé due à une certaine quantité d’albumine qui se dissout; comme cette teinte brune, lorsqu’elle devient trop foncée,, peut altérer les blancs de l’image, il faudra décolorer le bain en y introduisant une petite quantité de kaolin ou de terre de pipe en poudre ; on remue bien le mélange, on le laisse reposer un instant, puis on filtre; il passera alors clair et limpide. Plus le bain est riche en argent, et moins il est susceptible de brunir, ce qui semblerait prouver qu’une solution concentrée, ou tout au moins à 15 ou 20 pour 100 de nitrate d’argent, est le meilleur coagulateur de l’albumine.

Un autre procédé facile pour décolorer le bain d’argent consiste à introduire dans le flacon qui le contient un petit cristal de chlorure de sodium (sel marin) et de remuer le liquide ; il se formera une petite quantité de chlorure d’ar« gent, qui a la propriété de précipiter la matière organique colorante. Le chlorure d’argent sera conservé au fond du flacon, que l’on secouera chaque fois qu’on y versera le

bain après s’en être servi; par ce moyen il sera toujours limpide.

Le phosphate et le bicarbonate de soude ayant la même action que le chlorure de sodium, on pourra décolorer le liquide en versant dans le bain une petite quantité d’une dissolution concentrée de ces sels; il se formera un précipité de phosphate ou de carbonate d’argent qui devra rester au fond du flacon pour servir à la clarification du bain lorsqu’on le reverse après la sensibilisation du papier; on comprendra que dans ce cas il ne doit pas être filtré, mais seulement décanté, au moment de s’en servir.

Un troisième moyen consiste à laisser le bain dans la cuvette lorsque le papier a été préparé, età y ajouter avec précaution quelques gouttes d’ammoniaque liquide. Après un repos de quelques heures, la surface sera recouverte d’une couche d’argent réduit qu’il sera toujours facile d’enlever en écrémant et en filtrant le bain, qui sera alors parfaitement clair.

La quantité d’ammoniaque ajoutée doit être très-minime; car, si elle était trop forte, la couche d’albumine pourrait se dissoudre.

Chaque feuille de papier enlève une quantité plus ou moins considérable d’argent, on doit donc de temps à autre en ajouter pour maintenir le bain à peu près au même titre. On compte que chaque feuille de papier de 45 sur 57 centimètres de côté, sensibilisée sur un bain à 15 pour 100, absorbe environ 3 grammes d’argent, mais il faut en même temps tenir compte de l’eau enlevée, ce qui peut réduire à la moitié de ce chiffre la quantité d’argent à ajouter pour chaque feuille sensibilisée, si on n’ajoute pas d’eau en même temps; du reste, pour les bains à 20 ou 15 pour 100, il suffit pour les remettre au titre d’ajouter la quantité d’eau et d’argent nécessaire, après avoir pesé sa densité à l’argentomètre.

Cette quantité très-considérable d’argent absorbé par le

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tirage des épreuves positives a déterminé des recherches pour obtenir, avec une notable économie, des images vigoureuses et brillantes.

Les principales formules sont :

fl.

Azotate d’argent.

Azotate de potasse.

Eau distillée . .

80 grammes.

1 litre.

Azotate d’argent.

Azotate de soude.

Eau distillée. . .

Acide nitrique pur

HTo 3.

Eau distillée. . . .

Azotate d’argent. .

Alcool à 40 degrés.

Éther sulfurique. .

Ammoniaque liquide

80 grammes.

1 litre.

20 gouttes.

l litre.

50 grammes.

Ajouter :

Acide sulfurique

70 à 80 gouttes

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