‹ La photographie en Amerique (volume 2)Chapitre 50 sur 131 · MÉTHODE POUR IMPRIMER · texte numérisé non relu

MÉTHODE POUR IMPRIMER

papier dans un temps très-court, ce qui est impossible par les moyens ordinaires, qui ne permettent dans aucun cas de terminer une photographie d une manière convenable en moins de douze heures. Aussi croyons-nous qu’on trouvera quelque intérêt au procédé suivant :

Mettez dans un flacon bouché à l’émeri et qui sera tenu à l’abri de la lumière blanche :

Eau filtrée 500 grammes.

Acide citrique 30 —

Citrate de fer ammoniacal t5 —

Ammoniaque liquide concentrée 30 c. c.

Mélangez, puis filtrez.

Appliquez cette solution sur un côté du papier positif que vous avez eu soin de fixer préalablement sur une planche unie avec des punaises. Le moyen le plus commode est de se servir d’un pinceau large en martre, qu’on promènera en long et en large jusqu’à ce que la feuille soit recouverte entièrement du liquide d’une manière uniforme ; on la laissera sécher dans une obscurité complète.

Ce papier, ainsi préparé, prendra une teinte jaune assez prononcée. Imprimez comme à l’ordinaire dans un châssis à reproduction, en prenant les précautions que nous avons indiquées dans le chapitre précédent pour que la lumière n’arrive qu’au moment où on veut commencer l’impression ; l’exposition doit être très-courte et seulement jusqu’à ce qu’une apparence légère des lignes principales de l’image commencent à se dessiner, ce dont on s’assurera en rentrant le châssis dans le cabinet noir avant de l’ouvrir ; on retirera alors la feuille pour la placer sur le fond d’une cuvette plate, la face en dessus, ou sur une glace; on mouillera d’abord l’image à l’eau distillée, puis on appliquera la solution révélatrice composée de la manière suivante :

Eau distillée

500 grammes.

Azotate d’argent cristallisé . t6 grammes.

Ammoniaque liquide concentré 8 c . c.

Cette solution, filtrée et versée sur l’épreuve, fera apparaître tous les détails de l’image, mais avec une couleur rouge désagréable (ce liquide, filtré de nouveau et conservé à l’abri de la lumière, pourra servir indéfiniment).

Après ce développement, l’épreuve sera lavée avec soin en laissant couler dessus un filet d’eau, puis on la fixera dans un bain composé de :

Eau filtiée 500 grammes.

Hyposulfite de soude 30 —

Acide chloro-nitrique 10 gouttes

où elle restera quelques minutes seulement jusqu’à ce qu’elle ait pris le ton pourpre foncé; elle sera alors rapidement lavée dans un bassin d’eau chaude, puis rincée dans trois ou quatre eaux fraîches ; on l’épongera entre des feuilles de papier buvard, et enfin elle sera séchée au-dessus d’une lampe à alcool, puis montée, satinée et vernie. On pourrait modifier le ton, s’il n’était pas satisfaisant, en changeant un peu la proportion d’hyposulfite de soude et en ajoutant une petite quantité de chlorure d’or dans le bain à fixer. Une addition en petite quantité d’une solution saturée d’acide gallique dans le réactif révélateur produira également un ton différent.

Un positif sur papier pourra, par ce procédé, être tiré sur un cliché trop faible pour produire une épreuve acceptable par le procédé ordinaire. Très-souvent encore on pourra l’utiliser avantageusement pour les images amplifiées, lorsqu’en hiver le soleil ne permet pas d’imprimer sur chlorure d’argent. Nous ne prétendons pas cependant qu’on obtien- . dra un produit final qui pourra rivaliser avec les belles photographies faites dans de meilleures conditions; mais quelquefois ce procédé pourra rendre service lorsqu’on sera

Page 1