EXPOSITION DES CHASSIS A LA LUMIÈRE
d’autres trop faibles, on devra couvrir les parties faibles pendant un certain temps pour donner aux autres parties le temps de prendre un peu de vigueur, et remédier ainsi à l’imperfection du négatif; dans ce cas, il faut encore éviter les rayons directs du soleil, qui, plus pénétrants que la lumière diffuse, pourraient marquer d’une ligne visible la partie qui a été préservée ; on se sert pour cela d’un carton découpé présentant la silhouette des parties à couvrir; si on exposait en plein soleil, on aurait le soin de remuer ce carton circulairement pour éviter la multiplicité des lignes.
Un cliché dur qui, au soleil, peut donner des épreuves vigoureuses et modelées en même temps, produira à l’ombre une image sans demi-teintes et heurtée, par suite de l’insuffisance de la lumière pour pénétrer les parties trop intenses.
Le contraire a lieu lorsqu’on expose en plein soleil un cliché dont les parties opaques ne sont pas assez intenses pour arrêter l’action trop vive des rayons actiniques sur la couche sensible ; l'épreuve s’imprimant trop rapidement devient grise et terne, sans aucune opposition entre les blancs et les noirs ; il faut donc, pour cette raison, exposer à l’ombre les clichés faibles ou trop transparents.
Nous ferons également remarquer en passant que la quantité plus ou moins grande de nitrate d’argent contenue dans le bain sensibilisateur, influe vivement sur la vigueur ou la monotonie des épreuves ; aussi un papier fortement nitraté sera-t-il préférable pour les clichés doux, mais tirés à l’ombre, tandis qu’au contraire, le papier dit économique convient mieux aux clichés durs, qu’on peut exposer en plein soleil. Pour surveiller le degré d’impression, on ouvre une des traverses du châssis, ce qui permet de soulever la moitié de la feuille du papier positif. Si l’image n’est pas assez vigoureuse, on laisse retomber la feuille qui, retenue de l’autre côté, ne peut varier de position, et on l’expose de nouveau jusqu’à ce que l’impression soit complète.
L’épreuve ne doit être retirée du châssis que lorsqu’elle a atteint un degré de vigueur un peu supérieur à celui que l’image devra avoir définitivement; lorsque les blancs sont bien préservés par le négatif, on pourra pousser l’exposition jusqu’à ce que les noirs aient atteint le ton verdâtre presque métallique, parce que les bains fixateurs réduiront la vigueur qu’elle a acquise sous l’action de la lumière.
Lorsque l’épreuve sera arrivée au ton jugé convenable, ce qu’un peu d’habitude aidera à reconnaître , on la sortira du châssis pour la placer à l’abri de la lumière , dans un des tiroirs disposés à cet effet dans d’atelier, jusqu’à ce que le tirage de la journée soit terminé et qu’on la fixe définitivement comme nous l’indiquerons plus loin. Sans cette précaution, la feuille de papier, qui n’a pas perdu sa sensibilité dans toutes ses parties, noircirait sur la surface entière. Pour terminer l’image et rendre inaltérables les blancs ménagés par le cliché, il faut enlever de l’épreuve la substance sensible non modifiée par la lumière; cette opération s’appelle fixage.
Exposition des châssis-presses.
11 y a deux moyens d'exposer les châssis-presses à la lumière : le premier, qui est le plus généralement employé par les photographes ayant un très-grand nombre de clichés à tirer, consiste à les placer sur une sorte d’estrade légèrement inclinée en arrière, et dont les gradins superposés peuvent recevoir de vingt à trente châssis positifs ; cette estrade mobile peut être tournée à volonté, de façon que l’exposition soit faite au soleil ou à l’ombre, selon qu’on le juge convenable ; on expose ainsi de préférence les clichés devant être imprimés en fond plein.
Pour les images à fonds dégradés, comme il est urgent