TIRAGE DES ÉPREUVES EN VIGNETTES
que le cliché soit exposé à plat , afin que les cartons découpés ou les verres à dégrader puissent tenir sur les glaces du châssis, on les placera sur des tablettes horizontales disposées à cet effet.
Nous recommandons les galeries vitrées, afin de pouvoir tirer sans interruption aussi bien pendant les temps de pluie que par les beaux jours; ces galeries n’ont nullement besoin d’être fermées sur les côtés ; il suffit que la toiture vitrée préserve les châssis positifs de la pluie et de la neige pendant les mauvais jours, et permette de les abriter aussitôt qu’une averse imprévue tombe dans les jours d’orage de la saison d’été.
Tirage des épreuves en vignettes.
Les portraits-vignettes, d'un effet si doux et si artistique, sont imprimés au moyen d’un verre incolore au centre , et qui vers les bords prend une teinte jaune de plus en plus foncée ; la lumière n’agit alors sur l’image que dégradée selon les teintes qu’elle traverse, de manière à produire ces épreuves à fond léger se perdant bientôt par une gradation insensible avec le blanc du papier. Ce verre se nomme verre à dégrader, et s’applique, au gré de l’opérateur, soit à l’intérieur, soit à l’extérieur du châssis à reproduction. Ces verres se font de toutes grandeurs, selon la dimension des images à imprimer.
En Amérique, beaucoup de praticiens ont remplacé les verres à dégrader par un papier végétal imprimé au pointillé qui remplit le même but en présentant plus d’économie. La fîg. 44 peut donner une idée de ce nouveau genre de dégradateurs. La plupart des photographes de profession suppriment les verres et les papiers à dégrader, et obtiennent les mêmes résultats à l’aide d’un appareil d’une grande simpli-
cité et très-peu coûteux. On prend simplement un morceau de carton de la'grandeur de la glace du châssis à reproduction; au centre de ce carton on pratique une ouverture ovale dont on biseaute les bords d’un côté ; on repousse ce carton, le côté biseauté en dessous, jnsqu’à ce qu’il forme une sorte de poche, de façon que, lorsqu’il est appliqué sur la glace du châssis et maintenu dans les feuillures, l’ovale se trouve éloigné de la glace proportionnellement à la grandeur de l’épreuve qu’on veut imprimer, depuis deux centimètres pour les cartes de visite jusqu’à cinq ou six centimètres pour des
dimensions normales ; sur cette ouverture , on colle un papier de soie, et on expose le châssis ainsi recouvert en maintenant le tout solidement au moyen de deux lames de plomb.
Lorsqu’on se servira de ces cartons pour des dimensions plus grandes que les cartes de visite, l’ouverture du carton pourra être un peu plus grande que l’image qu’on veut reproduire, et on superposera huit ou dix feuilles de papier de soie avec des couvertures graduées en écran, dont la feuille supérieure seule couvrira l’ouverture en entier. Dans certains cas on emploiera avantageusement la ouate ou le coton cardé, pour fondre autour de la silhouette d’un portrait le fond dégradé qui formerait une auréole trop étendue et trop noire.
On comprendra aisément que, si on voulait imprimer en . même temps un négatif sur lequel se trouvent plusieurs portraits, comme cela arrive généralement pour les cartes de
Fig. 44. — Dégradateur américain.